Ronald Lavallée était journaliste et réalisateur à Radio-Canada, il vit aujourd’hui dans les Cantons-de-l’Est. (photo : Gracieuseté de Ronald Lavallée)

Paru le 21 septembre 2022 aux éditions FIDES, Tous des loups est le quatrième roman de Ronald Lavallée. Originaire du Manitoba, l’auteur signe de son nom un nouveau roman qui nous plonge au coeur d’une terre sans pitié.

Par Hugo BEAUCAMP

C’est dans le Nord canadien et plus précisément le nord-ouest du Manitoba que l’auteur Ronald Lavallée a planté le décor de son quatrième roman Tous des loups.

Le jeune policier Matthew Callwood se porte volontaire pour être déployé dans un village isolé, froid de par l’accueil et le climat, où se mêle Autochtones et allochtones. Sur ce territoire entre forêt boréale, lacs et marais, le jeune policier va confronter sa morale et ses principes de justice à un environnement social aux antipodes de celui auquel il appartient.

En 1914, alors que la guerre éclate en Europe, Matthew Callwood livre la sienne contre les éléments pour mettre la main sur un fugitif accusé d’avoir assassiné sa famille. Les policiers deviennent alors des loups à la recherche d’une proie qu’ils ont peut-être sous-estimée.

| Des recherches rigoureuses

Compte tenu du contexte historique, le récit a vu le jour à la suite de recherches approfondies sur lesquelles l’auteur revient : « Je fais toujours beaucoup de recherches. Pour ce roman, j’ai consulté des récits ainsi que les archives de la Gendarmerie royale du Canada. Je me suis beaucoup inspiré des récits des voyageurs de 1895 à 1905 pour être au plus proche des conditions des voyages dans la forêt boréale. »

Parmi les écrits retrouvés, une histoire plus que les autres a aidé le Manitobain d’origine à écrire son roman. « Je me suis beaucoup appuyé sur les histoires de Léonidas et Mina Hubbard. Léonidas était un aventurier américain qui écrivait pour des revues new-yorkaises.

« Il est mort de faim et d’épuisement après s’être per-du en tentant de traverser la péninsule d’Ungava. Deux ans après, sa femme Mina monte une nouvelle expédition pour mener son travail jusqu’à l’achèvement. Je me suis beaucoup appuyé sur leurs journaux pour en apprendre plus sur le matériel utilisé, comment ils se nourrissaient et d’autres détails. »

| S’adapter aux lecteurs

Pour l’écrivain qui vit désormais au Québec, ce processus de recherche est un élément important lors de l’écriture d’une oeuvre littéraire.

« On part toujours avec une idée sommaire. On sait à peu près où on va commencer et comment ça va se terminer, même si pour moi ça a été une surprise. Mais lorsqu’on entame des recherches, on n’est jamais sûr de trouver assez de matière pour aller au bout du récit. »

Mais ce fut le cas cette fois encore, 35 ans après avoir reçu le prix Champlain au Canada et le prix Jules Verne en France pour son premier roman : Tchipayuk, ou, le chemin du loup (1987), Ronald Lavallée a dû s’adapter aux nouveaux standards des maisons d’édition. « Je pense que ce sont les goûts des lecteurs qui changent, » constate-t-il. « On nous demande aujourd’hui des livres qui sont plus courts, plus romancés, les gens n’ont plus vraiment le temps de lire des romans de 600 pages.

« Au départ quand j’ai écrit Tous des loups, il y avait deux chapitres de plus, un qui servait d’introduction et un autre à la fin. Avec l’éditeur on les a supprimés et je pense que c’était pour le mieux. »

Car l’écrivain l’affirme : « C’est le roman dont je suis le plus fier, je pense qu’il est plus compact, mieux structuré, j’en suis très heureux. »

En dépit de cet aspect dense, l’écrivain donne tout de même à ses lecteurs le temps de respirer, notamment lorsqu’il décrit la nature hostile dans laquelle évoluent les personnages. Et ce n’est pas anodin, car Ronald Lavallée entretient avec la nature canadienne une relation particulière : « J’ai grandi dans une petite ferme dans les plaines près de La Salle. Les plaines sans arbres étaient pour moi un vaste planétarium, les trois quarts du spectacle se déroulaient dans le ciel. J’ai toujours été conscient de la nature. Je trouvais ça beau », se souvient-t-il avant de conclure. « Quand on pouvait s’échapper vers les lacs à la frontière ontarienne, près de la forêt boréale pour moi c’était un enchantement. »

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