La banque centrale du Canada a relevé mercredi son taux directeur de 0,25 point à 2,5 % face aux risques inflationnistes posés par la hausse des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient.

Cette hausse est la première annoncée par la banque centrale depuis juillet 2023.

L’institution “a décidé de relever le taux directeur pour réduire le risque que la persistance des prix élevés de l’énergie se propage de façon généralisée aux prix d’autres biens et services”, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Elle prévient qu’il “pourrait être nécessaire d’augmenter davantage le taux directeur” mais indique avoir opté pour la “prudence”, “vu les incertitudes actuelles”.

“Nous en sommes maintenant au huitième mois de cette guerre au Moyen-Orient. Les prix de l’énergie sont élevés depuis huit mois et il semble qu’ils vont le rester”, a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, lors d’une conférence de presse mercredi.

“On constate que les pressions sur les coûts s’accentuent pour les entreprises”, a-t-il ajouté.

L’inflation a légèrement accéléré en septembre dans le pays à 3,1 % sous l’effet de la hausse des prix du carburant qui ont bondi de 27,8 % sur un an. Et la banque centrale prévoit une poursuite de cette accélération de l’inflation à “environ 3,5 %” d’ici la fin de l’année.

– Conflit commercial –

Aucune issue ne semble par ailleurs se dessiner dans le conflit commercial qui oppose le Canada aux États-Unis même si le Premier ministre Mark Carney a évoqué cette semaine une “petite intensification” des discussions avec les États-Unis.

Le président américain Donald Trump a pour sa part déclaré que le conflit commercial serait “réglé bientôt” à l’occasion d’une réunion pour la campagne des élections de mi-mandat dans l’État du Michigan, frontalier du Canada.

“Avec les nouveaux droits de douane américains, la croissance devrait ralentir au quatrième trimestre de 2026, avant de reprendre en 2027”, ajoute la banque centrale.

Mais “cette prévision reste empreinte d’une incertitude considérable, surtout en ce qui concerne les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis”, prévient-elle.

“Nous devons rester prudents dans cet environnement”, a souligné la première sous-gouverneure de l’institution, Carolyn Rogers, qui n’exclut pas que la banque hausse davantage son taux dans les prochains mois, évoquant une “potentielle résolution de nos tensions commerciales avec les États-Unis”.

“Nous prévoyons actuellement que la Banque maintiendra son taux en décembre avant de l’augmenter une fois de plus en janvier”, a estimé dans un communiqué l’économiste à la banque CIBC, Andrew Grantham.

La Banque du Canada doit annoncer sa prochaine décision concernant le niveau du taux directeur le 9 décembre.

bs-mg-fa/vmt