Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a publié son rapport ce 21 octobre pour expliquer ce qu’il s’est passé lors de cet accident.

Cette collision fatale en vol, survenue le 8 juillet 2025 à l’aérodrome de Steinbach (Sud) au Manitoba, a impliqué deux aéronefs d’entraînement de type Cessna (le 172R et le 152) exploités par Harv’s Air Service Ltd., qui effectuaient des vols en solo dans le même circuit non contrôlé.

Lors du vol, la fumée de feux de forêt réduisait la visibilité à cinq milles terrestres. Les pilotes faisaient aussi face au soleil durant l’étape de base.

« Bien que la visibilité ait été réduite par la fumée lors des vols de l’événement à l’étude, les conditions météorologiques étaient propices aux vols VFR (1) », indique le rapport du BST.

Six mois plus tôt, deux avions de l’entreprise avaient déjà frôlé la collision en finale. Une procédure imposait depuis d’annoncer à la radio sa distance par rapport au seuil de piste. Toutefois, aucun des deux pilotes impliqués n’a mentionné cette distance dans ses appels radio.

Il s’agit de la 13e collision en vol étudiée par le BST depuis 2011. L’organisme souligne les limites du principe « voir et éviter » pour le vol à vue.

« Cet évènement met en évidence les limites liées au principe voir et éviter et la raison pour laquelle il est important que les pilotes écoutent activement les appels radio des autres aéronefs afin de maintenir leur conscience situationnelle », écrit le BST.

Selon le rapport, « se fier uniquement à la détection visuelle augmente le risque de collision ». En trajectoire convergente, un avion « apparaît habituellement comme un objet stationnaire » sur le pare-brise.

« Du point de vue de chaque pilote, l’aéronef qui converge devient plus gros, tout en restant fixe à un point particulier du pare-brise », peut-on lire dans le rapport. 

De plus, aucun des deux appareils ne possédait de système anticollision ni de récepteur ADS-B. Sans ces systèmes, « le risque de collisions en vol ne sera pas considérablement réduit ».

Depuis l’accident, Harv’s Air Service Ltd. limite son circuit à trois aéronefs simultanément. L’entreprise impose aussi d’allumer tous les feux en vol et équipe sa flotte de systèmes ADS-B.

(1) Visual Flight Rules ou vol à vue.