L’immigration francophone joue un rôle grandissant dans la vitalité de Saint-Pierre-Jolys.
À la Boulangerie Saint-Pierre, des employés venus de plusieurs pays contribuent à la croissance de l’entreprise tout en s’intégrant à la vie du village.
Une diversité que l’entreprise souhaite célébrer avec une nouvelle murale.
La Boulangerie Saint-Pierre, à Saint-Pierre-Jolys, connaît une importante expansion depuis quelques années.
Pour Jocelyn Gagné, propriétaire de l’entreprise familiale, cette croissance repose largement sur le travail de ses employés, dont plusieurs sont des immigrants francophones.
C’est pour souligner leur contribution que la boulangerie, en collaboration avec l’artiste franco-manitobain Gérald Laroche, a entrepris la création d’une murale qui ornera bientôt sa façade.
Jocelyn Gagné, qui travaille dans l’entreprise depuis l’âge de 13 ans, alors que ses parents étaient propriétaires, constate bien que la société a changé à travers les années.
« On est rendu dans près de 150 magasins, on a grandi pas mal vite dans la dernière année. On a beaucoup plus d’employés que dans le temps de mes parents. »
Avec une telle croissance, le besoin d’engager davantage de main-d’œuvre est venu naturellement.
Un Folklorama à l’année longue
Grâce à un partenariat avec le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM), la Boulangerie Saint-Pierre s’appuie depuis quelques années sur l’immigration francophone, créant un milieu de travail fortement diversifié.
« Il y a vraiment des gens de partout, qui amènent toutes sortes de cultures, mais ils ont vrai- ment beaucoup de plaisir ensemble. C’est de toute beauté », affirme Stéphane Tétreault, directeur général de la Boulangerie Saint-Pierre.
Cette réalité entraîne des échanges culturels fréquents.
« J’ai eu le plaisir de goûter différents mets de différentes cultures », rigole-t-il.
« On a beaucoup de pavillons du Folklorama dans la boulangerie! », s’exclame-t-il, se référant au festival qui se déroulait à Winnipeg au moment de cette entrevue.
L’apport des immigrants est un atout important pour la francophonie du village.
« 80 % du travail se fait en français, si ce n’est pas plus. Même ceux qui ne sont pas francophones veulent faire un effort pour s’intégrer. On a des employés qui viennent de l’Inde qui ont pris des cours pour apprendre le français ».
Pour Stéphane Tétreault, cette contribution dépasse largement les murs de la boulangerie.
« Ça finit par être bénéfique pour le village. C’est ce qui stimule notre économie, leurs enfants vont dans nos écoles francophones. C’est notre communauté qui en sort grandit. »
La clé de l’intégration, selon le directeur général qui est aussi responsable des ressources humaines, c’est l’accompagnement qu’offre l’entreprise.
« Ce n’est pas juste une job qu’on leur offre. On les accueille, on les aide à chercher un appartement, on s’assure qu’ils sont bien installés dans le village. »
Venir pour un travail, trouver une communauté
C’est grâce à cela qu’ils finissent par trouver un ancrage important au sein de la communauté rurale, selon Stéphane Tétreault.
« Plusieurs d’entre eux sont maintenant impliqués dans l’église, participent à la vie scolaire de leurs enfants qui vont dans des écoles francophones. On a quelques employés bénévoles lors de l’évènement Folies grenouilles. »
Jocelyn Gagné est bien conscient que ses employés sont la pierre angulaire du succès de l’entreprise familiale.
C’est pour cela qu’il accorde une importance capitale à leur bien-être et à leur épanouissement.
« Si l’entreprise a connu un tel succès à travers les années, c’est grâce à nos employés. C’est eux qui mènent le phare, ils me permettent de dormir tranquille lorsque je ne suis pas là. Avoir des employés fiables et fiers du travail à accomplir, ça fait toute la différence. »
Il mise donc sur la vie en entreprise, s’efforçant de créer des liens humains avec son personnel.
« On organise souvent des activités en dehors du travail. On a fait un barbecue il y a quelques jours, on va organiser une sortie à Winnipeg pour visiter le Folklorama. Ils ont organisé sans qu’on le sache une partie de volleyball. Tout le personnel était sur le terrain et on s’amusait ensemble. C’est ça qui crée un sentiment d’unité. »
Une murale qui reflète la réalité d’un village
C’est ce sentiment d’appartenance qui a mené au projet de murale pour décorer le bâtiment de l’entreprise.
« Le but, c’était vraiment d’en faire un projet collectif, tout le monde a participé. Que ce soit avec un trait, ou en proposant des idées. Même moi, j’ai dessiné un petit bout », a déclaré Jocelyn Gagné.
Rendu possible par l’initiative Culture d’entreprise de la Fédération culturelle canadienne française, le projet donnera un tout nouveau visage à la boulangerie.
« On a rénové pour agrandir il y a quelques années, donc on s’est retrouvés avec un mur blanc qui nous donne l’espace nécessaire pour faire quelque chose d’intéressant. »
De plus, la murale fera également écho à l’identité de Saint-Pierre-Jolys.
« Il y aura plusieurs références à ce que l’on voit dans le village. On installera également une fiche explicative qui permettra de faire de la pédagogie sur ce qui est représenté, sur l’histoire du village et de ces symboles. On y a dessiné une grenouille, par exemple, en clin-d’œil au festival de cette fin de semaine », explique Jocelyn Gagné.
« Ce qu’il y a de beau aussi, c’est que c’est une œuvre pour célébrer nos différences, celles de nos employés, mais qui en dit également beaucoup sur nos ressemblances. Au final, on habite tous à Saint-Pierre et c’est nous tous qui formons une communauté. »
La murale de la Boulangerie Saint-Pierre est présentement en cours de finalisation et sera dévoilée au public cet automne, au grand plaisir des employés qui font rouler cette entreprise.