Les musiciens Luc Wrigley et Justin Dandeneau reconnaissent tous deux qu’ils n’auraient jamais imaginé se produire un jour devant un public d’une telle envergure.

Pourtant, le 25 octobre, ils fouleront la plus grande scène de leur carrière.

Les Barn Boys feront partie des groupes invités lors du match de la Classique Héritage de la Ligue nationale de hockey (LNH), qui opposera cette année les Jets de Winnipeg aux Canadiens de Montréal.

Pour l’occasion, la formation franco-manitobaine — composée de Luc et Aidan Wrigley, Caleb Dorge, Mathieu Reimer, Caleb Arnaud, Justin Dandeneau et Miguel Sorin — jouera une version abrégée de la pièce Orange Blossom Special pour l’entrée des Jets sur la patinoire.

Le morceau sera ensuite interprété dans son intégralité pendant le premier entracte, offrant à chaque musicien l’occasion de briller le temps d’un solo.

Les Barn Boys ne seront pas les seuls artistes franco-manitobains en vedette lors de cette rencontre.

Alexandre « Douzie » Tétrault assurera l’accompagnement musical pour l’entrée sur la glace du Tricolore.

Il rejoindra également les Barn Boys durant leur prestation à l’entracte et animera la soirée en musique.

Enfin, la troupe Ivan Flett Memorial Dancers accompagnera les musiciens sur scène pour présenter de la gigue manitobaine.

Leur plus grand spectacle à ce jour

Luc Wrigley et Justin Dandeneau, respectivement violoniste et bassiste du groupe, considèrent cette invitation comme un immense honneur.

Justin Dandeneau raconte : « Après avoir joué pour le Banjo Bowl en septembre, on a reçu un appel de Julien Desaulniers qui disait qu’il avait quelque chose de plus gros pour nous. On se demandait qu’est-ce qui peut être plus gros que le Banjo Bowl? Déjà, on était en choc.

« Il nous a dit qu’on était pour nous produire au match Classique Héritage. On était bouche bée. De plus, nous serons mis à la télé partout aux États-Unis et au Canada. C’était un moment incroyable, quand on a reçu ces nouvelles », confie-t-il.

De son côté, Alexandre « Douzie » Tétrault a lui aussi hâte de participer à l’évènement.

« Je suis absolument honoré. C’est un rêve qui se réalise, se réjouit-il. J’ai quasiment une aussi grande passion pour le hockey que pour la musique, alors c’est le meilleur des deux mondes. »

Il avoue toutefois ressentir un mélange d’enthousiasme et de nervosité devant l’ampleur du rendez-vous, d’autant plus que la rencontre sera diffusée à l’échelle internationale.

Luc Wrigley et Justin Dandeneau, ses collègues et amis de longue date, partagent ce sentiment.

« C’est un monde bien plus vaste que celui auquel nous sommes habitués, avoue Luc Wrigley, mais peu importe la taille, c’est toujours le fun de jouer cette musique pour une foule si vivante. »

Un numéro de violon bien rodé

L’invitation lancée aux Barn Boys s’accompagnait d’une demande bien précise.

Luc Wrigley explique : « L’une des choses qu’ils voulaient qu’on ajoute à notre spectacle est un petit numéro populaire avec moi et mon frère Aidan. On joue mon violon ensemble, moi aux cordes et lui avec le bâton, puis on cale chacun une bière en même temps. »

Cette prouesse festive, raconte-t-il, remonte à leur adolescence, lorsque les deux frères jouaient sur le même instrument pour impressionner leur famille.

Leur grand-père leur avait alors demandé ce qu’ils pourraient faire d’autre avec leurs mains libres.

Cette question les a poussés à tenter l’expérience, une bière à la main, lors d’une séance d’improvisation entre amis.

« Ça a eu un succès fou auprès de ce groupe, alors on l’a présenté au Festival du Voyageur, où ça a également eu un succès fou. On finira peut-être par le faire à chaque spectacle qu’on présentera à partir de maintenant », dit-il en riant.

Ce numéro sera présenté lors de l’interprétation intégrale d’Orange Blossom Special, au premier entracte.

Luc Wrigley précise que les deux frères boiront chacun un Twisted Tea, histoire de respecter une entente de commandite avec la LNH.

La musique métisse à l’honneur

Cette édition de la Classique Héritage se tiendra au Princess Auto Stadium, à Winnipeg.

Pour l’occasion, le terrain — habituellement réservé aux joueurs des Blue Bombers — prendra des airs de chalet rustique agrémenté de projections et d’accessoires, avec la patinoire au cœur du décor.

Dans un communiqué publié le 16 octobre, la LNH décrit l’aménagement : « Autour de la patinoire, des éléments inspirés du hockey et des chalets mettent en valeur la rivalité entre les Canadiens et les Jets. Des écussons géants des équipes, des expositions d’objets souvenirs de style rétro, des chandails encadrés, des bâtons de hockey croisés ornés de bois de cerf et des plaques décoratives sont disséminés dans ce décor en bois. »

Selon Alexandre « Douzie » Tétrault, cette scénographie vise à recréer l’atmosphère chaleureuse d’un « party de cuisine » métis.

Il estime que ce désir de célébrer la culture métisse explique en partie le choix des artistes invités, puisque leurs deux projets intègrent des sonorités traditionnelles.

« Ma nouvelle chanson, qui sera jouée pour l’entrée des Canadiens, utilise plusieurs instruments typiquement retrouvés dans la musique métisse, tels que les violons et les cuillères en bois, partage-t-il. Et bien que c’est dans un style électronique, je pense que ça représente bien l’esprit d’un Kitchen Party. »

Donner aux gens l’envie de danser

Cette pièce servira également de trame sonore à certaines vidéos officielles de la LNH pendant et après l’évènement.

« C’est vraiment un gros contrat pour moi, ainsi qu’une nouvelle étape dans ma carrière d’artiste. Je me sens super fier de ça. »

Justin Dandeneau et Luc Wrigley s’entendent pour dire que cette vitrine permettra de faire rayonner la culture et la musique franco-manitobaines, souvent méconnues à l’international.

« Nos anciens ont pris différentes influences de la tradition du violon, et puis ils ont tout mis ensemble pour créer notre musique métisse. C’est ce qu’on essaie de faire nous-mêmes, en lui donnant notre propre twist moderne », souligne Justin Dandeneau.

« On veut démontrer que ce n’est pas tout simplement la musique traditionnelle pour les festivals, mais une tradition musicale vivante, pour toute l’année. »

Luc Wrigley abonde dans le même sens : « Enfin, c’est de la musique qui peut faire bouger et danser. J’espère qu’on mettra les Jets à l’honneur comme ils le méritent dès le début du match, tout comme j’espère que notre musique donnera envie aux gens de danser. »