Nadeau, Darrel Directeur général du festival du voyageur Plamondon Éric, vice président du conseil d'administration du festival du voyageur

Au Fort Gibraltar se déroulait mercredi 13 octobre l’assemblée générale annuelle (AGA) du Festival du Voyageur. Les membres du conseil d’administration, par l’intermédiaire du directeur général Darrel Nadeau, se sont montrés fiers des résultats obtenus lors de l’édition 2021.
Cette assemblée a été néanmoins marquée par des remarques lors du processus d’élections de deux nouveaux membres au conseil d’administration (CA).

Par: Jonathan Semah

Le Festival du Voyageur fait cap vers l’édition 2022. Après une édition 2021 hybride et qui misait sur le multisensoriel, Darrel Nadeau espère bien retrouver le public pour l’édition 2022.

« On est quand même très heureux de l’édition 2021. On a pu prendre le virage virtuel pour la plupart de nos évènements signatures. Que ce soit nos concours, la nourriture, les sculptures de neige à la maison ou notre musique. On pense garder au moins une composante en virtuel, même si l’on espère vraiment retrouver notre public en présentiel le plus rapidement possible. »

Rassuré par des résultats financiers positifs, Darrel Nadeau reconnaît l’apport essentiel qu’ont eu les subventions gouvernementales d’urgence.

« Très clairement, sans les subventions d’urgence, oui, il y aurait un risque de faillite de l’organisme. On est maintenant en bonne position pour 2022. On est même en surplus et on est prêts à faire face à des augmentations de coûts ou des diminutions de revenus. »

L’autre point majeur sur lequel cette AGA a voulu appuyer, c’est la francophonie. Les membres du CA et Darrel Nadeau ont pris des engagements très clairs sur ce sujet après avoir essuyé des critiques l’an passé.

« On était vu comme le plus grand festival hivernal de l’Ouest, mais pour moi, ça a beaucoup plus d’impact de parler du plus grand évènement francophone de l’Ouest canadien, surtout dans une situation minoritaire comme au Manitoba. Cette précision est importante pour le public, les bailleurs de fonds et les commanditaires, pour vraiment être fier de notre statut. »

| Ce que dit la loi

L’AGA, qui s’est passée sans accroc particulier, a tout de même vécu un moment critiqué. Que ce soit en présentiel ou même par Zoom (1), plusieurs voix se sont élevées contre le processus d’élection de deux nouveaux membres au CA.

En effet, il y avait six candidatures pour ces postes, mais seuls deux candidats ont été proposés lors de l’AGA (2), sans réelle élection. Éric Plamondon, vice-président du CA, s’explique.

« Le comité de nomination a rencontré les six personnes candidates. On a discuté avec eux du rôle et des responsabilités. Et de là, il y a une recommandation faite à la fois au CA pour proposer les meilleurs candidats et ensuite à l’assemblée. C’est le processus établi aujourd’hui. Est-ce le seul processus qui existe? Non. Mais si des gens veulent nous en proposer un autre, c’est une discussion qu’on peut avoir. »

Étant une corporation à but non lucratif, le Festival du Voyageur est soumis à la Loi sur les corporations du Manitoba. Selon l’article 101(2), les actionnaires (en l’occurrence les membres) doivent, à leur première assemblée et, s’il y a lieu, à toute assemblée annuelle subséquente, élire, par résolution ordinaire, les administrateurs dont le mandat expirera au plus tard à la clôture de la troisième assemblée annuelle suivante.

Donc, rien n’obligeait le CA de dévoiler, pendant l’AGA, les quatre autres candidatures. Pour justifier ces nominations, le CA a invoqué l’Article 6.03 des règlements généraux du Festival (3).

Dans ce cas de figure et selon les règlements et lois en vigueur, le processus a été respecté. En effet, le comité de nomination a présenté une liste de candidats au CA, le CA a choisi les meilleurs et les a présentés à l’AGA.

Lynne Connelly, ancienne présidente du CA de 2018 à 2020, le confirme : cette pratique est courante.

« À ma connaissance oui, depuis au moins 2012, quand j’ai commencé mon premier mandat de conseillère de 2012 à 2016, si pas plus loin, il y avait un comité de nomination qui proposaient les profils qui correspondaient bien aux besoins du CA. Également, oui, nous annoncions toujours le nombre de candidatures reçues lors des AGA. »

Interrogé par La Liberté, Raymond Lafond, comptable professionnel agréé, rédacteur de plusieurs règlements administratifs pour corporations et expert en matière de gouvernance, revient sur ces processus parfois délicats à comprendre. Même si les deux nouveaux membres ont finalement été acceptés et ratifiés lors de l’AGA, les personnes qui ont remis en question cette procédure peuvent encore avoir des recours. « Il faudrait qu’un certain nombre de membres fassent une demande pour une réunion extraordinaire pour traiter la question. »

Aussi, les adhérents de l’organisme peuvent proposer une révision des règlements généraux afin de changer le mode d’élection des membres du CA. Cette révision devra alors être entérinée lors de la prochaine AGA.

De son côté, Éric Plamondon entend les critiques et reste ouvert au changement : « Il y a toujours matière à revoir certaines choses. »

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(1) L’AGA se passait sous un format hybride. 22 personnes étaient en Zoom et 46 en présentiel.
(2) Les deux candidats élus sont Yves Lagassé et Estelle Aguidi. L’identité des quatre autres candidats n’a pas été divulguée.
(3) Le comité de nomination est un comité permanent qui s’occupe du recrutement des conseillers pour le conseil d’administration. Ce comité est composé de cinq personnes; soit la présidence, la vice-présidence, deux conseillers et la direction générale. Aux fins de consultation, le comité peut faire appel à la présidence sortante pour faire partie du comité. Le comité de nomination doit présenter une liste de candidats au conseil d’administration à la réunion du mois de septembre. Le comité a la responsabilité d’assurer l’étalage équilibré des échéances des mandats en déterminant leurs durées.

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