À travers le monde, les Canadiens et les Canadiennes sont souvent décrits comme des personnes amicales, polies et résilientes.

Mais, comme chaque société, les Canadiens et Canadiennes ne sont pas monolithiques, et cela apparaît particulièrement dans le cinquième ouvrage de Laïssa Armelle Pamou, intitulé Oh Canada! Immersion dans un pays en mutation.

Publié le 15 juin, ce livre rassemble plusieurs histoires que l’autrice a recueillies dans son voyage à travers le pays, au cours duquel elle a interviewé des centaines de personnes, tandis que bien d’autres ont contribué à façonner son expérience. Ces récits vont des histoires d’amour et de passion jusqu’à celles des défis du quotidien, et même des conversations concernant des sujets controversés dans notre histoire.

« Les gens que j’ai rencontrés m’ont permis d’apprendre, même sur mon travail de journaliste et d’animatrice que j’ai fait pendant près de 10 ans », confie l’autrice.

« C’est un ouvrage qui présente ce que le Canada a de plus grand et de plus beau, à savoir sa population. Et une population qui, malgré les défis d’un océan à l’autre, sans se connaître et sans toujours se comprendre, décide quand même de se tenir la main. »

Bien qu’elle se soit installée au Canada en 2014, Laïssa Armelle Pamou reconnaît qu’elle n’avait pas encore pris le temps d’apprécier pleinement ce pays. Étant arrivée à Winnipeg principalement pour faire ses études, elle explique que pour plusieurs immigrantes comme elle, l’accent est mis plutôt sur les possibilités de réussite offertes par le Canada que sur l’occasion de rencontrer de nouvelles cultures.

C’est en partie pour cette raison qu’elle a décidé, en 2023, de partir à la découverte du Canada, de rencontrer ses habitants et de découvrir leurs histoires.

« Étant une personne qui adore voyager et qui est passionnée du savoir dans toutes ses formes, le Manitoba m’avait déjà saisi de par son histoire et sa composition sociodémographique même avant mon arrivée : que ce soit l’histoire de la colonisation, les combats linguistiques pour la francophonie, ou même l’aspect plutôt de mutation qui se passait à l’époque, j’avais le goût d’apprendre davantage. »

L’idée était de présenter le Canada à travers ses citoyens : elle explique que la diversité – en termes de genre, d’origine ethnique, d’âge et d’opinions – était essentielle à cet objectif, afin de mettre en valeur les différences que l’on retrouve à travers le pays.

Ses efforts se sont également concentrés sur la diversité linguistique. À cet égard, elle précise que la communauté francophone s’est imposée comme un élément clé dans de nombreux endroits.

« Même sur le plan national, j’ai envie de dire que les nouvelles communautés enrichissent la diversité déjà présente ici en y apportant une nouvelle forme de diversité », explique-t-elle.

Des ententes partagées

De l’océan Pacifique à la côte atlantique, des Territoires du Nord-Ouest au cœur politique du Canada, à Ottawa, les personnes avec qui elle s’est entretenue ont partagé leur vision du Canada, qu’il s’agisse de récits portant sur des expériences personnelles ou sur des évolutions plus générales.

Certains thèmes sont revenus régulièrement, notamment la crise du logement et la santé mentale. Elle souligne que, bien que la société ait évolué ces dernières années pour mieux reconnaître ces défis, de nombreuses personnes avec lesquelles elle s’est entretenue ont tout de même mis en avant un certain nombre de problèmes non résolus.

Elle explique avoir abordé avec les jeunes des préoccupations d’ordre économique, telles que le sentiment qu’on leur avait promis un avenir radieux s’ils travaillaient et étudiaient simplement avec assiduité.

« J’ai rencontré des milliers de jeunes qui se demandaient si c’était vraiment encore possible », déplore-t-elle.

Bien qu’elle ait terminé sa recherche à Ottawa le 1er juillet, plusieurs conversations qu’elle a eues portaient sur des enjeux politiques. Ces discussions portaient notamment sur l’élection de Mark Carney, les enjeux auxquels le Canada faisait face en raison des politiques américaines, ainsi que le convoi de la liberté pendant la pandémie.

Et, quelle que soit son orientation politique, elle savait écouter. De plus, elle affirme avoir appris à mieux écouter grâce à ces discussions.

Des histoires de réussite

Il est toutefois important de souligner qu’elle ne s’est pas limitée aux enjeux auxquels la population est confrontée. Comme les personnes à qui elle s’adressait étaient très diverses, leurs conversations l’étaient tout autant – et ce, par rapport à leurs histoires d’amour, leurs victoires et les initiatives mises en place au sein de la communauté pour l’améliorer.

« J’ai rencontré des gens qui traversaient la mutation du monde et de notre pays, et qui voulaient croire que c’est possible de bâtir un pays qui soit l’image des aspirations de chacun et de chacune. »

Ce sentiment d’appartenance et d’accueil allait bien au-delà des histoires qui lui étaient racontées.

Elle raconte avoir vécu quelques moments où elle n’avait pas assez d’argent dans son budget. Dans ces cas, les personnes l’ont accueillie en lui offrant un logement et des repas, sans anticiper de remboursement.

Ces expériences lui ont permis de prendre conscience de la générosité des gens partout au Canada, et l’ont aidée à apprendre à accepter le soutien de différentes communautés.

Le plus grand patrimoine

Enfin, Laïssa Armelle Pamou souhaite souligner cette richesse d’expériences, cette générosité et l’importance de rester à l’écoute à travers son ouvrage – tous les éléments essentiels à un esprit de solidarité dans un Canada diversifié.

Elle conclut : « Le plus grand des patrimoines, c’est l’être humain. Les richesses, même en termes de ressources, je suis sortie de là avec davantage cette conviction. La plus grande richesse du Canada, c’est le monde qui fait le Canada.

« Si ça ouvre la voie à l’action, que ce soit au niveau politique, au niveau social ou au niveau humanitaire, j’ai fait ma part. C’est comme ça qu’on bâtit une société qui nous rend tous fiers. »

Oh Canada! Immersion dans un pays en mutation est offert sur le site Web des Éditions de la francophonie. Les lecteurs intéressés peuvent aussi le commander par courriel auprès de Laïssa Armelle Pamou : [email protected].