Alors que le premier ministre Wab Kinew a annoncé son intention d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins
de 16 ans, des discussions sont en cours concernant la mise en œuvre de cette mesure au sein du système éducatif de la province.

Alain Laberge, directeur général de la DSFM, discute de son point de vue.

Près de deux ans après l’interdiction provinciale des téléphones cellulaires dans les écoles, et trois ans après la mise en œuvre de cette mesure dans l’ensemble des écoles de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), de nouveaux débats s’engagent sur les limites de l’utilisation des technologies.

« Le bannissement complet, ça va être très compliqué, dit Alain Laberge, directeur général de la DSFM.

« Si on parle de 16 ans et moins dans une école, qu’est-ce que je fais avec les élèves qui ont 17 ans? »

Il ajoute qu’en matière de mise en œuvre, commencer par les écoles pourrait ne pas suffire.

Même s’ils ne peuvent pas utiliser ces technologies en classe, les élèves peuvent tout de même utiliser des agents conversationnels générés par intelligence artificielle (IA) ou accéder aux réseaux sociaux chez eux et arriver à l’école anxieux ou fatigués à cause d’une utilisation excessive.

« C’est un problème de société, ce n’est pas un problème d’école. Et ce le sera tant et aussi longtemps qu’on ne travaille pas en communauté, en société, avec les parents, avec les élèves qui sont assez vieux pour comprendre. »

Il reconnaît toutefois que ces technologies peuvent causer plusieurs préjudices aux jeunes, et pas seulement en ce qui concerne leurs résultats scolaires.

Tant les agents d’IA que les réseaux sociaux ont le pouvoir de renforcer les croyances préexistantes des jeunes par le biais de la complaisance et des chambres d’écho, limitant la capacité des élèves à développer leur esprit critique et à mener des discussions constructives et éducatives.

L’IA en éducation

Bien que le premier ministre Wab Kinew ait déclaré que le gouvernement « collaborerait avec les divisions scolaires » et les enseignants en ce qui concerne l’utilisation des outils d’IA en classe, il affirme que le plus grand défi réside dans l’utilisation d’agents IA développés par de grandes entreprises technologiques comme OpenAI.

Le plus grand enjeu serait l’utilisation des données transmises par les élèves pour entraîner les modèles d’IA, ce qui soulève des préoccupations en matière de confidentialité.

« Si nous avons un enseignant hypothétique au Manitoba qui a développé une IA propriétaire fonctionnant sur un ordinateur local, d’accord », dit le premier ministre.

Mais d’un autre côté, Alain Laberge affirme que la DSFM estime que l’IA devrait être utilisée dans le secteur de l’éducation « parce que l’intelligence artificielle, elle est là pour rester ».

« Elle ne s’en ira pas. Ça, c’est certain. »

Initiative de journalisme local