Louis Boulanger. (photo : Marta Guerrero)

La métamorphose de son nom original « Die Verwandlung » est un livre écrit par une icône de la littérature, Franz Kafka. Ce livre raconte l’histoire de Gregor, un fils de famille, qui un matin se retrouve métamorphosé en cafard. Dans cette œuvre, on y lit le point de vue de Gregor qui fait tout pour accommoder sa famille ainsi que l’histoire mouvementée de celle-ci qui essaie de s’adapter à ce changement terrifiant.

Les premières lignes du livre plongent le lecteur dans le cœur du sujet : la métamorphose de Gregor Samsa. Le physique de Gregor va rester assez flou tout au long de l’histoire, mais la description du livre m’a permis d’imaginer le parasite qu’il était devenu. Gregor est convexe des deux côtés et n’a que des petites pattes. Il ne ressemble qu’à un cafard par sa couleur qui est le brun. Son ventre est divisé en plusieurs segments, son dos est rigide et solide. Il a de très fortes mandibules qui lui permettent d’ouvrir la porte de sa chambre.

La laideur de Gregor répugne tout son entourage et le rend, par ailleurs, violent. Son patron, qui était venu le chercher, part en courant, sa mère s’évanouit et son père le frappe à coup de canne pour qu’il retourne dans sa chambre. Gregor a une apparence hideuse, il dégage une aura négative et amène sa famille à garder une distance certaine envers lui.

Il aurait pu être métamorphosé en un magnifique papillon, mais sa personnalité extérieure l’a enfermée dans ce parasite. Gregor travaille jour et nuit sans aucune attention envers ses pairs. C’est un homme peu jovial, renfermé, qui d’apparence ne se soucie pas des autres. D’ores et déjà, le cafard semble condamné par son apparence.

Gregor est effectivement un homme absorbé par son milieu professionnel, mais c’est parce qu’il tient à cœur de rembourser les dettes de sa famille. Il veut réaliser le rêve de sa sœur, Grete, qui est d’entrer dans un conservatoire de musique. Il fait toujours de son mieux afin de satisfaire son patron, et ce, au détriment de son temps personnel. Durant sa métamorphose, il ne va déranger personne, il se couvrira même le corps afin d’atténuer le dégoût perceptible dans le regard sa mère. Une allure horrifique de cafard doté d’un grand cœur rempli d’empathie et de bonnes intentions ne saura suffire à le sauver. Sa sœur, celle avec laquelle il avait le plus d’affinité, finira, elle aussi, par le délaisser. Un soir, les locataires de l’appartement familial ont découvert ce cafard géant, ce qui les incita à prendre la fuite immédiatement.

Dans les dernières pages de l’œuvre, on y lit la mort lente et douloureuse de Gregor délaissé par sa famille qui elle aussi a quitté l’appartement en vue d’une vie meilleur loin de ce cafard.

Dans ce récit, pour la plupart, Gregor sera perçu tel le méchant cafard obligeant sa famille à subir les conséquences de sa métamorphose. Cependant, avec un regard plus objectif, on réalise que le père ne l’a jamais aimé ou soutenu, que la mère était terrifiée par son apparence et que Grete a pris l’initiative de le tuer. Cette famille d’insectes déguisés en humains a déshumanisé leur propre fils, pourtant bienveillant, sans aucun scrupule. Ce changement d’apparence peut-il justifier cette condamnation? Cela ne serait-il pas improbable d’accepter de partager sa vie avec un cafard géant?

Il me semble bien facile de juger un livre par sa couverture…

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