Pourquoi? Comment ces décisions s’appliquent-elles? Et peuvent-elles empêcher l’ancien président d’être réélu?

Explications.

A quel titre déclarer Trump inéligible ?

Dans le Maine, comme dans le Colorado, des responsables ont estimé que Donald Trump ne pouvait pas retourner à la Maison Blanche, au nom de son rôle dans l’assaut du Capitole, en 2021.

Lors de cette froide journée de janvier, des centaines de ses partisans avaient attaqué le siège du Congrès américain, où les élus certifiaient la victoire à la présidentielle de son rival Joe Biden, provoquant un chaos inimaginable.

Les autorités de ces États jugent que le républicain s’est livré ce jour-là à des actes “d’insurrection” et qu’il est pour cette raison inéligible à la présidence, en vertu du 14ème amendement de la Constitution.

Ces décisions s’appliquent-elles?

La saison des primaires, vouée à désigner le candidat républicain à la présidentielle, s’étire de janvier à juin 2024.

Les décisions historiques du Maine et du Colorado ne portent à ce stade que sur les primaires républicaines tenues dans ces deux États le 5 mars.

Et elles ont toutes les deux été suspendues, le temps que la procédure juridique suive son cours.

En clair, tant que la Cour suprême des États-Unis — la plus haute juridiction du pays — ne se sera pas prononcée sur la question, les bulletins devront encore inclure le nom de l’ex-président Trump dans le Colorado comme dans le Maine.

Que se passe-t-il dans les autres États ?

Les Etats-Unis sont un pays fédéral, ce qui veut dire qu’il revient, pour l’heure, à chaque État de statuer sur l’éligibilité de Donald Trump.

Ces derniers jours, les États du Michigan, du Minnesota et de la Californie ont ainsi jugé que le milliardaire avait bien le droit de figurer sur le bulletin de vote. L’Oregon doit à son tour bientôt trancher sur la question.

L’affaire risque de créer une certaine pagaille. C’est pourquoi la Cour suprême des États-Unis a été appelée à se pencher de toute urgence sur cette question explosive.

Trump peut-il être empêché d’être élu?

Difficile à dire! Tout dépend de si la Cour suprême accepte de se saisir de ce dossier et de la portée de son éventuelle décision. Le temple américain du droit a largement été remanié par Donald Trump lorsqu’il était au pouvoir et dispose d’une solide majorité conservatrice. Mais la Cour a plus d’une fois pris des arrêts surprenants.

En attendant, rien n’empêche l’ancien président de faire campagne.

En parallèle, Donald Trump fait toutefois face à quatre inculpations: il est accusé d’avoir acheté le silence d’une actrice pornographique, d’avoir emporté de la Maison Blanche des documents confidentiels avec des secrets d’État, et d’avoir tenté d’inverser les résultats de l’élection de 2020. Au moins trois de ses procès sont censés débuter en 2024, avant la présidentielle de novembre.

Ni un passage par la case prison, ni un retour à la Maison Blanche, ne sont pour l’heure à exclure pour le républicain — une situation complètement hors normes sur laquelle il a capitalisé.

A chaque rebondissement de sa saga judiciaire tentaculaire, Donald Trump lève des sommes folles et grimpe dans les sondages, grâce à ses partisans, convaincus qu’il est victime d’une cabale politique.

Il n’a d’ailleurs pas attendu pour faire campagne sur la décision du Maine: la décision prise par une responsable de l’État, une démocrate, est “digne d’une dictature”, a accusé l’ancien président dans un e-mail d’appels aux dons.

cjc/pno