Le gouvernement canadien a annoncé mercredi sa décision de ne pas élargir l’aide médicale à mourir aux personnes dont la seule pathologie est un trouble de santé mentale, une mesure controversée qui devait entrer en vigueur en mars 2027 après deux reports.
“Je tiens à vous informer que le gouvernement présentera cet automne un projet de loi qui maintiendra cette exclusion pour une durée indéterminée”, a expliqué le ministre de la Justice Sean Fraser, dans un point de presse au Parlement.
La décision du gouvernement de Mark Carney suit la recommandation en juin dernier d’un comité parlementaire sur la question et clôt un débat polarisé.
“Bien qu’il n’existe pas de consensus parfait sur cette question, nous estimons que c’est la bonne approche dans ce contexte particulier”, a précisé le ministre.
Il a par ailleurs annoncé que le projet de loi permettra aux personnes atteintes d’une maladie pouvant les rendre inaptes de formuler à l’avance une demande d’aide médicale à mourir.
Cette possibilité, déjà en vigueur au Québec depuis 2024, vise notamment les patients souffrant de maladies neurodégénératives comme Alzheimer. Ils pourront demander l’euthanasie tant qu’ils sont en mesure de donner leur accord, puis en bénéficier ultérieurement lorsque leur état de santé se dégrade.
L’aide médicale à mourir pour les personnes en fin de vie a été légalisée en juin 2016 au Canada, puis élargie aux personnes atteintes d’une maladie grave et incurable, même lorsque la mort n’est pas imminente, en 2021.
La majorité des Canadiens soutiennent le droit à l’aide médicale à mourir, mais des organismes dénoncent sa normalisation et réclament un encadrement plus strict.
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