Colin Rémillard est le copropriétaire des Jardins Saint- Léon.

Les Jardins Saint-Léon n’échappent pas à l’inflation générale que subit le pays. Pour l’entreprise qui favorise le local, l’inflation va être une nouvelle considération pour la saison qui vient de débuter.

 Par :Ophélie Doireau

Si les particuliers souffrent de l’augmentation des prix des produits, les petites entreprises doivent s’organiser pour répercuter les augmentations des frais des fournisseurs. Colin Rémillard, copropriétaire des Jardins Saint-Léon, en discute. « Jusqu’à date tout va bien. On ne sait pas vraiment ce qui va se passer en terme de prix cette année. Évidemment, dès notre première semaine d’ouverture tout avait augmenté un petit peu comme c’est le cas chaque année. Après la saison ça sera intéressant pour nous de voir quels produits ont été le plus touché.

« Les produits avec des ingrédients bruts comme le blé, les produits qui ont besoin d’ingrédients transportés, ou encore les produits avec des packagings comme le carton, tout ça a vraiment augmenté. Les coûts d’expédition qui pouvaient coûter 200 piasses ont doublé et certaines compagnies demandaient cinq fois plus.

« Les produits locaux ne devraient pas connaître trop d’augmentation, ils devraient selon moi être plus résistants à l’inflation parce que pour les producteurs ce qui a vraiment augmenté dans le prix de la production c’est le gaz et les engrais.

« Mais ce n’est que mon avis, on verra ce qui va se passer dans la pratique surtout qu’on sait que la vie quotidienne a augmenté alors est-ce qu’ils vont mettre ces coûts-là dans leur prix? »

| Un jonglage nécessaire

L’essence est une préoccupation pour tous. L’année dernière, le prix de l’essence à Winnipeg était d’en moyenne 1,26 $/L alors que la pompe affichait en moyenne, pour Winnipeg, 1,87$/L en date du 26 mai.

Parce que l’inflation est un enchaînement comme le souligne Colin Rémillard. « Nous, on essaye constamment de combattre l’augmentation des prix parce qu’on veut que la nourriture soit accessible pour tout le monde. On absorbe donc un peu les augmentations, mais il y a des prix qui vont forcément augmenter.

« Notre défi c’est que les gens continuent de venir chez nous et qu’ils n’aillent pas forcément dans des gros magasins pour faire leur épicerie. On offre des produits que les gens ne vont pas forcément trouver ailleurs, donc ça aide. Il faut dire que dans le domaine local, on a un certain pouvoir de négociation surtout sur les fruits et légumes donc on essaye d’exercer ça même si c’est difficile parce qu’on veut que les fermiers vivent décemment.

« C’est un équilibre entre s’assurer que les clients n’ont pas un prix trop élevé, s’assurer que les producteurs puissent vivre et voir comment on peut affecter notre marge tout en payant nos employés. »

À l’inflation se rajoute le délicat problème des inondations. « On a un peu peur avec les inondations, on ne pensait pas que ce serait un problème jusqu’à un certain point. Mais avec les tombées de pluie des dernières semaines, il est possible que ça en devienne un. Les producteurs ont eu deux années compliquées avec la sécheresse et là il y a peut-être trop d’eau. »

Malgré ces obstacles, Colin Rémillard reste confiant du soutien de la clientèle. « On est vraiment reconnaissant du soutien qu’on reçoit de nos clients et puis surtout cette année qui reste particulière pour nous parce que c’est la première année où on opère et que notre père n’est pas là. On a reçu beaucoup d’amour et on apprécie vraiment ça.

« On est vraiment content de se dire qu’on peut recevoir tout le monde de manière un peu plus normale que les étés passés et puis on les encourage à manger local parce qu’on voit que c’est une meilleure chose. »

 

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