Un rapport d’audit mené par le Commissaire à l’environnement et au développement durable, au nom de la vérificatrice générale du Canada, évalue l’efficacité de Ressources naturelles Canada, d’Environnement et Changement climatique Canada et de Sécurité publique Canada dans la gestion de la cartographie des inondations au pays.
L’audit révèle que ces ministères n’ont pas réussi à produire en temps opportun des cartes des zones inondables fiables et exploitables.
En date du 31 décembre 2025, sur 131 projets de cartographie en cours, seuls 11 (8 %) avaient été publiés dans l’Inventaire des cartes de zones inondables du Canada.
« Sans ces cartes, la sécurité publique et les infrastructures demeurent à risque », peut-on lire dans le rapport.
Moins de la moitié (49 %) des projets de cartographie financés couvraient les zones à plus haut risque initialement identifiées comme prioritaires dans une analyse de 2022.
La plupart des renseignements existants sur les aléas d’inondation ne sont pas considérés comme pratiques ou exploitables pour les utilisateurs.
« Sans renseignements à jour et facilement accessibles au public, la population canadienne est confrontée à des risques croissants pour la sécurité publique et à des coûts de rétablissement plus élevés en cas de sinistre », est-il écrit.
Pourtant, il s’agit d’enjeux de sécurité et financiers croissants, comme le rapporte le document publié aujourd’hui par le Bureau du vérificateur général du Canada
Environ 80 % des zones fortement peuplées au Canada se situent, au moins en partie, dans des zones inondables.
Les inondations sont l’aléa naturel le plus coûteux au pays. Entre 2016 et 2025, le gouvernement fédéral a dépensé en moyenne 230 millions $ par an en aide post-inondation.
Aussi, ressources naturelles Canada s’est engagé à cartographier 200 zones inondables à plus haut risque d’ici 2028. L’audit démontre que cet objectif est sérieusement compromis.
En effet, Ressources naturelles Canada n’est pas en voie de respecter ses engagements pour 2028 en raison d’un rythme de production trop lent et d’une définition floue des termes (comme la notion de “zone”). De plus, des fonds restent sous-utilisés : pour l’exercice 2025-2026, 16,1 millions $ d’affectations n’étaient toujours pas engagés à la fin du troisième trimestre.
« Des projections sur les changements climatiques et des cartes facilement accessibles sont nécessaires pour éclairer de façon fiable les décisions de planification à long terme, comme l’emplacement des habitations ou la création d’infrastructures », a indiqué le commissaire à l’environnement, Jerry DeMarco.
Le rapport d’audit formule plusieurs recommandations visant à corriger les lacunes.
Parmi elles, l’on peut citer la mise en œuvre un modèle de cartographie offrant une plus grande transparence sur les données et les hypothèses utilisées, tout en permettant des ajustements pour mieux refléter les réalités locales.
Il est aussi recommandé d’inclure les facteurs propres aux changements climatiques dans le portail de sensibilisation aux risques d’inondation, conformément aux meilleures pratiques scientifiques.
Enfin, il est demandé une plus grande collaboration avec les provinces et territoires pour que les cartes financées par le fédéral soient mises à la disposition du public en temps opportun.
Tous les ministères concernés ont accepté ces recommandations et se sont engagés à mettre en œuvre des plans d’action, incluant notamment le développement de modèles en « libre accès » (open-source) et des révisions annuelles de leurs méthodes.


