Peloquin-Hopfner, Daniel; Morrison Claire, le duo qui compose Fire and Smoke

Séparé depuis 2013, le groupe de musique Fire and Smoke a décidé de se reformer en novembre dernier dans le cadre d’un concert à Winnipeg. Des retrouvailles guidées par un amour partagé pour la musique et une volonté de se retrouver autour de projets communs. Entretien.

Par: Matthieu CAZALETS  d’après une entrevue de William BERTAZZO LAMBERT

| « Huit ans, je pense. Janvier 2013, c’était la dernière fois. »

Un soir de novembre à Winnipeg, le Centre culturel franco-manitobain fait salle comble pour assister au concert très attendu du groupe Fire and Smoke. « C’était malade », « tellement magnifique ». Claire Morrison et Daniel Péloquin-Hopfner sont unanimes, ce retour est un vrai bol d’air.

Huit ans après, les tracas du métier sont toujours présents pour le duo. Daniel Péloquin-Hopfner ironise : « Ça faisait un bon bout de temps que j’avais pas eu le trac! ». La pression était là, après une période si longue sans présentation, le groupe savait que les attentes du public étaient élevées. Claire Morrison confirme : « je pense qu’il y a une peur de revenir ensemble, remonter le projet et que les gens disent : J’aimais mieux ça avant ». L’ambiance de la salle balaie rapidement les doutes : « Dès qu’on est monté sur scène, toutes ces choses-là se sont vraiment évaporées », conclut l’artiste.

Fire and Smoke est né en 2010 d’une rencontre chan­ceuse au Winnipeg Folk Fes­tival. Un EP, Maiden Voyage en 2011, une série de concerts et c’est un groupe très prom­etteur qui émerge sur la scène musicale manitobaine. Mais, comme Claire Morrison l’in­dique, les chemins des deux artistes se séparent en 2013, « J’ai lancé mon projet solo sous mon nom et j’ai sorti mon pre­mier EP, « Here’s to You, Here’s to Me » en avril et deux mois plus tard, j’ai déménagé à Mon­tréal », explique la chanteuse du groupe. Son partenaire de scène confesse : « J’ai fait mille et une choses, et rien en même temps. Je faisais partie d’un trio qui s’appelle Red Moon Road ».

Les influences musicales du duo sont éclectiques. D’abord la chanson française et le métal, dont ils sont amateurs. Mais c’est par la Newgrass, dérivée de la musique country que la paire s’est trouvée : « Je pense que quand on s’est rencontré, c’était autour de la musique des Punch Brothers », explique Claire Morrison. « Je parle pour Dan aussi en disant que c’est vraiment comme un héros musical pour nous deux. »

| Mûrir son style musical

Le temps a tout de même fait son effet auprès des deux membres du groupe. « Je pense qu’au cours des dix dernières années, les influences ont beaucoup changé et c’est quelque chose que l’on va voir dans la musique qu’on va sortir cette année et l’année prochaine, probablement. »

Toutes ces références débouchent sur un style de musique que Daniel Péloquin-Hopfner est le mieux à même de décrire : « On nous a déjà décrit comme un duo de folk avec des touches traditionnelles ainsi qu’un esprit plutôt bluegrass et je dirais que si on ajoute un peu le terme roots là-dedans, ça nous qualifie d’une manière assez sympa. ».

Une musique conviviale, au fort accent acoustique selon la chanteuse : « On joue tous les deux la guitare, mais Dan joue du banjo et de la mandoline. Moi, je joue de la flûte traversière, on chante tous les deux. C’est de la musique qui fonctionne autant sur une scène qu’autour d’un feu de camp. »

Quelle place pour la langue française dans la musique de Fire and Smoke? Le groupe accorde une grande importance au bilinguisme dans sa musique. « Je pense que le show demeurera toujours bilingue, c’est très important pour nous », assure Claire Morrison. Son compère est encore plus précis : « On vit dans un monde bilingue, on vit des vies bilingues, c’est vraiment notre existence, c’est notre réalité. ». Mais les Fire and Smoke assurent que financer des projets en langue française n’est pas chose facile pour eux.

Claire Morrison : « On aime beaucoup ça, avoir des sorties bilingues, mais il faut aussi qu’on respecte un peu les règlements de l’industrie. ». « Le financement et comment ça fonctionne au Canada, c’est toujours quelque chose qu’il faut qu’on garde en tête car c’est cher de faire un album ».

|« Une chose est certaine, on va sortir de la nouvelle musique cette année! »

Comme pour de nombreux artistes, l’année 2022 reste floue pour le groupe. « Ça fait presque deux ans qu’on est en pandémie », « Il faut qu’il y ait des plans B et des plans C pour tout ». L’ambition, elle, reste intacte et les projets, multiples : « Une chose est certaine, on va sortir de la nouvelle musique cette année! Que ça soit un single, que ça soit un EP ça reste à voir, mais c’est sûr et certain qu’on va sortir de la nouvelle musique ».

Les Fire and Smoke, réalistes face à la situation, espèrent tout de même pouvoir tourner et faire découvrir leur musique à travers le monde. La chanteuse du groupe se veut optimiste : « C’est sûr qu’on va sortir de la musique et j’aimerais pouvoir revenir faire des shows à Winnipeg, j’aimerais pouvoir amener Dan à Montréal et faire des shows au Québec. »

La distance entre les deux interprètes, qui ne résident pas au même endroit, ne semble pas être un problème. « Ce n’est pas quelque chose qui me fait particulièrement peur. Je pense que c’est aussi parce que j’ai travaillé avec des artistes comme gérante et en tant que musicienne », explique une nouvelle fois Claire Morrison. Les deux dernières années ont permis de développer les solutions de travail à distance à travers plusieurs outils. « On travaille tous les deux dans le même logiciel alors les options sont ouvertes ».

Le mot de la fin est pour Daniel Péloquin Hopfner : « Tout ce dont on a besoin dans chaque collaboration, c’est le désir et l’effort essentiellement, et ce n’est pas ça qui nous manque. Qu’on soit distancié de deux mètres ou bien de deux villes, peu importe. »

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