Le MITT, une école d’enseignement technique secondaire, annonce avoir « vu ses inscriptions internationales chuter de plus de 55 %, rendant son modèle financier actuel insoutenable. »
L’établissement évoque la décision du gouvernement fédéral de réduire ses cibles d’admissions de nouveaux résidents temporaires, qu’ils soient travailleurs et étudiants.
« En conséquence, les établissements ont été confrontés à des chocs financiers et opérationnels qu’ils ne pouvaient raisonnablement prévoir ni absorber », souligne une communiqué du MITT.
Pour rappel, le gouvernement fédéral a entrepris de freiner la croissance de la population de résidents temporaires, qui était passée de 3,3 % de la population totale en 2018 à 7,5 % en 2024.
L’ambition est de réduire la proportion totale de résidents temporaires à moins de 5 % de la population canadienne d’ici la fin de 2027.
Le Plan des niveaux d’immigration prévoit pour les étudiants (résidents étrangers étudiant 6 mois ou plus dans un établissement d’enseignement désigné) l’admission de 155 000 étudiants en 2026, 150 000 en 2027 et en 2028.
Le MITT annonce par ailleurs que certains de ses programmes seront transférés au Red River College Polytech (RRC Polytech).
« La transition s’effectuera au cours de l’année prochaine, certains programmes et certaines fonctions se prolongeant au-delà de cette période sous la direction du RRC Polytech. Les étudiants continueront d’accéder à leurs programmes comme ils le font actuellement.
« Nous travaillerons en étroite collaboration avec la province et le RRC Polytech afin de garantir que les étudiants bénéficient d’un soutien et d’un plan clair et bien défini pour terminer leur programme, qu’ils suivent des études postsecondaires, secondaires, pour adultes ou d’anglais », précise l’établissement scolaire fondé en 1983 et qui a pris son nom actuel en 2014.
Le MITT, dont le siège social est situé dans le sud-ouest de Winnipeg au 130 Henlow Bay, offre des programmes de commerce appliqué, de technicien en graphisme et impression, de technologies de conception et de fabrication ou encore de services de santé et services sociaux.
Au début de l’année, Renée Cable, ministre provinciale de l’Éducation postsecondaire et de la Formation, avait déjà alerté sur la situation.
Le gouvernement du Manitoba soulignait que la décision du gouvernement fédéral avait entraîné une baisse du nombre d’étudiants étrangers au Manitoba, qui est passé de 18 591 en 2025 à 11 196 en 2026.
« Ces réductions rendent difficile la planification à long terme pour les établissements, qui dépendent d’un nombre stable d’étudiants pour offrir un enseignement de haute qualité. Le gouvernement fédéral a pris sa décision sans consultation et sans tenir compte des répercussions concrètes sur des provinces comme le Manitoba », signalait la ministre Renée Cable.
Scott Gillingham, maire de Winnipeg, a réagi à l’annonce de la fermeture du MITT. Il rappelle l’importance des étudiants étrangers dans toute la société.
« Nous subissons déjà les répercussions du plafond fédéral imposé aux étudiants étrangers. Moins d’étudiants signifie moins de personnes pour soutenir les entreprises locales, occuper des emplois à temps partiel et utiliser les services municipaux. C’est notamment le cas du réseau de transport en commun de Winnipeg, dont la fréquentation a été affectée par la baisse du nombre de nouveaux arrivants et d’étudiants dans la ville, qui sont traditionnellement de grands utilisateurs des transports en commun.
« C’est précisément pour cette raison que les gouvernements doivent travailler ensemble, avec des calendriers et des objectifs clairs, afin que Winnipeg puisse planifier sa croissance et maintenir la qualité de ses services », a-t-il commenté.
Selon son rapport annuel 2024-2025, le MITT compte 4 663 étudiants.


