Sirai Heller. (photo : Marta Guerrero)

Lorsqu’on parle de racisme, nous pensons souvent à l’oppression d’une ethnicité ou d’une couleur de peau envers une autre. Mais comment appelle-t-on le concept qui illustre l’oppression d’une personne par quelqu’un qui a les mêmes origines ethniques ou les mêmes racines qu’elle? C’est ce qu’on appelle le colorisme.

Par Sirai HELLER

Le colorisme est une discrimination qui vise le teint de la peau et qui se manifeste le plus souvent entre les personnes d’une même communauté contrairement au racisme. Je vais vous parler dans cette chronique de ce terme que peu de personnes connaissent.

Une bonne manière d’expliquer le colorisme est de parler de sa représentation dans les films et de comment Hollywood perçoit ce concept jusqu’à notre propre communauté. Dans le film In The Heights (2021), le colorisme est exprimé par les yeux du réalisateur Lin Manuel Miranda, un acteur, réalisateur et auto- compositeur américain. Les personnages du long-métrage sont d’origine dominicaine et sont en grande majorité joués par des actrices et acteurs à la peau claire. Or, beaucoup d’habitants du quartier présents dans le film, Washington Heights, ont protesté pour le manque de représentation de latinos avec une couleur de peau plus foncée (1).

Dans notre société, ce phénomène est aussi apparent dans le milieu du travail. La population hispanique américaine a atteint 60,6 millions en 2019. Selon une recherche réalisée par PEW Research Center, 34 % des personnes hispaniques américaines avec une peau claire affirment qu’elles ont déjà été le sujet d’une insulte ou d’une blague raciste dans leur passé. Mais ce qui est notable de souligner, c’est la grande différence d’écart avec les 53 % de personnes hispaniques américaines avec une couleur de peau plus foncée et qui ont subi ces incidents discriminatoires.

À travers ces exemples, on peut déduire que le teint de la peau au sein d’une même communauté peut être la source de grandes différences dans le traitement de la personne. Globalement, la société est plus sévère avec les personnes à la couleur de peau foncée qu’avec une couleur de peau plus blanche.

Mais alors que pouvons-nous faire pour diminuer les incidents discriminatoires liés au colorisme à l’intérieur de nos propres communautés?

Je conseille tout d’abord aux gens de s’éduquer sur le sujet. Le colorisme est une forme de discrimination peu connue. Le meilleur moyen d’en parler est d’abord de maîtriser le sujet. Puis ensuite, essayer de faire entendre votre voix. Réagissez face aux personnes qui posent des actes de colorisme. Si vous entendez ou voyez quelqu’un qui agit contre une personne à la peau foncée ou qui préfère ceux avec une peau plus claire, essayez de l’éduquer, ou tout simplement de lui dire qu’il a tort. L’intervention est toujours bonne, car les gens peuvent réaliser leurs erreurs.

Et puis n’oubliez pas que se poser des questions est une bonne chose. C’est une des premières étapes pour lutter contre l’ignorance. Or, nous savons que les discriminations viennent souvent de l’ignorance d’un sujet. Et puis si vous vous sentez gêné de poser ces questions à vos amis qui ont une couleur de peau foncée, alors faites vos propres recherches en ligne en vous assurant que les sites dont vous prenez les informations sont fiables.

N’oubliez pas que lorsque vous sortez de votre zone de confort, c’est là où le changement dans nos communautés commence. 

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