Avec des informations de Virginie FRERE.
Le 30 janvier, l’Université de Saint-Boniface (USB) tenait sa Foire des carrières en éducation annuelle.
Pour l’occasion, 34 divisions scolaires participantes (des divisions scolaires du Manitoba, des divisions francophones d’autres provinces, des divisions offrant l’immersion française), 70 étudiants en fin de stage et 80 étudiants qui finissent l’année prochaine étaient présents.
« Quasiment toutes les provinces étaient représentées, ainsi qu’un territoire », précise Claudine Lupien, professionnelle enseignante et vice-doyenne à la Faculté d’éducation pour le programme du baccalauréat en éducation à l’USB.
Celle qui est en poste depuis 12 ans explique que ce genre d’évènement permet notamment aux étudiants finissants de rencontrer de potentiels futurs employeurs.
« Je dirais que la majorité de nos étudiants qui se cherchent un emploi vont trouver un emploi d’ici la fin juin. Malgré le fait de la pénurie, ils ne vont pas nécessairement trouver l’emploi de leur rêve, dans le sens où peut-être qu’ils voulaient enseigner au secondaire, mais ils vont accepter un poste à l’élémentaire, ou peut-être qu’ils voulaient enseigner en français, ils vont enseigner en immersion française, ou vice versa.
« Alors, on leur dit toujours de quand même être ouvert, que même si on entend beaucoup dans les médias parler de pénurie, c’est quand même très compétitif d’obtenir un poste, surtout à ce temps-ci de l’année.
« Il y a des directions qui nous parlent que quand ils ouvrent un poste, ils reçoivent une vingtaine de candidatures. »
Si Claudine Lupien parle de l’éducation comme un milieu « de plus en plus exigeant », la profession fait toujours rêver les étudiants. La vice-doyenne ne voit pas de baisse dans les inscriptions pour cette filière, au contraire.
Maya Penner, 23 ans, est en deuxième année de la Faculté d’éducation de l’USB et a déjà fait des stages dans des écoles d’immersion. Cette foire lui a permis d’explorer des options et en apprendre plus sur des divisions scolaires qu’elle ne connaissait pas.
Elle espère trouver un emploi rapidement à la fin de son cursus, mais aussi continuer à exercer en français ce qui représente un avantage. Même si des inconvénients peuvent exister aussi.
« Enseigner en français pour trouver un emploi, c’est excellent, il y a beaucoup d’opportunités, beaucoup de postes. En revanche, pour trouver des ressources en français, c’est beaucoup plus difficile que d’enseigner en anglais parce qu’il y a un manque. Alors, l’on passe beaucoup de temps à créer nous-mêmes nos ressources. »
Martine Gisèle Gagnon, 55 ans, est quant à elle retourner aux études il y a quelques années. En première année de la Faculté d’éducation de l’USB, elle a participé à la foire avant tout pour s’informer.
L’enseignement, elle y pense depuis longtemps, dit-elle.
« C’est pas juste une décision sur le fait. C’est vraiment une envie de vouloir partager avec les enfants mes connaissances puis qu’eux me partagent des choses. Et de le faire en français. »
La Québécoise d’origine, qui dit apprécier les petits villages, se verrait bien enseigner au rural. C’est une décision à laquelle elle réfléchit en famille.
« Pour avoir une plus grande accessibilité, je pense qu’on va sortir de Winnipeg. On va aller plus au rural pour pouvoir accéder davantage à des postes permanents en français dans les écoles de la DSFM, qui sont éparpillées un peu partout, justement, au Manitoba, surtout dans le sud.
« J’ose espérer que mes élèves vont être heureux de m’avoir dans leur salle de classe avec mon identité francophone et québécoise que je vais pouvoir apporter dans leur milieu de vie », conclut Martine Gisèle Gagnon.

