Le candidat affirme avoir tiré des leçons de ses expériences passées et veut désormais convaincre les électeurs avec une campagne axée sur la sécurité, le sport et une gestion plus efficace de la Ville.
Candidat pour une troisième élection consécutive, Don Woodstock sera de nouveau dans la course pour remporter l’Hôtel de Ville de la capitale manitobaine.
Auparavant chauffeur d’autobus, aujourd’hui homme d’affaires, journaliste et auteur, il possède une longue feuille de route en implication dans sa communauté.
Fondateur d’une firme de services de sécurité, Don Woodstock veut faire de la sécurité un enjeu phare dans sa campagne et ramener une Ville au service des gens.
« Il y a un manque de services dans la ville. Beaucoup de personnes ne semblent pas comprendre que la Ville est supposée travailler pour eux. »
Plus de sports, moins de crimes
La priorité numéro un de Don Woodstock? Investir dans le sport pour les jeunes.
« C’est ça le thème central de ma campagne. C’est en investissant dans la jeunesse qu’on va la garder loin de la criminalité. »
Pour financer cette priorité sans augmenter les taxes, Don Woodstock envisage notamment de solliciter des entreprises privées afin qu’elles commanditent des programmes sportifs pour les jeunes.
Il ne fixe toutefois pas de montant d’investissement ni de cible précise de réduction de la criminalité, affirmant plutôt vouloir que Winnipeg ne figure plus parmi les villes les plus touchées par la criminalité d’ici trois ou quatre ans.
Il veut s’attaquer à l’enjeu de l’itinérance, qui coûte beaucoup trop cher à la ville selon lui.
« Les études effectuées par mon équipe révèlent que l’on dépense 125 millions $ annuellement pour encadrer cet enjeu. Si on fournit une maison à ces gens et des services pour les sortir de la rue, ça aurait un coût net nul pour la ville. »
Selon lui, ces coûts comprennent notamment les interventions des services d’incendie, de police et d’ambulanciers.
Il propose donc de loger et de trier les personnes en situation d’itinérance afin que les besoins relevant des gouvernements provincial et fédéral soient ensuite pris en charge par ceux-ci, sans que la Ville n’ait besoin de couvrir les frais.
Bien qu’il ne soit pas francophone, les enfants de Don Woodstock parlent couramment français, ayant fréquenté l’école Précieux-Sang.
C’est cette réalité qui lui permet d’affirmer qu’il y a encore du travail à faire pour protéger la communauté francophone de Winnipeg.
« Je reconnais que des efforts ont été déployés par le passé, mais il y a encore un besoin de continuer de bâtir des liens avec la communauté francophone. Même si bien des enjeux linguistiques relèvent du provincial, je crois que c’est important de s’affirmer pour obtenir des résultats. »
Il s’engage également à faire des efforts pour apprendre le français s’il est élu et affirme qu’une politique visant spécifiquement la communauté francophone sera dévoilée prochainement.
Une campagne axée sur des résultats
S’il est le choix des citoyens, il veut établir une relation de confiance avec eux, une mentalité qui l’a longtemps accompagné dans le milieu des affaires.
« Je veux parler aux gens. Chaque dernier vendredi du mois, je serai disponible de 10 heures le matin à 10 heures le soir pour rencontrer les citoyens. Ça n’a jamais été fait auparavant. »
Il se définit comme un homme d’action, militant depuis plusieurs années et ayant été capable d’avoir un impact dans la ville.
« Je ne suis pas étranger au changement. J’ai milité pour la construction d’une garderie par la province en 2003, pour les sacs réutilisables dans les épiceries et les bacs de recyclage bleus, tout ça parce que je croyais en l’environnement », relate-t-il.
« Si j’ai fait tout cela sans être élu, alors croyez-moi lorsque je dis que je vais réduire les crimes grâce au sport. Je sais comment obtenir des résultats. »
Cependant, Don Woodstock affirme qu’il prend au sérieux l’intelligence des gens.
C’est pour cela, explique-t-il que son plan pour chacune de ses promesses est détaillé sur le site web de sa campagne.
« Pour le transport, par exemple, je suis un ancien chauffeur d’autobus donc je connais ces enjeux mieux que quiconque, un plan détaillé de ce que l’on propose est disponible sur mon site. On a une équipe en place qui m’aide à planifier une transition adéquate, toute l’information est en ligne. Je voulais donner aux gens l’opportunité de lire ce que je propose et de revenir vers moi. »
Tirer des leçons du passé
Don Woodstock n’est pas à sa première campagne.
Il a récolté de maigres résultats lors de ses dernières courses, amassant 2,21 % des suffrages en 2018 et 0,97 % en 2022.
Le candidat juge cependant qu’il n’a jamais été aussi bien préparé. Il explique notamment que sa campagne de 2022 avait été marquée par le décès de sa mère, puis par une poursuite qui lui aurait coûté 8 000 $ et un mois de campagne.
Cette fois, il dit avoir prévu davantage de ressources en amont, des avocats, une équipe de campagne et une plateforme détaillée.
« Je suis sur le terrain parce que j’ai appris des leçons importantes de mes dernières campagnes, et je me présente avec beaucoup plus d’expérience. Je suis également mieux entouré. J’ai toute une équipe derrière moi, ce que je n’avais pas auparavant. »
Sa campagne de 2022 a également été entachée par une controverse entourant certains de ses propos sur les Autochtones.
Lors d’un forum sur la sécurité des femmes, il avait affirmé que les hommes autochtones devaient prendre part à la résolution du problème de la violence envers les femmes autochtones, des propos dénoncés comme racistes et stéréotypés par plusieurs dirigeants autochtones et candidats à la mairie.
Don Woodstock s’était par la suite excusé pour la façon dont il avait formulé ses propos, affirmant qu’ils avaient été mal interprétés.
L’aspirant maire admet avoir commis une erreur et affirme aujourd’hui avoir tiré des leçons de cet épisode.
« Je travaille de près avec plusieurs Autochtones, ce sont mes frères et sœurs. La population autochtone est une partie importante de Winnipeg », a-t-il déclaré.
« Chaque personne apprend tous les jours, et j’ai retenu que je dois faire davantage attention à mes déclarations et clarifier mes idées. »
Lors de ses précédentes campagnes, le candidat avait également fait parler de lui en accusant le Conseil municipal de corruption.
Quatre ans plus tard, Don Woodstock maintient ses accusations.
Il cite notamment la gestion des matériaux issus des travaux routiers, estimant que la Ville pourrait récupérer et réutiliser les agrégats plutôt que de les céder gratuitement.
Selon lui, cette approche pourrait permettre d’économiser entre 60 et 70 millions $ par année.

