Dès l’arrivée, l’ambiance donne le ton; beaucoup de monde, beaucoup d’enfants qui courent, jouent, rient.

Parmi les personnes présentes, certaines arborent les couleurs du Sénégal, d’autres celles du Maroc et l’on sent assez vite que la finale sera chargée d’enjeux.

Deux salles sont mises à disposition des supporters. En haut, la salle Antoine-Gaborieau, habituellement dédiée aux spectacles et notamment utilisée par la Ligue d’improvisation du Manitoba (LIM).

En bas, la salle Jean-Paul-Aubry, plus vaste et aménagée différemment, ce qui donne l’impression d’une atmosphère plus mouvante.

Deux salles, une ferveur

Sur le moment, je me demande pourquoi deux salles, et puis, au fil du match, la réponse s’est imposée naturellement.

Entre deux périodes de jeu, certains profitent des pauses pour déambuler dans la galerie où se tient présentement l’exposition Sans Flash.

D’autres, comme moi, changent de salle afin d’avoir un aperçu des deux ambiances. Sans pour autant connaître les raisons de cette organisation, je trouve que ça contribue à donner une atmosphère de tribunes, comme au stade, avec des espaces dédiés à chaque équipe, tout en restant bon enfant.

Ce jour-là, je suis venue au CCFM avec des amis de toutes origines, certains Franco-Manitobains, d’autres qui ne parlent même pas français et pour qui ils s’agissaient de leur première visite au CCFM. Sur place, je retrouve aussi d’autres amis et collègues.

La fin du match a été difficile pour les fans du Maroc.
La fin du match a été difficile pour les fans du Maroc. (photo : Anaïs Nzelomona)

Une expérience partagée

Lors de cette finale, plusieurs moments marquent particulièrement mon après-midi. D’abord, le but refusé au Sénégal, qui déclenche une vague d’incompréhension et de frustration chez les supporters.

Puis, le penalty accordé au Maroc à la toute fin du temps réglementaire. À ce moment précis, mon ami aux origines marocaines quitte rapidement la salle du bas pour rejoindre celle du haut, afin de vivre ce penalty entouré d’autres supporters du Maroc. Si le Maroc marque, c’est terminé pour le Sénégal.

Pendant les prolongations, je me surprends moi-même à rester debout, comme beaucoup d’autres autour de moi. Il y a des enfants qui imitent les réactions des adultes, d’autres qui ont les mains sur la tête, complètement happés par l’intensité de la deuxième mi-temps.

Entre les phases de jeu, de la musique sénégalaise résonne dans la salle, renforçant cette impression de communauté.

Le Sénégal vainqueur

Alors que de la musique sénégalaise résonne dans la salle Jean-Paul-Aubry, les Lions de la Teranga s’imposent. C’est une victoire du Sénégal 1-0 après prolongations.

Des cris de joie, des chaises levées au-dessus des têtes et un rappel amusé au micro : « Attention aux chaises! ».

Du côté marocain, la déception est visible, et certains quittent la salle légèrement plus tôt. Pour ma part, je dis au revoir à mes amis et rentre préparer ma semaine, étonnée par la vitesse à laquelle le temps a filé.

En sortant du CCFM, je me suis dit que vivre un match entouré de monde, dans un lieu culturel, ça change tout. N’étant ni Sénégalaise ni Marocaine, cet après-midi m’a ramenée auprès de mon père à des souvenirs de matchs regardés au salon.

En dépit de l’issue du match, ce dimanche-là au CCFM, je pense qu’on peut affirmer que la francophonie et le sport ont rassemblé.