La juge Shawn Greenberg a entendu William Dietterle, président de la branche winnipégoise de BIL Security Services Canada. Sur la droite, Peter Nygard assistait à son procès de libération sous caution via vidéo. Illustration : Tadens Mpwene

La juge Shawn Greenberg rendra sa décision dans le procès de remise en liberté sous caution de Peter Nygard au plus tard le 5 février.

 

Par Camille HARPER

 

À la Cour provinciale du Manitoba le 28 janvier dernier, la juge Shawn Greenberg a reçu des avocats de Peter Nygard, Richard Wolson et Jay Prober, leur nouveau plan de libération sous caution de leur client.

Ce plan transfère une partie des responsabilités de surveillance à BIL Security Services Canada, une compagnie basée à Winnipeg spécialisée depuis 15 ans dans la vidéosurveillance.

William (Bill) Dietterle, le président de la branche winnipégoise de BIL Security Services Canada depuis 17 ans, a expliqué à la Cour que « nous prévoyons installer des caméras à toutes les entrées et sorties de la résidence de Peter Nygard, et les surveiller à distance 24 heures sur 24. 

« Nous allons aussi nous assurer de couvrir tout le périmètre, c’est-à-dire de pas laisser d’angles morts entre deux caméras. Si quelqu’un entre ou sort des lieux, nous le saurons immédiatement. » 

Une équipe de BIL Security Services s’est rendue le 26 janvier à la résidence de Peter Nygard sur le chemin John Bruce, où le magnat de la mode demeurera si la Cour lui accorde une remise en liberté sous caution, afin de prévoir l’emplacement de caméras de surveillance. Une installation estimée à environ 20 000 $, en plus du coût du service de vidéosurveillance de quelque 3 000 $ par mois.

« BIL Security Services utilise des équipements de calibre militaire, ainsi qu’un logiciel analytique capable de reconnaître toute anomalie et d’alerter immédiatement le superviseur, précise son président. À ma connaissance, il n’existe que trois compagnies ayant de telles capacités dans tout le Canada. »

William Dietterle a également assuré à la juge Greenberg que BIL Security Services avait de l’expérience dans la surveillance de personnes en liberté sous caution, et qu’ils entretenaient une relation de travail quotidienne avec la Police de Winnipeg.

« Nous prévoyons organiser des rotations afin d’assurer un visionnement des écrans de vidéosurveillance jours et nuits. Au moindre bris des conditions de libération, nous appellerons immédiatement les autorités. »

En outre, une surveillance en personne en prévue par l’intermédiaire de gardes de sécurité privés de la compagnie de Winnipeg Impact Security. « Nous travaillons avec eux au quotidien, à tous les niveaux, mentionne William Dietterle. C’est la plus grande compagnie de sécurité au Manitoba. Leurs gardes sont hautement qualifiés et professionnels. » Ces gardes seraient postés à des endroits stratégiques à l’intérieur de la maison.

Le taux de succès du système de vidéosurveillance de BIL Security Services est de 98 %. Avec l’ajout de gardes à l’intérieur de la maison, William Dietterle garantit à la juge Shawn Greenberg un taux de succès proche de 100 %.

William Dietterle a également assuré à la Cour que BIL Security Services ne cesserait en aucun cas la vidéosurveillance, même en cas de non paiement par Peter Nygard. « Nous prenons les conditions de libération très au sérieux. Nous n’aurons aucune hésitation à appeler la police si nécessaire. »

Richard Wolson était confiant devant la juge : « Ce que nous proposons à la Cour, c’est un plan presque parfait, au-delà de ce qui est d’habitude proposé, avec des caméras de vidéosurveillance de la plus haute qualité technologique et la présence de gardes de sécurité en tous temps. Et bien que nous trouvions ceci répétitif, nous sommes prêts à ajouter à cela un bracelet électronique. »

Pour sa part, le procureur de la Couronne, Scott Farlinger, a soulevé à la Cour ses craintes relatives aux limites de la surveillance vidéo. « Si Peter Nygard brise ses conditions de libération et sort du périmètre couvert par les caméras, on ne peut pas savoir où il va. Ces caméras ne l’empêcheront pas de sauter dans un avion. »

Il a également exprimé ses inquiétudes que Peter Nygard puisse menacer les témoins. « S’il est remis en liberté sous caution, nous allons demander une ordonnance de non contact. » Les avocats de l’accusé y sont favorables.

La juge Shawn Greenberg a demandé un temps de réflexion. Elle devrait rendre sa décision au plus tard le 5 février.

Arrêté le 14 décembre 2020 et incarcéré au centre correctionnel d’Headingley, Peter Nygard fait face à neuf chefs d’accusation aux États-Unis dont trafic sexuel de personnes mineures et conspiration de trafic sexuel, conspiration de racket, et transport à des fins de prostitution.

Ses avocats demandent depuis le 31 décembre à la Cour sa remise en liberté sous caution en attendant son procès d’extradition, du fait des risques liés à la COVID-19 sur leur client de 79 ans. Selon les informations de la Cour, le procès d’extradition de Peter Nygard pourrait ne pas avoir lieu avant le mois de juin, au plus tôt. 

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