Eureka Bolivar a de grandes ambitions pour la suite de ses études. (photo : Marta Guerrero)

Eureka Bolivar, 17 ans, était depuis un an et demi au Collège Louis-Riel (CLR) après un passage par le Centre scolaire Léo-Rémillard (CSLR). Désormais finissante et diplômée, elle revient sur ses années de secondaire, et notamment sur les questions de diversité qu’elle a défendues à plusieurs reprises.

Par Jonathan SEMAH

C’est après un déménagement familial qu’Eureka Bolivar s’est retrouvée au Collège Louis-Riel. Dans cette école aux multiples communautés, elle s’est sentie rapidement à l’aise. « Personnellement, j’ai adoré la différence ressentie entre le CSLR et le CLR. Au CSLR, il y avait moins de diversités. Et au CLR, je me sentais assez confortable pour être moi-même dès le premier jour. Tout le monde a été acceptant et accueillant. La diversité des gens était quelque chose de beau à voir. »

Très engagée, Eureka Bolivar faisait partie du comité Étudiants issus des minorités et leurs alliés (EMA). Ce groupe d’élèves a souvent alerté l’administration de l’école dans le but de créer une atmosphère inclusive et représenter la diversité sous toutes ses formes. Eureka Bolivar espère, à travers les actions du comité, avoir pu contribuer à rendre le CLR meilleur malgré les incidents (1). « Petit à petit, c’est allé mieux. C’est des petits pas de bébé. J’ai remarqué des changements après l’arrivée de la nouvelle direction. (2)

« Dans le futur, si ça continue comme ça, on devrait voir des différences majeures. Et même si je ne suis plus là, je continuerai à prendre des nouvelles de l’école. En plus, j’ai de bons amis plus jeunes que moi, donc oui, je les suivrai même à distance.

« J’espère d’ailleurs qu’EMA continuera de vivre. On a pensé faire d’EMA un groupe hors de l’école, on verra. Et s’il y a des groupes de ce genre à l’université, je compte bien les rejoindre et faire avancer ces thèmes. »

Celle qui quitte le secondaire donne quelques pistes de réflexion pour aider le CLR et notamment la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) pour améliorer les choses et offrir un espace sécuritaire à tous les élèves. « Écoutez les élèves! Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on ne vit pas des choses traumatisantes. On veut plus d’attention. On a plus besoin d’oreilles que de bouches. »

Dorénavant tournée vers l’avenir, Eureka Bolivar prépare son été. Elle compte travailler pour préparer sa rentrée universitaire. « Présentement, je travaille dans un restaurant. J’irai ensuite aider ma mère dans le domaine des soins de santé. »

| Ne pas oublier sa francophonie

À partir de septembre, Eureka Bolivar sera une étudiante de l’Université du Manitoba, dans laquelle elle suivra des cours de sciences. Une matière pour laquelle Eureka Bolivar s’est trouvée un attrait assez récemment.

« Quand j’étais petite, je n’aimais pas les sciences. Mais depuis la 9e année, et avec l’aide de certains enseignants, j’ai vraiment pris plaisir à découvrir la biologie et la chimie. D’ailleurs, la chimie n’était pas ma plus grande passion, mais j’adore vraiment ça maintenant! J’aimerais devenir biochimiste et dans la recherche. Au moins six années d’études m’attendent. »

L’un des autres combats d’Eureka Bolivar, c’est la francophonie. Elle le sait, à l’Université du Manitoba, son quotidien sera en anglais et la pratique du français sera beaucoup plus limitée que dans les écoles de la DSFM. Une situation qui inquiète la jeune adulte.

« J’ai tellement peur de perdre mon français! Mais mes enseignants, ma famille et mes amis m’ont rassurée. Tant que je pratique le français dans ma vie personnelle, ça devrait aller. Mais je le sais, le montant de temps où j’aurai l’occasion de parler le français va diminuer. Ça me stresse, je n’ai pas envie de perdre ma langue. »

Pour lutter contre ce risque, Eureka Bolivar va devoir être très rigoureuse. La lecture et l’écriture sont notamment ce qui devrait lui permettre de garder son français.

« Dès que j’arrive à l’université, je vais essayer de beaucoup plus lire en français! Aussi, je sais qu’il y a des classes de sciences à l’Université de Saint-Boniface (USB) et donc la possibilité de continuer à étudier en français, mais là le problème, c’était le cursus. Si je suis des cours de biochimie à l’USB, dans tous les cas, il aurait quand même fallu que je complète ma formation à l’Université du Manitoba. J’ai donc préféré aller directement dans cette université. »

(1) Voir nos éditions du 20 au 26 avril 2022, du 30 mars au 5 avril 2022, du 1er au 7 décembre 2021 et du 20 au 26 octobre 2021.

(2) Depuis le mois de juin 2022, le Collège Louis-Riel a une nouvelle direction avec à sa tête Rémi Lemoine, Yves Tatcho et Linda Romeo.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici