À travers son nouveau projet Qui lit grandit, Anne Gucciardi propose chaque mois une sélection d’ouvrages jeunesse destinée aux adultes qui accompagnent les jeunes lecteurs.

Son objectif : rendre la lecture plus accessible et rappeler qu’elle constitue un véritable levier d’émancipation.

Tout au long de sa carrière d’enseignante, Anne Gucciardi a fait de la lecture un rempart.

Aujourd’hui retraitée, elle œuvre depuis 15 ans comme médiatrice culturelle et conseillère pédagogique.

Par le biais de sa page Facebook Madame Anne Pédago, elle accompagne surtout les parents en offrant ses recommandations litté- raires.

Son nouveau projet, l’infolettre Qui lit grandit, va dans ce même sens.

« Je ne m’adresse pas aux jeunes, je m’adresse aux adultes. J’essaie de dire que pas n’importe quel livre va entre n’importe quelles mains. »

Sa mission est donc de présenter régulièrement des livres au potentiel pédagogique en donnant des trucs aux adultes pour faire lire les jeunes. Cet engagement vient avant tout d’une confiance réelle dans le pouvoir de la lecture.

« Un enfant qui aime lire, c’est un enfant qui a un pouvoir. Il ne le sait pas encore, mais c’est un pouvoir de décision, un pouvoir démocratique plus tard. Il ne s’en rend pas compte, mais il va avoir le choix, la possibilité d’aller loin. »

Madame Anne juge donc qu’il est important d’initier les jeunes au goût de la lecture, un travail important à faire en amont pour bâtir une société plus riche.

« Il y a énormément d’adultes qui ont de grandes difficultés de lecture. C’est épouvantable, renchérit-t-elle. Dans les usines, quand un employé veut améliorer sa situation, il faut qu’il soit capable de décoder sa convention collective. »

Cependant, le but de son infolettre n’est pas d’imposer la lecture par la contrainte, tout le contraire.

« J’étais un peu marginale comme enseignante, car je ne voulais pas qu’un livre devienne un cahier d’exercice. Moi, je suis pour la lecture autonome, pour que le jeune puisse s’amuser en lisant. »

Une infolettre accessible à tous

Dans le but de rendre son projet accessible, l’infolettre tient sur une page de format 11 x 17 et est totalement gratuite.

« Tous les mois, je vais y mettre une vingtaine de livres auxquels je crois. Des livres que j’ai utilisés dans ma carrière d’enseignante et qui sont susceptibles d’intéresser un peu plus les enfants à la lecture. »

Cependant, la solution n’est pas nécessairement d’acheter des nouveaux ouvrages. Madame Anne fait de l’accessibilité à la lecture une priorité, raison pour laquelle elle encourage davantage les emprunts à la bibliothèque et les échanges d’ouvrages.

Il faut également sortir du paradigme qui souhaite limiter la lecture aux gros romans de plusieurs centaines de pages.

« La vérité, c’est que les jeunes lisent plus qu’avant. C’est juste que, souvent, ils ne lisent pas ce que l’on aimerait qu’ils lisent. Ce n’est pas parce qu’il ne lit pas des gros livres, qu’il n’est pas un lecteur. Lire des mangas ou des bandes dessinées, ça aussi c’est correct. Il faut bien commencer quelque part. »

Un rayonnement dans la francophonie canadienne

Depuis qu’elle œuvre sur les réseaux sociaux, Anne Gucciardi est suivie partout au Canada. Elle travaille donc de près avec des librairies pour rester à l’affût des nouveautés dans le monde littéraire.

« Il y a plusieurs librairies francophones hors Québec avec lesquelles je travaille. Au Manitoba, j’envoie mon Qui lit grandit à la librairie À la page et j’invite à aller les voir. »

En s’adressant aux communautés francophones au Canada, Madame Anne espère pallier à un manque qu’elle constate depuis plusieurs années.

« Comme médiatrice culturelle, j’ai pu voir qu’il y a très peu d’éditeurs de livres jeunesse en dehors du Québec qui publient en français. En littérature adulte, ça va, mais il y en a très peu pour les enfants. Donc je propose des livres accessibles pour les plateformes d’achats, que ce soit les librairies ou les bibliothèques. »

Pourtant, à travers ses plateformes, Anne Gucciardi voit bien qu’il y a un intérêt au sein des communautés francophones.

« Dans mon infolettre, j’ai des bibliothécaires, des conseillers pédagogiques, des directions de différentes écoles de plusieurs régions à l’extérieur du Québec. Donc il y a une volonté du milieu communautaire. »

Le personnage de Madame Anne collabore également avec des radios francophones dont Envol 91, où on peut entendre ses recommandations pour les différents groupes d’âge.