250 000 $ seront donc investis par le gouvernement manitobain pour étudier la création d’une aire marine nationale de conservation (AMNC) dans l’ouest de la baie d’Hudson parallèlement aux activités touristiques et industrielles existantes dans le port.
Le gouvernement manitobain travaillera avec Parcs Canada et les nations autochtones, notamment les Inuits du Nunavut, ainsi qu’avec d’autres partenaires et parties prenantes dans le cadre de cette initiative.
« Il y a des Manitobains, des Canadiens, des gens du monde entier qui veulent être ici, qui veulent venir visiter, qui veulent voir toutes les choses incroyables qui se sont passées ici à Churchill. Donc, pour nous, en tant que gouvernement provincial, nous voulons nous assurer que la prochaine génération, et toutes les générations de Manitobains après celle-ci, soient aussi fières de cet endroit que nous le sommes aujourd’hui, et aient la même occasion de le célébrer », a lancé le premier ministre manitobain Wab Kinew au moment de cette annonce.
Oceans North, un organisme caritatif qui encourage la conservation scientifique et communautaire dans les régions arctiques et atlantiques du Canada, salue cette décision provinciale.
Pour soutenir cette orientation, l’organisme annonce investir 1 million $ au cours de la prochaine année dans des initiatives de recherche, de formation et d’éducation axées sur le milieu marin à Churchill et dans les environs, en mettant l’accent sur les avantages pratiques pour les résidents et les partenaires du Nord.
Processus en plusieurs étapes
La création d’une aire marine nationale de conservation suit généralement un processus en plusieurs étapes, comprenant une évaluation de faisabilité avant tout accord de création ou désignation légale.
Mike Moyes, ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de la Société pour l’efficacité énergétique au Manitoba, n’a d’ailleurs pas précisé de calendrier sur la réalisation de l’étude de faisabilité.
« Rien ne suggère qu’un calendrier précis doit être respecté ou que des décisions doivent être prises à une date précise », a-t-il dit, tout en rappelant le caractère coopératif de l’opération.
Oceans North souligne qu’une AMNC dans l’ouest de la baie d’Hudson contribuerait à protéger l’habitat de nombreuses espèces emblématiques, notamment les ours polaires, les baleines et les phoques.
Cela inclut les quelque 55 000 bélugas qui migrent chaque été vers la côte et les estuaires de l’ouest de la baie d’Hudson, soit plus d’un quart de la population mondiale.
Bien que les limites n’aient pas encore été déterminées, la protection de la zone utilisée par les bélugas couvrirait environ 50 000 à 60 000 kilomètres carrés, contribuant ainsi à hauteur d’environ 1 % à l’objectif du Canada de protéger 30 % de ses océans d’ici 2030, ajoute Oceans North.
Écologie et économie vont de pair
Par ailleurs, le gouvernement manitobain a rappelé l’importance du développement économique de cette région, avec notamment le développement de grand projet comme celui appelé Port de Churchill plus.
Pour le premier ministre de la province, concilier protection écologique et expansion économique n’a rien de paradoxal. Les deux peuvent être menés de front.
« Nous parlons beaucoup de diversification commerciale, de souveraineté dans l’Arctique, d’indépendance canadienne, et ce sont toutes des priorités vraiment très importantes.
« Mais nous avons également la responsabilité de veiller à ce que ce qui se fait ici depuis des millénaires se poursuive après notre passage sur Terre. Ainsi, alors que nous poursuivons nos priorités économiques et internationales pour faire du Manitoba une économie d’avenir extraordinaire, telle que nous pouvons tous l’imaginer, il s’agit également de veiller à ce que, lorsque nous faisons un pas dans cette direction, nous en fassions un autre dans la direction de l’environnement et que tout fonctionne ensemble », a-t-il expliqué.
À Churchill, le premier ministre et les ministres tiendront d’ailleurs une réunion publique avec le maire, Mike Spence, afin de faire le point sur le projet Port de Churchill plus et de répondre aux questions des résidents.

