Nadine Thomas est la présidente du CA de la garderie Les P'tits Loups (photo : Marta Guerrero)

L’avenir de la garderie Les P’tits Loups de Saint-Georges est plus qu’incertain. Alors qu’une solution à court terme a été trouvée au sujet de la pénurie de personnel, les obstacles pour maintenir la garderie ouverte sont multiples.

Par Ophélie Doireau

IJL-Réseau.Presse-La Liberté

Depuis plusieurs semaines, la garderie Les P’tits Loups connaît plusieurs rebondissements. Une annonce avait été faite à la mi-mai quand à sa fermeture imminente pour manque de personnel. Plus tard après discussion avec le gouvernement provincial, la garderie pouvait maintenir ses portes ouvertes.

Cependant cette solution n’est qu’une solution sur le court terme parce que la garderie a déjà connu des obstacles dans le passé comme l’indique Nadine Thomas, présidente du CA de la garderie. « Pour commencer, dès le départ du projet, on a eu du retard dans l’ouverture parce qu’on ne trouvait pas de directrice.

« Ensuite avec l’ouverture de la garderie en septembre 2020, il a toujours été compliqué de trouver du personnel qualifié et qui veut bien déménager à Saint-Georges ou faire le trajet chaque jour de Winnipeg à Saint-Georges. »

En effet, Saint-Georges se trouve à plus de 120 kms à l’est de Winnipeg. Suivant les conditions météorologiques la route est plus au moins facile d’accès. Dernièrement, le prix de l’essence est devenu aussi un facteur à prendre en compte lors des déplacements.

Le départ de la directrice de la garderie a entraîné une situation difficile pour le centre d’apprentissage et de garde.
« Puisqu’il n’y a plus de directrice, on se retrouve avec seulement deux aides en jeune enfance. Ce n’est pas assez de personnel pour le nombre d’enfants qu’on a, pas de directrice et aucun personnel qualifié. Tous ces éléments nous ont fait annoncer la fermeture de la garderie. Déjà à plusieurs reprises, on a dû fermer certains jours, réaménager les horaires. C’était beaucoup de stress pour tout le monde. »

Le 25 mai, le CA et le gouvernement provincial se sont rencontrés pour discuter de la situation. « La Province est venue et des représentants du gouvernement nous ont dit qu’ils ne voulaient pas qu’on ferme nos portes, qu’ils ne voulaient pas perdre ce service dans le village. Ils nous ont annoncé du financement d’urgence pour nous aider à recruter et ils nous ont aussi envoyé deux employées francophones qualifiées pour ouvrir la garderie, c’est-à-dire avec leur diplôme de niveau 3. »

Aucun montant n’a encore été communiqué au sujet du financement envoyé par la Province et les deux employées ne sont là que pour une durée déterminée comme l’indique Nadine Thomas. « Elles n’étaient là que jusqu’au 3 juin. Elles alternent entre les jours parce qu’elles ne veulent pas faire la route tous les jours et je comprends. Cependant avec cette situation, il n’est pas possible pour moi de faire les plannings du mois de juin pour les parents. On attend qu’une directrice arrive pour pouvoir ouvrir la garderie. »

Actuellement, la garderie accueille 11 enfants cependant elle est licenciée pour pouvoir accepter 16 enfants. Avec tous les changements des dernières semaines, un certain nombre de parents ont retiré leurs enfants. Une situation que regrette Nadine Thomas. « Comme on avait annoncé la fermeture, certaines familles ont retiré leurs enfants parce qu’elles avaient besoin d’un service de garde et elles en ont trouvé un ailleurs. »

| Attirer et retenir

Si l’aide du gouvernement est la bienvenue, Nadine Thomas soulève qu’une solution sur le long terme serait évidemment préférable. « On est reconnaissant de l’aide du gouvernement. On est soutenu par beaucoup d’organismes, la Fédération des parents de la francophonie manitobaine est présente pour nous aider dans le recrutement.

« L’Université de Saint-Boniface offre son programme en jeune enfance en ligne et de manière hybride. C’est une bonne chose pour celles et ceux qui veulent poursuivre une carrière dans ce domaine parce que les personnes du rural vont pouvoir suivre les cours et être sur le terrain en même temps. »

Le domaine de la jeune enfance est souvent pointé du doigt pour son manque d’attrait en raison du faible salaire, le rural est une difficulté supplémentaire pour la présidente du CA. « Il n’y a pas de biens locatifs et très peu de maisons en vente même si acheter une maison avec le salaire des éducateurs et éducatrices en jeune enfance est compliqué.

« De plus, Saint-Georges n’est pas très attractif pour les nouvelles familles. Le moulin de papier qui employait la plupart du monde a fermé ses portes. Pour déménager, il faut des emplois. »

Le salaire est une clé de réflexion autant pour l’attraction du personnel que pour sa rétention, Nadine Thomas en est convaincue. « Il est certain que si le salaire était plus élevé ça aiderait certainement les personnes qui veulent s’installer ou tout simplement pour rembourser les frais de déplacement. »

En effet, d’après le Guichet-Emplois, le salaire horaire médian pour un.e employé.e de la jeune enfance est de 14,23 $ en 2022. Le plus faible salaire horaire médian de toutes les provinces.

Nadine Thomas estime qu’« il nous faudrait deux employé.es qualifié.es pour le nombre d’enfants qu’on a actuellement. Une personne qualifiée l’est à partir du niveau 2. Pour le reste du mois de juin, les deux aides en jeune enfance ont accepté de rester et on espère que la FPFM va pouvoir trouver une directrice. Mais avec toutes ces incertitudes on ne connaît pas l’avenir de la garderie. »

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