– Tensions persistantes –

Washington a justifié ces droits de douane par les représailles prises par Ottawa en réponse à la précédente série de surtaxes imposée par les Etats-Unis.

Selon la Maison Blanche, le Canada était l’un des deux seuls pays avec la Chine à avoir riposté aux efforts américains pour “rééquilibrer (leur) balance commerciale”.

Elle a également dénoncé le boycott, mis en place par la plupart des provinces canadiennes, contre les alcools américains en réaction aux menaces de Donald Trump et à ses appels répétés à faire du Canada le “51e Etat” américain.

Lors de l’annonce de ces droits de douane, fin juillet, le Premier ministre canadien, Mark Carney avait d’ailleurs dénoncé une “violation directe” de l’ACEUM, assurant que le Canada avait “pris des mesures équivalentes”.

Dans les faits, le Canada espère parvenir à un accord avec les Etats-Unis, les deux pays poursuivant les négociations sur les conditions de l’accord actuel de libre-échange.

Le président américain Donald Trump critique l’ACEUM, qu’il a pourtant négocié lors de son premier mandat pour remplacer l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

L’ACEUM prévoyait une clause de revoyure cette année, les trois pays (Canada, Etats-Unis, Mexique) devant donner leur accord pour son renouvellement pour 16 ans.

Face au refus de Washington, l’accord est prolongé d’année en année pour dix ans, avant de devenir caduc, à moins qu’un des trois pays ne décide de s’en retirer unilatéralement avant.

– Négociations difficiles –

Le Canada, les Etats-Unis et le Mexique sont entrés dans une phase de négociations ardues, alors que les relations diplomatiques entre les trois pays se sont tendues depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche.

Une équipe canadienne était d’ailleurs à Washington mardi, selon la presse américaine, dans l’espoir de parvenir à un accord de dernière minute qui permettrait d’éviter ce nouveau tour de vis tarifaire.

M. Carney leur a donné comme instruction d’offrir des concessions ciblées afin d’empêcher ces nouvelles surtaxes mais également d’en réduire d’autres déjà en place.

Signe des tensions politiques persistantes entre les deux pays, une pétition présentée au Parlement canadien demande la destitution de l’ambassadeur américain à Ottawa, Pete Hoekstra, et avait recueilli lundi plus de 200 000 signatures.

Le Canada et le Mexique sont parmi les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, mais ont également été les premières cibles de la guerre commerciale lancée par Donald Trump depuis janvier 2025.

Ces droits de douane avaient toutefois été annulés fin février par la Cour suprême américaine.

Selon les données de Mexico et Ottawa, plus de 80 % des produits mexicains et canadiens exportés vers la première économie mondiale le sont dans le cadre de l’ACEUM, ce qui les protège – jusqu’à présent – des droits de douane.

els/vmt