Le 30 août marque un jour de célébration pour la communauté ivoirienne à Winnipeg. Dans le but de célébrer la fête de l’indépendance, l’Association des Ivoiriens du Manitoba (AIM) accueille la communauté pour une deuxième édition de la soirée d’indépendance ivoirienne.

La Côte d’Ivoire a obtenu son indépendance le 7 août 1960. Cette année, la diaspora ivoirienne a célébré le 65e anniversaire de ce jour historique.

Alain Kouassi, le président de l’AIM en dit plus sur la signification de cette soirée, qui vise à honorer ce tremplin.

« Notre communauté se retrouve pour partager ce moment fortement culturel. L’indépendance de la nation c’est le jour où la Côte d’Ivoire a commencé à résister ; c’est le jour où notre histoire commence », exprime-t-il.

« On profite de cette célébration pour parler et penser à notre nation, bien que nous soyons loin – mais ça ne fait pas de nous des personnes qui ont oublié leurs racines. »

La promotion de la culture ivoirienne est au cœur de la mission de l’AIM.

« Une occasion que nous avons de promouvoir notre culture, c’est cette célébration de la fête de l’indépendance ivoirienne. Nous choisissons une date après le 7 août, après que les festivités ont eu lieu en Côte d’Ivoire », explique le président.

Après le gala inaugural de l’année dernière, l’AIM s’est attelé à la planification de l’édition 2025, une célébration encore plus grande. Cette année, le gala comptera deux fois plus d’invités.

« L’année dernière nous avons organisé le gala pour environ une centaine de personnes. On était pratique- ment débordé à la porte mais on ne pouvait pas les ouvrir car il n’y avait pas de place pour les personnes supplémentaires. Cette année on a essayé d’élargir jusqu’à 250 participants », confirme Alain Kouassi.

Les années 60 à l’africaine

Parmi les nouveaux ajouts, le thème est ce qui démarque cette édition de la fête : une soirée des années 60. Aboubakar Guiré, conseiller au niveau du CA et président du comité d’organisation, en dit plus sur ce choix et la signification de ce concept.

« Cette période marque l’indépendance de beaucoup de pays africains et particulièrement de la Côte d’Ivoire », fait-il remarquer.

« Les années 60, ce sont des années fortes parce que c’est pendant ces années-là que le peuple ivoirien a vraiment communier. On avait un seul objectif : être un peuple indépendant. »

Entre admiration et nostalgie, la AIM souhaite aussi célébrer un temps où la culture se distinguait par le style, avec un code vestimentaire des années 60.

« À l’époque, nos parents savaient s’habiller, je trouve que c’est des tenues vraiment de qualité », se souvient Aboubakar Guiré. « On espère de ramener ces années 60 pendant deux ou trois heures, pour que tous ceux qui ont connu ces années-là et aussi ceux qui ne les ont pas connues puissent s’y retrouver », ajoute-t-il.

Des présentations, des danses et des défilés seront à l’œuvre pendant cette soirée de célébration.

« Il faut savoir que la Côte d’Ivoire est vraiment riche en matière de culture, notamment au niveau de l’habillement. On présentera des tenues de toutes les régions de la Côte d’Ivoire, donc à peu près tout le monde sera représenté », précise-t-il.

Parmi d’autres activités : une tombola avec des œuvres artistiques ivoiriennes comme récompenses et une soirée de danse issue de chansons des années 60 à aujourd’hui.

« Même au niveau de la nourriture, on va essayer de mettre en exergue ce qu’on a comme richesse au niveau gastronomique de la Côte d’Ivoire », ajoute le président du comité organisationnel.

Dans leur initiatives, l’AIM met l’emphase sur le partage et l’échange culturel.

« Nous partageons cette culture autour de nous, notamment avec la francophonie manitobaine et on associe cette célébration à d’autres communautés africaines, comme la communauté malienne et camerounaise », dit le président.

« On veut leur montrer ce qu’on a comme richesse, ce qu’est la Côte d’Ivoire en réalité, parce qu’on a différentes cultures. »

Une association pour la communauté

Rassembler la communauté ivoirienne et « construire davantage le tissu social » est au premier plan pour l’AIM, actif depuis novembre 2023.

« Notre vision c’est de vivre ensemble et de bâtir une communauté qui compte au Manitoba », explique Alain Kouassi.

Notamment, la jeunesse est au cœur de leurs priorités, car ils reprennent non seulement l’avenir, mais un lien vivant entre les racines culturelles et la réalité canadienne.

« On vise vraiment à soutenir nos jeunes car ils représentent aussi une majorité dans l’association. »

Il y a aussi une volonté de transmission et d’apprentissage : « Il y a des jeunes qui sont nés ici au Canada et qui ne connaissent pas leur pays, qui ne connaissent pas la culture ivoirienne donc c’est toujours bien qu’ils se retrouvent dans un milieu où ils apprennent des choses à propos de la Côte d’Ivoire. »

Au-delà de la célébration du gala, ils souhaitent que les participants « sachent qu’il y a une communauté ivoirienne qui existe ici au Manitoba, et que cette communauté se construit, et qu’elle participe au développement culturel mais aussi au développement économique du Manitoba. »

L’AIM organise des initiatives pour la communauté ivoirienne à Winnipeg : des évènements communautaires, des évènements sportifs, ainsi que des formations et des sessions de sensibilisation parmi d’autres. Il joue un rôle clé dans l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants ivoiriens. Son engagement commence bien avant même leur arrivée dans la province.

« On a notre mission d’accueil », explique un membre de l’AIM.

« Depuis que la personne prend la décision d’arriver au Manitoba et que nous sommes contactés, on facilite la mise en contact avec l’Accueil francophone, qui a ce mandat d’accueillir les nouveaux arrivants. »

« Leur montrer comment est la vie ici, mais aussi comment faire pour être de bons citoyens », fait partie intégrante de leur mission.

Une fois installés, l’AIM reste présente : « Lorsque nos compatriotes sont là, nous faisons toujours de l’aide. On fait des visites, on les aide à faire quelques courses, on est là pour répondre à leurs questions. »

Parmi les projets que l’AIM souhaite développer figure Akwaba Winnipeg – un mot signifiant « bienvenue » en akan, une langue de Côte d’Ivoire.

« On a une activité principale que nous sommes en train de chercher à organiser et pour laquelle nous sommes encore à la recherche de financement, c’est Akwaba Winnipeg », explique le président de l’association.

Cette grande initiative aurait pour but de réunir tous les nouveaux arrivants ivoiriens ainsi que la communauté élargie, afin de leur souhaiter officiellement la bienvenue et de créer un moment d’échange, de partage et de célébration culturelle.

« C’est une grande initiative où nous voulons recevoir tous les nouveaux », précise-t-il, soulignant l’importance de créer un premier contact chaleureux et inclusif dès l’installation au Manitoba.