Par Elyette LEVY – collaboration spéciale

L’Université de Saint-Boniface (USB) a proposé la rentrée dernière un nouveau mode d’enseignement aux étudiants inscrits au Certificat d’aide en soins de santé : un apprentissage comodal où les étudiants en présentiel partagent une classe avec des étudiants suivant les cours à distance dans une communauté éloignée ou rurale.

Ce programme vient s’ajouter à l’offre de formation et de stages en milieu rural de l’École des sciences infirmières et des études de la santé de l’USB.

À la veille de la prochaine rentrée universitaire, La Liberté fait le bilan avec les parties prenantes.

Créée pour inciter les étudiants à effectuer des stages dans des communautés éloignées, l’Université de Saint-Boniface (USB) a commencé à proposer un nouveau mode d’apprentissage aux étudiants en soins infirmiers.

Sur les sept étudiants inscrits au Certificat, l’une d’entre eux a choisi de suivre ses études selon le nouveau format comodal.

« On a eu une étudiante de Saint-Lazare qui est restée dans sa communauté, et puis elle a rejoint son équipe ici par distance, dit Daniel Gagné, professeur de sciences infirmières à l’USB.

« C’était vraiment une bonne opportunité d’être dans une petite communauté rurale, dit l’étudiante, Kaylynne Bachmann.

Même si l’enseignante de la cohorte, Lianne Bjornson, s’est efforcée de favoriser l’inclusion au sein de la classe et a privilégié les activités interactives pour assurer une intégration harmonieuse, Kaylynne Bachmann explique qu’elle s’est sentie un peu isolée et que la communication avec le reste de la classe était parfois difficile.

« C’était un peu compliqué parce que si tu avais besoin d’aide avec quelque chose, tu ne pouvais pas juste aller demander, tu devais envoyer un courriel ou appeler. C’était un peu plus dur à communiquer pour les classes. »

Cela dit, elle se dit « très contente d’avoir eu cette opportunité », précisant qu’elle a apprécié le travail et le fait de pouvoir passer plus de temps dans la nature.

Elle ajoute qu’elle a toujours voulu travailler dans le secteur de la santé et qu’en milieu rural, elle a trouvé qu’il était plus facile de trouver des opportunités d’emploi.

En d’autres mots, elle recommanderait le programme. Ce programme n’est qu’une des multiples façons dont l’USB poursuit ses efforts en formation au rural.

Son programme de stages en soins infirmiers, qui existe depuis plusieurs années, a récemment doublé la proportion d’étudiants qui acquièrent une expérience clinique en milieu rural.

Au cours de l’année scolaire 2024-2025, un étudiant sur huit ayant effectué un stage l’avait fait au rural. L’année suivante, ce nombre avait doublé, représentant un stagiaire sur quatre.

« On n’a jamais de problèmes à combler des places, explique Daniel Gagné. Les étudiants sont très intéressés à faire des expériences au rural, comme on l’a fait à Churchill et Thompson. »

Il ajoute que les étudiants ont tendance à apprendre différemment en milieu rural, car ils sont confrontés à un système de santé qui n’offre pas nécessairement la même accessibilité ni la même rapidité de service que dans les centres urbains.

Non seulement les étudiants vivent une expérience différente, mais ces stages leur permettent aussi de créer des liens avec la communauté, ce qui facilite le recrutement.

Cela contribue également à améliorer l’accès des communautés à des services de santé bilingues, d’autant plus que la pénurie d’infirmières en milieu rural demeure un enjeu courant.

« Les communautés rurales, quand on travaille avec elles, sont très contentes d’avoir des étudiants qui viennent, soit en santé communautaire ou en milieu clinique. Les communautés les accueillent à bras ouverts, ils vont les héberger pour les stages. C’est très positif. »

Daniel Gagné attribue une partie du succès continu de ces programmes aux récents financements supplémentaires accordés par le Consortium national de formation en santé (CNFS), qui ont notamment permis de soutenir les étudiants en rendant les stages plus accessibles.

« Pour Churchill, cette année, parce qu’on a eu du financement du CNFS, l’USB a pu couvrir les frais de déplacement pour l’étudiant. On essaie de minimiser les barrières et les dépenses pour l’étudiant, surtout dans le nord du Manitoba, où on sait que le coût de la vie est beaucoup plus élevé. »

Initiative de journalisme local