Katie Moniot et Ayman Soussi, deux des joueurs et joueuses qui ont participé aux victoires des Rouges. (photo : Marta Guerrero)

Alors que la saison de soccer 2022 se termine, il est le temps des finales et des trophées. Cette année, les deux équipes des Rouges, féminine et masculine, ont remporté le championnat provincial de la Manitoba Colleges Athletic Conference (MCAC). Un double succès historique que les deux équipes tenteront de confirmer au niveau national.

Par Jonathan SEMAH

Dynastie. C’est le mot utilisé sur les médias sociaux par Eric Lemoine, directeur adjoint des activités sportives et récréatives de l’Université de Saint- Boniface (USB), pour décrire la domination des deux équipes cette saison, notamment celle des femmes.

En effet, la section féminine des Rouges de l’USB vient de remporter pour la troisième fois d’affilée les championnats collégiaux, après 2019 et 2021 (1). Quelques jours après ces beaux résultats, Eric Lemoine était encore en train de réaliser. « J’ai encore le sourire au visage. Ce double succès la même année, c’est très rare. Ça n’est jamais arrivé dans l’histoire de l’USB. Et si je ne me trompe pas, ce n’était arrivé qu’une fois dans l’histoire de la MCAC. »

Eric Lemoine s’arrête d’abord sur le succès des femmes, victorieuses des Pilots du Providence University College 4-1 en finale. Cette saison, l’équipe féminine n’a laissé aucune chance à la concurrence. 11 victoires, aucune défaite et une égalité lors de la saison régulière. 70 buts marqués pour seulement cinq concédés sont, certains, des chiffres qui illustrent cette importante domination. « C’est déjà très dur de gagner une année. Là, elles l’ont fait trois années d’affilée, c’est impressionnant. Je n’aurais pas cru ça possible. Et puis, il y a la manière. Elles ont joué de façon si dominante. C’était du très beau soccer. »

Eric Lemoine, directeur adjoint des activités sportives et récréatives de l’Université de Saint-Boniface. (photo : Marta Guerrero)

À ce sujet l’entraîneur-chef, Justin Légaré s’est montré aussi très admiratif du travail de l’équipe féminine. « Émotionnellement et physiquement, ça a été une longue saison. Je rattraperai mon sommeil en retard après le tournoi national! Parfois, j’ai l’impression de rêver encore un peu. Les filles ont joué de manière impressionnante. La compétition n’est pas toujours extrêmement forte dans notre division, mais elles ont réussi à rester concentrées et professionnelles jeu après jeu. »

À titre personnel, cette saison est spéciale pour Justin Légaré, car elle sera la dernière avant qu’il se retire. En plus, une douzaine d’athlètes sont en fin de cursus et vivent aussi leur dernière saison avec les Rouges. Katie Moniot, 22 ans, joue au milieu de terrain, et fait partie des personnes qui vont partir. « On est une équipe très déterminée. On a voulu ce succès et on a tout fait pour y arriver. C’est aussi une question de réputation, c’est important de bien représenter les Rouges et l’USB. Cette saison est importante, j’espère pouvoir terminer en beauté. L’équipe a fait partie de ma vie depuis presque six ans, c’est incroyable de finir avec autant de succès. »

| Se faire une place au national

Après ces résultats positifs au provincial, les Rouges espèrent désormais convaincre au national. La suite se jouera aux deux bords du pays. C’est au Champlain College Saint- Lambert à Montréal, au Québec, que l’équipe féminine des Rouges jouera le championnat canadien de soccer féminin 2022 de l’Association canadienne du sport collégial (ACSC), du 9 au 12 novembre 2022. Dans le même temps, l’équipe masculine des Rouges sera accueillie à Langley, en Colombie-Britannique.

Eric Lemoine, qui ne peut pas se diviser en deux, accompagnera finalement les hommes. « Les filles ont plus d’expérience et savent naviguer pour ce genre de tournoi », explique-t-il.

En effet, les joueurs des Rouges masculins n’avaient pas gagné au provincial depuis 2017. Ayman Soussi a 22 ans et étudie les sciences. Il a été nommé joueur par excellence du championnat, le sportif revient sur cette belle saison. « C’est un rêve! Je suis avec les Rouges depuis 2017. On a eu du succès tout de suite puis plus rien jusqu’à aujourd’hui. Alors que je quitte bientôt, finir comme ça, je n’aurais pas pu l’imaginer. Cette année, assez tôt dans la saison, on s’est senti fort. On avait du talent et une équipe très soudée. On a cru en nous et l’on a eu un très bon état d’esprit. »

C’est sur les défaites du passé que l’équipe masculine, entraînée par Seif Dhaoui, a su construire sa victoire cette année. L’expérience acquise a fait la différence. « Beaucoup de jeunes de l’équipe n’ont pas vécu ce que j’ai vécu. À chaque fois, on se disait : On aurait pu faire plus. On aurait pu faire mieux. Mais cette année, on était tous sur la même longueur d’onde. Puis personnellement, j’étais très motivé. Et avec tous les vétérans, on savait qu’il n’y avait aucune chance qu’on perde cette année. C’était comme une revanche sur le passé! » détaille Ayman Soussi. Les hommes l’ont finalement emporté 4-3 contre Brandon, en finale.

Désormais, dans le tournoi national, les deux équipes vont vouloir aussi faire de bons résultats, même si le niveau sera sensiblement plus fort. Alors quelles sont les chances des deux équipes manitobaines? « On ne sait jamais. Ça va être extrêmement difficile. Ça va être important de gagner notre premier match. L’année dernière, nous n’avons pas réussi à faire trembler les filets. Ça sera le premier objectif », indique Justin Légaré.

Justin Légaré, entraîneur-chef de la section féminine des Rouges. (photo : Archives La Liberté)

Même constat pour Katie Moniot qui espère aussi de bons résultats. « On connaît maintenant le niveau de compétition aux nationaux. Je pense qu’on peut avoir du succès. On est en confiance et on veut s’appuyer sur notre expérience pour gagner. »

Du côté des hommes, Ayman Soussi sait que ce sera dur, mais croit fort aux qualités de son équipe. « Rien n’est joué. Nous ne sommes pas favoris, mais nous sommes une bonne équipe. Évidemment, le talent va être à un autre niveau. Le plus important pour nous, c’est d’y aller et prendre de l’expérience pour les prochaines années. On jouera à 100 % et personne ne pourra rien nous reprocher si l’on fait de notre mieux. On veut montrer qu’au Manitoba, ça joue bien au soccer. »

(1) Il n’y a pas eu de compétition en 2020 pour cause de pandémie.

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