(montage Mélanie Tremblay – Francopresse)

DOSSIER – Les médias communautaires de langue française sont présents depuis plus de 100 ans dans les régions du Canada dominées par l’anglais. Ils ont été témoins – et souvent acteurs – des luttes pour l’accès à l’instruction publique en français en milieu linguistique minoritaire.

Andréanne Joly – Projet spécial

Le Canada compte aujourd’hui quelque 700 écoles primaires (4 à 12 ans) et secondaires (12 à 17 ans) de langue française à l’extérieur du Québec. Elles sont regroupées en 28 commissions ou conseils scolaires et financées principalement par les gouvernements provinciaux et territoriaux. À leur nombre s’ajoutent des établissements postsecondaires (soit 8 collèges et 14 universités) qui offrent des cours en français.

Pour en arriver à un tel réseau, les communautés francophones en situation de minorité ont dû faire renverser des lois assimilationnistes. De la Confédération (1867) jusqu’aux premières décennies du 20siècle, des provinces comme la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont légiféré pour imposer l’anglais comme seule langue d’enseignement dans le réseau scolaire public. L’enseignement en français y a été fortement limité ou carrément interdit.

L’apparition des premiers journaux de langue française à l’extérieur du Québec n’est pas étrangère à ces mesures et aux luttes qui s’en sont suivies. Certains sont d’ailleurs toujours publiés : dans l’Ouest, La Liberté (fondée en 1913) et La Survivance (1928, aujourd’hui Le Franco) ; en Atlantique, Le Moniteur acadien (1867) ; en Ontario, Le Droit (1913). Dès leur création, ces journaux ont affiché clairement leur volonté d’assurer la promotion et la défense de «la cause française» et «la protection vigilante des intérêts» des communautés de langue française.

Au compte-goutte, des gains ont permis aux Canadiens français de faire instruire leurs jeunes enfants dans leur langue maternelle. Dans les années 1960 et 1970, les collectivités francophones de plusieurs provinces ont milité pour obtenir des écoles d’enseignement secondaire de langue française, financées par les deniers publics et affranchies du réseau de langue anglaise. Dans ce contexte culturel et social, une vingtaine de journaux ont vu le jour en Ontario seulement ; six d’entre eux existent encore.

 En 1982, la nouvelle Charte canadienne des droits et libertés enchâsse, «lorsque le nombre le justifie, le droit de faire instruire [les enfants] dans des établissements d’enseignement de la minorité linguistique financés sur les fonds publics.» La porte judiciaire s’est ainsi ouverte toute grande. En 1990, en 2000 et en 2020, des décisions hautement médiatisées de la Cour suprême, plus haut tribunal canadien, sont venues appuyer les droits des communautés francophones en situation minoritaire, ce qui a contribué à consolider le réseau scolaire public de langue française.

Aujourd’hui encore, les médias de langue française d’un océan à l’autre, continuent de suivre de près, à la mesure de leurs ressources, les dossiers qui touchent à l’éducation.

Les francophonies canadiennes doivent aussi défendre l’éducation universitaire. Dans les dernières années, de nombreux établissements, tels l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick et le Campus Saint-Jean en Alberta ont connu d’importants défis financiers. En Ontario, le projet de l’Université de l’Ontario français a été menacé moins d’un an après avoir été légalement créé et la restructuration de l’Université Laurentienne a eu des effets dévastateurs sur l’offre de programmes en français.

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