Amélie Tétrault. (photo : Marta Guerrero)

Les menstruations sont un sujet qui a longtemps été tabou et qui le reste encore dans certaines sphères.

Par Amélie TÉTRAULT

Aujourd’hui, si certaines personnes menstruées se sont réappropriées leur corps, il reste qu’au regard d’une partie de la société, ce phénomène naturel et sain est mal connu.

Ce phénomène est encore rattaché envers un sentiment honteux. Il suffit de prendre un aperçu des statistiques qui nous montrent ce fait de façon claire. Selon une étude dirigée par la compagnie THINX sur 1 500 personnes menstruées, 58 % se sont déjà senties gênées de vivre avec des règles. (1)

Depuis bien longtemps et au fil de l’histoire, les menstruations ont été l’objet de désinformations qui sont restées profondément ancrées dans nos sociétés. (2)

Encore aujourd’hui, certains préfèrent déclarer que les menstruations sont tout simplement répugnantes. Pourtant, les règles permettent la vie humaine, elles permettent de donner naissance. Sans ce mécanisme élaboré par l’utérus, notre population terrestre n’aurait jamais pu croître.

Des avancées ont été faites comme des congés pour menstruations dans certains pays ou encore des mises à disposition gratuite de protections hygiéniques. Mais il reste que notre société n’accepte pas encore la présence des menstruations. En atteste l’exemple de l’autrice de Lait et Miel, Rupi Kaur, qui a publié une photo en 2015 d’une jeune femme allongée sur un lit, une tache de sang placée dans l’entre-jambe. Cette publication fut immédiatement retirée par le réseau social Instagram, car elle violait les politiques du média. Qu’est-ce qui peut bien offusquer cette plateforme dans le processus naturel qui compose les menstruations?

Et ces tabous qui entourent les menstruations engendrent des conséquences sur la santé des personnes menstruées. Par exemple : la pauvreté mens- truelle.

Certaines personnes menstruées n’ont pas le courage de réellement avouer que les protections hygiéniques ne sont pas à leurs portées.

Une étude menée par le Collège of Health and Human Services de l’Université George Mason démontre qu’une personne menstruée sur 10 à de la difficulté à se procurer des produits sanitaires féminins à chaque mois.

14 % des personnes participant à l’étude ont révélé avoir eu une contrariété avec le fait de s’acheter des produits menstruels au cours de l’année. Il est de la plus grande importance de déstigmatiser la santé menstruelle pour faire en sorte que chaque individu ait accès aux produits sanitaires qui leur sont nécessaires. (3)

Il est donc nécessaire de continuer de combattre les tabous qui entourent les règles pour une meilleure compréhension de ce phénomène et pour une meilleure santé des personnes menstruées. Les règles ne sont aucunement un concept honteux, c’est un don splendide qui permet de procurer la vie.

(1) Yargeau, Maïka. “La honte d’être menstruée”. Véro. Véro, 3 mars 2021, https://veroniquecloutier.com/sante/la-honte-detre-menstruee , 22 juin 2021.

(2) Malnis, Adeline. « Les 10 pires croyances de l’histoire des menstruations». Les Inrocks. 17 juin 2021. https://www.lesinrocks.com/actu/les-10-pires-croyances-de-lhistoire-des-menstruations-168429-18-06-2019/, 22 juin 2021.

(3) Branigin, Anne. “1 in 10 college women face period poverty, a study shows. Here’s what that means”. The Lily. The Washington Post, 3 février 2021, https://www.thelily.com/1-in-10-college-women-face-period-poverty-a-study-shows-heres-what-that-means/ , 22 juin 2021.

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