Anne Tremblay, interprète de Violette, dans le décor de la pièce.

Après l’annulation en janvier 2022 du spectacle Je cherche une maison qui vous ressemble, le Théâtre Cercle Molière (TCM) reprend du service le 10 février. Avec VIOLETTE, une pièce originale, produite par la compagnie Joe Jack et John, et qui sera présentée au public (1). À travers l’utilisation de la réalité virtuelle, elle aborde les thèmes importants des abus sexuels et de la neurodivergence (2).

Par: Matthieu CAZALETS

Lorsque les spectateurs arriveront au TCM le 10 février prochain, ils n’emprunteront pas la voie classique vers une des trois salles que compte le bâtiment. Au lieu de ça, ils seront accueillis par Violette, interprétée par Anne Tremblay, qui les guidera vers le lieu de la pièce, sa chambre. Un moment à part qui revendique l’objectif de faire voyager et réfléchir à des questions essentielles.

| Un projet d’actualité

VIOLETTE évoque des sujets difficiles, mais indispensables aux yeux de Catherine Bourgeois, metteuse en scène de la pièce et directrice de la compagnie Joe, Jack et John : « c’est notre mandat chez Joe, Jack and John, de faire de la création sur des thématiques sociales d’importance ».

« Avec la vague MeToo, je me suis dit qu’il fallait qu’on participe à ça, qu’on prenne parole ou qu’on crée quelque chose là-dessus. Les statistiques pour les femmes neurodivergentes sont terribles au niveau du vécu, des violences sexuelles, donc je voyais l’importance qu’on prenne parole ».

Comment mettre en scène des sujets comme ceux-là pour leur donner un impact? Plusieurs idées ont traversé la tête de la metteuse en scène avant le projet final : « Dès le début, j’ai trouvé que la représentation théâtrale n’était pas nécessairement le médium destiné à ce type de prise de parole là. Je cherchais quelque chose plus sur le ton du partage, de l’histoire, de la confidence. »

Elle plaisante en pensant au cheminement du projet : « Au début, je me disais on va faire un spectacle dans un appartement. Le personnage s’appelait Rita. 5 personnes par soir qui passent du temps chez Rita, sur un ton plus intimiste. »

Finalement, cette idée n’est pas conservée. « C’est après ça que je me suis plus intéressée à la réalité virtuelle comme médium pertinent pour cette histoire-là. »

| « Créer un lien très fort entre le réel et le virtuel »

Le public sera accueilli par Violette, jeune fille solitaire et isolée, dans l’intimité de sa chambre. Un exercice qui ne change pas forcément d’une pièce classique pour Anne Tremblay (3) : « Quand je rencontre les personnes, cela ne change pas vraiment ma façon de m’exprimer devant eux ».

La pièce, un face-à-face entre le spectateur et Violette, réserve son lot de surprises, l’interprète plaisante : « Ce que j’aime quand j’improvise, ce sont les petits fous-rires quelques fois avec la personne devant nous ».

Une authenticité dans le jeu recherché par Catherine Bourgeois lors de la création de la pièce : « Cela permet de tisser vraiment un lien complice avec la personne. Avec les petites maladresses par exemple, une intimité est créée, c’est vraiment le but. »

« Cet aspect réel permet d’ancrer l’empathie pour le spectateur dans une personne en chair et en os. Pas une statistique, pas un enfant éloigné… »

Grâce au casque de réalité virtuelle, Violette sera accompagnée de la Femme-corneille, interprétée par l’actrice Tamarra Brown qu’on rencontre seulement dans le casque. Un personnage tout droit sorti de l’imaginaire de la jeune fille, « la meilleure amie de Violette », précise l’actrice principale.

Ce double niveau réel/virtuel est une volonté de la metteuse en scène : « Comme l’aspect virtuel a un contact fort dans le réel, par l’accueil de Violette dès l’arrivée, le spectateur peut continuer de s’identifier dans le casque, comme si c’était vraiment elle ».

« La thématique est lourde, mais on a vraiment voulu travailler sur un lien humain, intime, plus que sur le drame. Avec le virtuel en plus, on tombe dans la possibilité d’un certain réalisme magique. »

| Prochaine destination :

Winnipeg Catherine Bourgeois note la joie de pouvoir organiser des représentations face à l’incertitude de la COVID-19 :
« Au Québec, les théâtres sont fermés et on était pas sûr de pouvoir poursuivre l’aventure. Pour nous il y a une grande joie à être ici. »

La metteuse en scène avait apprécié son passage à Winnipeg, il y a deux ans, pour la pièce Dis Merci, avec Marc Barakat : « C’est une ville que j’ai beaucoup aimée. On est bien reçu au Cercle Molière et le public est vraiment intéressant. Malheureusement, je ne pourrai pas être là cette année. »

Sans en dévoiler davantage, elle évoque les réactions des personnes ayant déjà assisté au spectacle :
« J’ai entendu plusieurs personnes dire J’aurais pu passer toute l’après-midi avec Violette, je suis contente de l’avoir rencontrée. Ce que nous on reçoit comme commentaires, c’est qu’il y a une histoire très prenante, très touchante! »

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(1) VIOLETTE sera disponible du 10 au 12 février au Théâtre Cercle Molière, 340 Boulevard Provencher. La pièce est conseillée aux plus de 14 ans. Plus d’information sur les conditions d’accès sur le site du théâtre.
https://www.cerclemoliere.com/wp-content/uploads/2022/01/One-pager-experience-VIOLETTE-fr-1.pdf
https://www.cerclemoliere.com/wp-content/uploads/2022/01/GuideReperes-VIOLETTE.pdf
(2) Selon l’Office québécois de la langue française : « Personne dont le fonctionnement neurologique est atypique, souvent en raison d’un trouble neurodéveloppemental » (Pour en savoir plus : https://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=26556691)
(3) La pièce est aussi disponible en anglais, Stephanie Boghen endosse le rôle de Violette

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