Matt Allard est le conseiller municipal de Saint-Boniface. (photo : Marta Guerrero)

Le projet « À pied, à vélo » de la Ville de Winnipeg qui permettrait de relier Saint-Boniface au centre-ville est en phase deux de consultations publiques depuis le début du mois de mai. Matt Allard, conseiller municipal de Saint-Boniface et responsable politique du transport, continue d’insister sur l’importance d’investir dans le transport actif à Winnipeg.

Par Ophélie Doireau

IJL-Réseau.Presse-La Liberté

Dans une ville comme Winnipeg où la voiture est grandement favorisée, il est nécessaire de rappeler les bienfaits du transport actif comme le fait Matt Allard, conseiller municipal de Saint-Boniface. « C’est aussi bien pour le côté environnemental, que pour le côté fiscal. C’est très cher de construire des routes pour les voitures. Un véhicule ordinaire pèse environ 4 000 lbs (soit environ 1 800 kgs) et une camionnette personnel pèse environ 8 000 lbs (soit environ 3 600 kgs), il est évident qu’un individu sur un vélo ou à pied ne pèse pas le poids d’une voiture donc les dommages à la route sont moindres. Les frais de maintenance sont donc moindres aussi parce que les routes ne sont pas autant endommagées.

« Pour l’environnement, on sait pertinemment que 90 % des travailleurs se rendent seuls au travail dans leur véhicule. Pour 2030, la Ville espère que ça ne sera plus que 50 % des travailleurs qui se déplaceront seuls dans leur véhicule. Le transport actif est un outil important dans ce changement de société. On ne peut pas demander aux gens de ne plus utiliser leur voiture sans leur fournir une autre option. »

Ressources naturelles Canada a produit un rapport en 2021, dans lequel il indique que « chaque litre d’essence consommé par votre véhicule produit environ 2,3 kgs de CO2. » En 2016, Statistique Canada indiquait que la distance moyenne d’un trajet maison-travail était de 57 kms. Donc en moyenne, un individu émet environ deux tonnes de CO2 alors qu’un arbre ne sera capable d’absorber qu’entre 10 à 40 kgs de CO 2 par année.

Le projet « À pied, à vélo » de la Ville de Winnipeg trouve alors tout son sens. Après une première phase de consultations durant août et septembre 2020 où les Winnipégois étaient invités à s’exprimer sur les besoins et les routes possibles pour relier Saint-Boniface au centre-ville, la Ville de Winnipeg sonde désormais les Winnipégois pour examiner les possibilités offertes. (1)

Matt Allard remet ce projet en contexte. « Depuis 2015, la Ville s’est engagée dans une stratégie pour les piétons et les cyclistes. Dans cette stratégie, on cherchait à connecter le centre-ville à l’est de la ville. Dans le plan maître du transport actif, on avait identifié la rue Notre-dame qui pourrait être la connexion.

« À la même période, l’idée d’une piste cyclable sur le boulevard Provencher avait été présentée au conseil municipal. La Ville a donc mené des consultations publiques auprès des résidents pour connaître leur avis et dans ce sondage, où 390 personnes ont répondu, la piste cyclable sur le boulevard Provencher était l’option la plus considérée.

« La Ville de Winnipeg a cependant indiqué que cette option nécessiterait plus de travaux de réaménagement et donc le financement prévu serait insuffisant. Mais la Ville est prête à engager ces travaux, ce qui est une bonne chose. »

Après l’élaboration des travaux, la phase deux des consultations permet de montrer les différentes options que la Ville de Winnipeg propose avec les tracés, les répercussions de cette nouvelle piste cyclable, la connectivité. Pour Matt Allard ce projet s’inscrit dans une volonté politique. « Le plan maître du transport actif souhaite avoir un réel réseau de transport actif pour la Ville de Winnipeg pour que tout le monde ait accès facilement à un mode de transport autre que la voiture. Mais la stratégie d’application est que ce ne soit pas sur chaque route, mais plutôt sur les routes déterminées par le plan.

« Certains qui suivent le transport actif sont dans le camps où on devrait créer du transport actif qu’importe la route. Mais la Ville de Winnipeg a choisi une autre stratégie où le transport est connecté mais pas disponible sur chaque route. »

Si Matt Allard soulève la volonté politique, dans l’échéancier du projet, on voit qu’une troisième participation publique devrait avoir lieu à l’automne alors que des élections municipales seront en cours. « Si ça se chevauche pendant les élections, ça sera intéressant de voir la position des canditat.es à la mairie. Même si un nouveau conseil municipal est élu, il ne faudra pas reprendre toutes les étapes du projet. Mais il faudra voir quelle est la volonté du prochain conseil municipal de développer le transport actif.

« Parce qu’on le sait pour défendre le transport actif, il faut un budget. Cette année, le budget dédié au transport actif est 9,6 millions $, une augmentation de deux millions $ par rapport à l’ancien budget. »

(1) Il est possible de s’exprimer en ligne jusqu’au 14 juin 2022 : https://fr.surveymonkey.com/r/SX2HWSX

 

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