Compte tenu de “la demande excédentaire dans l’économie (qui) paraît plus persistante qu’anticipé” et de la “première hausse en dix mois” de l’inflation en avril, à 4,4 % sur un an, la banque centrale a jugé que “la politique monétaire n’était pas suffisamment restrictive pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande et assurer un retour durable à la cible d’inflation de 2 %”.

L’inflation a légèrement rebondi en avril au Canada, contrairement aux attentes, et pour la première fois depuis juin dernier, en raison notamment d’une hausse des prix des loyers.

Bien qu’à l’échelle mondiale l’inflation “diminue” et que l’institution monétaire s’attende à ce qu’elle “descende autour de 3 % cet été”, la banque “s’inquiète davantage de la possibilité que l’inflation reste coincée nettement au-dessus de la cible de 2 %” en 2024.

Cette nouvelle augmentation intervient au moment où “la progression de la consommation a été étonnamment forte et généralisée”, à contre-courant des estimations de la banque centrale.

Avec un taux de chômage stable à 5 %, proche d’un niveau historiquement bas, “le marché du travail demeure tendu”, a-t-elle pointé, “preuve que la forte demande de main-d’œuvre se maintient”.

Le produit intérieur brut (PIB) du Canada a fortement augmenté au premier trimestre, par rapport au dernier trimestre 2022, progressant de 3,1 % en rythme annualisé, bien au-dessus des attentes des analystes.

A l’avenir, la banque centrale canadienne “évaluera particulièrement si l’évolution de la demande excédentaire, les attentes d’inflation, la croissance des salaires et les pratiques de fixation des prix des entreprises sont compatibles avec l’atteinte de la cible d’inflation”, a-t-elle ajouté, soulignant qu’elle “reste déterminée à rétablir la stabilité des prix”.

L’institution avait “de nombreuses raisons de relancer son cycle de resserrement aujourd’hui” mais “nous pensions que la Banque du Canada attendrait jusqu’en juillet” pour le faire, a reconnu Josh Nye, analyste pour la Banque Royale du Canada, dans un communiqué.

Une nouvelle hausse annoncée le 12 juillet est “probable”, étant donné qu’il est “difficile de prévoir un ralentissement”, a ajouté cet expert.

Une opinion partagée par Royce Mendes, analyste chez Desjardins, estimant qu’il est “peu probable” que la banque centrale constate “suffisamment de progrès dans le rétablissement de la stabilité des prix” avant sa prochaine décision.

“Par conséquent, nous continuons de pencher en faveur d’une nouvelle hausse des taux de 25 points de base en juillet”, a-t-il déclaré, “ce qui porterait le taux directeur à 5 %, son niveau le plus élevé depuis 2001”.

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