Elle partage son parcours et ce qui l’a conduit vers cet art qu’elle considère comme une voie de création infinie.

Solange Roy, une artiste autochtone francophone passionnée, a développé son amour pour la céramique il y a quelques années. Elle a été initiée à cet art par l’une de ses enseignantes, Roberta Decock, pendant ses études secondaires. Depuis ce moment, une véritable fusion s’est établie entre elle et ce matériau si délicat.

« C’est vraiment cette enseignante qui m’a transmis la passion pour la céramique, affirme-t-elle. J’ai travaillé la céramique avec elle pendant deux ans. Au début, je considérais cette pratique comme un passe-temps. Au fil du temps, j’ai commencé à envisager mon avenir en tant qu’entrepreneuse dans cet art. J’ai ensuite poursuivi mes études à l’Université du Manitoba et obtenu mon baccalauréat en beaux-arts en 2022. J’ai toujours eu un côté artistique, explorant la peinture et appréciant les projets créatifs. »

À la main

L’artiste modèle presque exclusivement ses créations à la main, façonnant la majorité de ses œuvres selon son imaginaire. « Je modèle la plupart de mes créations en utilisant de l’argile, puis j’emploie une variété d’outils pour ajouter de petits détails. J’utilise rarement un tour de potier », souligne-t-elle. D’ailleurs, elle tient également à faire la distinction entre la poterie et la céramique, deux pratiques distinctes utilisant des techniques de création et des températures de cuisson différentes.

Solange Roy souligne que la céramique reste une passion coûteuse. « Les matériaux de base sont assez chers, représentant un investissement important au départ », explique-t-elle. Parmi les éléments essentiels, le four est l’achat le plus onéreux pour un artiste spécialisé dans la céramique.

« Un four neuf de qualité coûtera entre 4 000 et 5 000 $, précise-t-elle. Je me suis procuré un four d’occasion pour 800 $, mais j’ai eu de la chance. Mon père connaissait quelqu’un qui en avait un usagé, et j’ai dû le réparer. Au total, après la réparation, cela m’a coûté un peu plus de 1 000 $. Le four reste tout de même une barrière importante pour ceux qui veulent s’essayer à la céramique chez eux. »

Patience et persévérance

Outre l’investissement financier, la céramique demande patience et persévérance. Solange Roy affirme que le processus d’apprentissage peut être frustrant. « Il faut comprendre que la céramique requiert un travail de patience. Au début, on commet des erreurs, qui peuvent survenir très rapidement. Malheureusement, ces erreurs sont presque irréversibles. Parfois, il est nécessaire de recommencer un projet qui a pu prendre plus de 15 à 20 heures, ce qui peut être difficile. J’ai appris cela au secondaire, et cela peut entraîner un sentiment de déception. Il y a beaucoup à apprendre en même temps. »

Dans son processus de création, l’artiste utilise des peintures, telles que l’émail ou des glaçures, pour donner vie à ses céramiques. « La glaçure est une peinture qui permet à la céramique de se vitrifier. Lors du passage au four, la glaçure et la céramique fusionnent pour devenir comme du verre. C’est ce qui permet à la céramique d’être utilisée pour les repas et d’être non absorbante à l’eau. C’est là toute l’importance du four. La température de cuisson doit être suffisamment élevée pour permettre cette fusion. Lorsque l’on parle de température de cuisson de la céramique, on se réfère au cône. »

Transmission

Solange Roy donne des cours de céramique à son tour pour transmettre son savoir et prend également des commandes. « Lorsque je prends des commandes, ma mission est d’apporter la vision du client à la vie. J’aime aussi enseigner au public et aux écoles, souhaitant partager ma passion pour la céramique. Je vends également mes créations sur mon site web et via mes réseaux sociaux. » (1)

Une de ses créations les plus originales que Solange Roy a réalisée a été la reproduction d’un camping-car familial en céramique. « C’était une commande spéciale d’une amie de mon père qui possédait ce camping-car, mais ne l’a plus maintenant. C’était un souvenir très précieux pour elle et sa famille. J’ai recréé ce camping-car en céramique, surnommé Shrek (rires). C’était amusant de le reproduire avec tous ses détails. C’était vraiment une commande unique que j’ai eu la chance de réaliser. »

(1) https://solangeroy.com/