La 36e édition de la Ligue d’improvisation du Manitoba vient de débuter. Comme à chaque nouvelle saison, la grande nouveauté réside dans la composition des équipes. Alors à quoi s’attendre?
Nouvelle saison, nouvelles équipes ; la 36e édition de la Ligue d’improvisation du Manitoba (LIM) n’y fait pas exception.
Un changement de taille car les anciens joueurs ont été mélangés et des recrues sont apparues.
Les capitaines des Bleus, des Verts, des Jaunes et des Rouges ont donc dû reformer leurs rangs, avant le match d’ouverture du 9 octobre 2026.
C’est un délicat casting qu’ils ont effectué, afin de combiner les forces et les faiblesses de chacun.
Directeurs artistiques de leur équipe respective, ils donnent un avant-goût de leurs performances.
La complicité des Rouges
« C’est une saison très chanceuse », sourit Carine Roy, capitaine des Rouges.
Enseignante et coach d’impro au secondaire, elle se réjouit d’accueillir sa nouvelle recrue, qui n’est autre qu’un de ses anciens élèves.
Nathan Perkins, 18 ans, est donc loin d’être un débutant. « Je suis un peu nerveux », concède-t-il, à l’approche de son premier match.
Avec ses personnages qui n’ont rien à envier à Jim Carrey, Nathan mise sur son jeu physique.
Une « intensité » que lui loue sa capitaine : « Il a seulement joué deux ans et il est déjà capable de rentrer dedans avec une nouvelle voix, une nouvelle expression sur le visage. J’ai hâte de voir comment on va pouvoir l’utiliser dans l’équipe pour créer des histoires. »
Dans cette nouvelle équipe, Carine Roy y a inclus des binômes qui existent en dehors des matchs : « En impro, c’est important d’avoir ces relations entre joueurs, parce que tu crées quelque chose de tellement spontané que tu es déjà sur la même longueur d’onde. »
Des Verts atypiques
Pour sa première expérience de capitanat, Zara Ramlal va diriger l’équipe des Verts, les champions en titre.
« Ça me rend définitivement nerveuse. On a une ligue tellement forte, je sens une certaine pression », confie-t-elle.
Zara Ramlal peut se rassurer, elle compte de nombreux vétérans dans son effectif.
Elle-même n’est pas une débutante, l’édition précédente, elle a remporté le format « Maître de la bande » – une série de duels éliminatoires où le dernier en lice gagne.
Son « équipe de rêve », elle l’a constituée de « joueurs atypiques », « qui n’ont pas peur de faire des erreurs ».
Parmi les Verts, la recrue Anne-Sophie Régnier pourra faire la différence.
« J’aime beaucoup faire des personnages iniques, qui s’inspirent des choses que je vois ou que j’entends », décrit la nouvelle.
Des capacités qui fascinent sa mentor : « J’admire sa volonté de rentrer dans l’action et de jouer des personnages loufoques. »
Un futur élément moteur pour soutenir de sacrées histoires.
Les Bleus en confiance
Le capitaine Alex Coates est ambitieux. La nouvelle équipe des Bleus sera « extrêmement forte ».
« Il n’y a pas de joueur dans mon équipe en qui je n’ai pas confiance. La question sera de définir les meilleures combinaisons », résume-t-il.
Si Alex Coates paraît vouloir en découdre, c’est un tout autre objectif qui l’anime : « On joue pour le fun. Au moment où tu commences à compter les points, tu perds du fun. »
Si des joueurs primés composent sa troupe, Alex Coates accueille cette année « un nouveau talent ».
C’est Patrick Bellemare qui fera ses débuts à la LIM sous son tutorat.
La recrue sait être force d’adaptation : « Mes improvisations préférées sont dramatiques. Je n’aime pas que faire rire les gens, mais aussi leur faire passer quelque chose. »
Une spécificité qui pourrait bien le distinguer.
L’allégresse des Jaunes
Les Jaunes sont les seuls à ne pas accueillir de recrue cette année.
Alors pour exploiter le plein potentiel de ses joueurs expérimentés, la capitaine Maryse Gagné avait des critères bien précis : « Je veux des bons joueurs sur la bande [dans l’arène], mais sur le banc aussi. Qui ont des bonnes idées et qui sont prêts à essayer, à toujours donner quelque chose. Des gens qui me font rire dans la vie de tous les jours. »
Le résultat est concluant, selon elle : « J’ai un bon mélange cette année. J’ai des joueurs qui sont vraiment forts dans le personnage, j’en ai qui sont moteurs et qui peuvent guider une situation, puis j’en ai d’autres qui sont un peu comme des personnes à tout faire ».
La cheffe des Jaunes s’enthousiasme : « Les vibes des équipes ont vraiment changé. Ça apporte une nouvelle énergie, on voit ça dans la manière dont les équipes ont été sélectionnées cette année. C’est une des belles grosses différences. »
Une fraîcheur qui permet à la LIM de ne pas prendre une ride depuis 1990.
Se réinventer, c’est sûrement la recette du succès, la saison s’étant ouverte sur un premier match explosif d’une intensité remarquable.



