Durant cette période, les visiteurs pourront découvrir des œuvres qui interrogent la relation entre l’édifice et l’histoire des terres autochtones.
Claire Normandeau, responsable des visites guidées à l’Assemblée législative, cherche depuis longtemps à concilier ses passions pour l’art, l’histoire autochtone du Manitoba et son travail au sein du gouvernement.
L’exposition Au cœur de cette terre lui en offre aujourd’hui l’occasion.
En tant que métisse de la Rivière-Rouge, Claire Normandeau savait exactement quelles voix et quels points de vue elle souhaitait mettre de l’avant.
Selon elle, la demande de représentation autochtone dans cet espace se faisait sentir depuis longtemps.
« C’était important pour moi de placer ces voix autochtones au centre, afin d’ouvrir les portes de façon plus évidente. L’exposition est aussi une réappropriation de l’espace, pour ceux et celles qui n’ont pas toujours été acceptés dans l’édifice. »
Dans un bâtiment ancré dans une histoire coloniale, les œuvres de l’exposition proposent un récit en dialogue avec le lieu.
Une sorte de réponse, une réaction et une réflexion sur la terre, au cœur du Canada.
Le jury de sélection, composé de collègues de l’Assemblée législative, s’est appuyé sur une grille d’évaluation afin de s’assurer que les œuvres correspondaient au thème qui a donné son nom à l’exposition.
Le jury a ensuite soumis une sélection, parmi les nombreuses œuvres reçues, à un conseil d’aînés représentant les sept régions, afin de garantir que des voix autochtones participent aux décisions entourant le résultat final.
Aucune nouvelle pièce n’a été commandée : ils voulaient plutôt mettre en vedette ce que les artistes autochtones de la région considéraient eux-mêmes être leurs meilleures œuvres et construire le récit à partir de là.
Par ailleurs, les œuvres qui ne répondaient pas aux critères ont inspiré au jury des pistes pour de futures expositions.
Claire Normandeau espère que les œuvres sélectionnées, réalisées dans des médiums variés par sept artistes, inviteront le public à réfléchir à la terre sur laquelle se dresse l’Assemblée législative ainsi qu’à son parcours.
« J’espère que les gens, en voyant l’art, méditeront sur la relation entre l’édifice, le bâtiment, l’institution et la terre qu’il occupe. Et puis qu’ils pourront aussi réfléchir à leur rôle et à leur position dans cet espace. »
Même si ce n’est pas une finalité, explique-t-elle, le processus de réconciliation avec les peuples autochtones progresse par les choix que chaque personne fait de s’y engager. Elle considère l’exposition comme l’une de ces étapes importantes.
« L’art est une façon d’entendre les voix et de voir les perspectives. Peut-être que l’exposition, et les voix qu’elle amplifie, motivera des invités qui n’ont pas encore pris cet engagement. »
Claire Normandeau précise que les œuvres doivent rester confidentielles jusqu’à l’inauguration.
Le public est invité à découvrir l’exposition ce 30 janvier à 19 h. Elle restera accessible jusqu’au 13 février. L’inauguration comprendra une réception et des musiciens autochtones traditionnels.

