Commissaire élue à la Division scolaire franco-manitobaine (DCSFM) depuis maintenant 8 ans, Sylvie Schmitt a toujours eu de l’intérêt pour la politique.
« Je travaille aussi chez Air Canada, a-t-elle affirmé, et, dès mes débuts, j’ai été impliquée avec le syndicat. » Depuis 2021, elle représente près de 2 500 employés du secteur aérien en tant que coordonnatrice nationale en santé et sécurité.
Cependant, Sylvie Schmitt ne s’attendait pas à se présenter en politique. « Quand la piscine de Norwood a été enlevée, ça a été une grosse perte pour le secteur. J’ai donc été impliquée dans le mouvement de protestation avec d’autres résidents du quartier. J’ai réalisé qu’on a beaucoup perdu dans le quartier de Saint-Boniface, surtout dans les dix dernières années. C’est pour ça que j’ai voulu me présenter, car on a besoin d’un meilleur leadership au niveau de la ville. »
Si elle est élue, Sylvie Schmitt espère porter les préoccupations des résidents au conseil de ville. « Il y a du travail à faire en matière de sécurité. Il faut que les gens se sentent à nouveau en sécurité dans leur ville. Il y a aussi l’itinérance, il faut adresser cet enjeu là avec compassion en donnant les ressources pour réduire le nombre de sans-abri. »
Elle affirme également vouloir emmener de la fierté autour de la table. « Je vois comment on traite nos infrastructures, les lieux communautaires qui servaient autrefois de lieu de rassemblement et ça m’inquiète réellement. On doit recommencer à mettre en valeur les endroits où les gens peuvent se rassembler, des lieux sécuritaires pour se divertir et rencontrer des voisins. Depuis que j’ai perdu ma piscine à Norwood je vois mes voisins beaucoup moins qu’avant. »
Dans la même semaine, Robyn Vilde, un barman de 32 ans, a également annoncé son intention de se porter candidat.
Originaire de Toronto, il estime que ses quatre années à travailler dans le quartier lui ont permis de bien comprendre les enjeux du secteur. « On est dans une communauté en développement. Pourtant, on perd tranquillement tout ce qu’une communauté a besoin, explique-t-il. Il y a également une crise de consommation de drogues et une crise d’itinérance qui s’empire constamment. »
Sa volonté de se lancer en politique municipale vient donc d’un refus d’accepter le statu quo. « Je ne pouvais pas me contenter de regarder alors que je sais qu’on peut faire beaucoup mieux. On devrait profiter du développement que connaît notre communauté pour améliorer le sort des gens qui y vivent. »
Ce n’est pas la première expérience politique pour Robyn Vilde. En Ontario, il a été candidat aux élections provinciales de 2018 pour le Nouveau parti démocratique. Il a également dirigé deux campagnes lors des élections fédérales de 2019 et a occupé des rôles de représentant syndical. Il a cependant attendu avant de s’impliquer à Winnipeg. « Après m’être installé dans la ville, d’y avoir déployé mes racines et compris la communauté, je sens qu’après six ans je peux avoir un impact positif. »
Étant le seul des quatre candidats en lice incapable de s’exprimer en français, il ne pense pas que ce soit un désavantage. « Je reconnais que Saint-Boniface est un quartier historiquement francophone, a-t-il affirmé dans son entrevue en anglais à La Liberté, mais je n’ai jamais été doué en langues et je ne peux pas m’engager à apprendre le français. Je pense que ça ne m’empêche pas d’écouter la communauté, d’être son représentant et de travailler avec les groupes francophones. »
Selon Robyn Vilde, les résidents de Saint-Boniface veulent du changement avant tout, c’est ce qui a poussé de nombreux francophones à l’encourager. « Les gens veulent simplement voir leur quartier s’améliorer et arrêter le déclin que l’on voit depuis 12 ans. On a eu un conseiller municipal francophone pendant cette période-là. Donc je pense que les gens se posent la question : on a élu un conseiller francophone dans les dernières années et est-ce que ça a vraiment servi nos intérêts? Je pense que non », a affirmé Robyn Vilde.
Les élections municipales de Winnipeg auront lieu le 28 octobre 2026. Les candidats au poste de conseillers ont jusqu’au 22 septembre pour s’inscrire. D’ici là, d’autres personnes pourraient se joindre à la course qui a lieu pour le siège de Saint-Boniface.

