Il y a cinq ans, Emily Butcher a fondé le restaurant Nola à Saint-Boniface.
Aujourd’hui, son travail est reconnu et récompensé tant à l’échelle locale que nationale, alors que le restaurant s’apprête à fêter son cinquième anniversaire dans le quartier.
Niché au cœur de Saint-Boniface, un restaurant très apprécié du quartier s’apprête à franchir une étape importante.
Depuis cinq ans, Nola propose une carte inspirée des saveurs asiatiques et canadiennes, que le restaurant décrit comme une fusion « Pacifique-Prairie ».
Des gnocchis aux champignons maitake fumés aux coquilles Saint-Jacques poêlées accompagnées de lo bak go, en passant par le poulet frit à la japonaise, les plats sont aussi appétissants qu’originaux.
Ces plats sont le fruit de l’imagination d’Emily Butcher, qui a fondé le restaurant en 2021.
Arrivée à Winnipeg en provenance de la Colombie-Britannique en 2015, elle explique que son approche maximaliste de la cuisine découle d’un désir de puiser dans ses propres expériences de jeunesse et dans son héritage chinois, tout en utilisant des ingrédients provenant du Manitoba.
« Mon style est en fait assez éclectique », dit-elle.
« J’adore les plats qui surprennent, qui sont intéressants et qui stimulent les papilles ; je suis donc naturellement attirée par les plats aux saveurs et aux textures complexes. »
Une passion qui mijote depuis l’enfance
Bien qu’elle n’ait pas commencé sa carrière dans le monde de la gastronomie, il semble qu’elle était destinée à s’y lancer plus tard.
Sa passion pour la cuisine s’est nourrie pendant son enfance, à une époque où les réunions de famille tournaient souvent autour du partage des repas.
Elle souligne surtout le rôle joué par ses grands-mères, qui travaillaient toutes deux à temps partiel dans la restauration, dans le développement de son goût pour la cuisine.
La cheffe évoque également l’influence qu’a eue le fait de grandir dans la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique, sur sa connaissance de divers ingrédients, allant des légumes du jardin typiques de la région au saumon pêché lors de sorties avec son père.
C’est pendant ses études en musique classique qu’elle a postulé pour un emploi d’été dans un gastropub local.
Forte de ses compétences et de ses expériences, elle a réussi non seulement à obtenir le poste, mais aussi à développer une nouvelle passion pour la cuisine.
« Je suis vraiment tombée sous le charme de l’ambiance, du travail d’équipe et de la montée d’adrénaline liée au service. C’était une période géniale, car ils essayaient de tout faire maison : cuire le pain, préparer les sauces, tout ça », raconte-t-elle.
« C’est à ce moment-là que j’ai réalisé à quel point j’aimais cuisiner à partir d’ingrédients bruts. »
Grâce à cette découverte, elle a enfin pris la décision de faire ses études culinaires au Vancouver Community College, qu’elle a terminées en 2012.
Peu de temps après, un collègue l’a dirigée vers Winnipeg pour travailler avec le chef Mandel Hitzer, du restaurant Deer + Almond.
Elle se dit « impressionnée » par la manière dont il a redéfini l’expérience de la gastronomie, qualifiant son approche de plus créative et pleine d’âme.
C’est une approche qui l’a marquée dans son propre parcours et qui l’a menée à participer à plusieurs concours culinaires au cours de ses cinq premières années à Winnipeg.
« C’est assez drôle. On passe tellement de temps à développer toutes ces compétences, et on crée sous l’égide de quelqu’un d’autre pendant si longtemps. Et on finit par arriver à un moment où on se dit : C’est moi qui suis censé être le chef. »
Les ingrédients communautaires de la réussite
En 2020, elle a discuté avec Mike Del Buono, qui est propriétaire et gérant de King + Bannatyne, de l’ouverture de son propre restaurant proposant un service complet.
Elle considère comme un heureux hasard le fait qu’ils étaient justement à la recherche d’emplacements pour cette nouvelle activité lorsque l’option idéale s’est présentée : un bâtiment situé au coin des rues Marion et Taché, doté de grandes baies vitrées et niché au cœur de plusieurs entreprises phares du quartier.
« Beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi je n’étais pas retournée à Vancouver, mais j’adore Winnipeg. J’apprécie beaucoup que les gens s’investissent vraiment pour soutenir les commerces locaux et communautaires, et qu’ils souhaitent sincèrement les voir prospérer », partage la cheffe.
Le restaurant soutient ce sentiment communautaire en travaillant désormais avec plusieurs autres commerces du quartier, notamment Spice World, juste en face, Shop-Kado pour les fleurs et Le Croissant pour les petits pains.
« C’est vraiment agréable de bénéficier de ce soutien communautaire autour de nous. »
Une reconnaissance qui porte ses fruits
Cette reconnaissance ne vient pas seulement du quartier. Au cours des deux dernières années, le restaurant a figuré sur la liste des 100 meilleurs restaurants au Canada, se classant 86e en 2025 et 88e en 2026.
Tel qu’annoncé le 13 août, Emily Butcher a elle-même reçu le Culinary Award of Excellence de Restaurants Canada.
Elle était surprise de cette reconnaissance, bien que les lauréats soient nommés pour le prix par des collègues et non par l’association elle-même.
« Je suis extrêmement honorée de recevoir cette reconnaissance et de savoir que ce sont des professionnels de la restauration qui remarquent et apprécient ce travail. Cela me confirme que nous sommes sur la bonne voie, que nous faisons quelque chose de bien.
« Je n’ai pas toujours suivi les codes de ce qu’un chef est censé être ou de ce que les restaurants sont censés faire. J’ai toujours un peu suivi ma propre voie, j’ai toujours été un peu excentrique et déjantée. Je suppose que ça porte ses fruits », conclut-elle.
La célébration de son cinquième anniversaire ne sera pas particulièrement élaborée.
Elle confie plutôt que quelques plats proposés durant la première année d’ouverture du restaurant seront de nouveau offerts pendant un certain temps, en guise de reconnaissance de cette étape importante.
