Pour l’occasion, plusieurs humoristes francophones de renom fouleront la scène.
La soirée du 21 mars réunira l’humoriste franco-ontarien Jonathan Dion, le franco-québécois Eddie King, la fameuse Mélanie Couture et Stéphanie Morin-Robert, artiste multidisciplinaire originaire de l’Ontario et établie au Manitoba.
Chaque artiste dispose d’un temps limité, de 20 à 30 minutes, dans une formule qui met en valeur la diversité des styles et des parcours. Pour le Centre culturel franco-manitobain (CCFM), diffuseur du spectacle, cette pluralité est essentielle.
« On n’est pas une culture homogène. On n’est pas une culture qui a seulement une perspective », souligne Éric Plamondon, directeur de la programmation artistique et culturelle au CCFM, qui voit dans cette soirée une occasion de faire dialoguer différentes sensibilités humoristiques francophones.
« Ce sont quatre artistes qui vont chacun offrir leur perspective, leur façon de faire valoir la culture francophone par leur style humoristique », ajoute-t-il.
Cette tournée pancanadienne, organisée par le Réseau Dialogue en collaboration avec les Rendez-vous de la francophonie, traverse le pays d’est en ouest, de Halifax à Vancouver, en passant par Whitehorse.
Winnipeg en marque l’ultime arrêt, un symbole fort pour la francophonie manitobaine, mais aussi pour Stéphanie Morin-Robert, qui y vit depuis plus de six ans.
« De pouvoir terminer la tournée chez moi, dans ma ville d’adoption, qui est maintenant Winnipeg, c’est vraiment le fun, parce que ma famille est ici », confie l’humoriste.
Un humour ancré dans le vécu
« Chaque personne va avoir son temps sur scène au micro. On partage la scène, mais pas en même temps », explique Stéphanie Morin-Robert.
Sur scène, l’humoriste proposera un numéro de stand-up profondément personnel, inspiré d’expériences vécues.
« C’est un 20 minutes d’humour qui parle de moi qui a dû partir en tournée en même temps que je découvre que je suis enceinte pour la première fois », raconte-t-elle.
Habituée à transformer les épreuves en matière comique, l’artiste revendique une démarche où l’auto-dérision occupe une place centrale.
« Je prends souvent des traumatismes que j’ai vécus, puis je vire ça en humour. Parce qu’il faut guérir et il faut rire », affirme-t-elle.
Longtemps, son travail a été marqué par le récit de son handicap visuel, conséquence d’un cancer de l’enfance.
Aujourd’hui, ses textes explorent d’autres zones de vulnérabilité, notamment la maternité.
« Le plus important là-dedans, c’est de faire rire les gens, puis aussi pour qu’ils puissent se reconnaître dans mes histoires », précise Stéphanie Morin-Robert. Pour elle, le stand-up est un dialogue vivant avec le public.
« L’humour, c’est vraiment une conversation avec le public, c’est un échange », dit-elle, évoquant l’importance de l’improvisation et des réactions spontanées en salle. Cette relation directe, sans « quatrième mur », nourrit son plaisir de jouer et sa capacité d’adaptation.
« Quand je prends le micro et que je fais du stand-up, c’est une extension de moi qui me permet d’être plus osée », ajoute-t-elle, assumant une liberté de ton qu’elle ne s’autorise pas toujours dans d’autres formes artistiques.
Rire ensemble, pour tenir le coup
Dans un contexte mondial marqué par les tensions et l’incertitude, Stéphanie Morin-Robert espère offrir au public un moment de légèreté partagée.
« Il y a plein de choses qui se passent dans le monde en ce moment qui peuvent facilement faire déprimer. De se rassembler et de rire ensemble, ça guérit », affirme-t-elle avec conviction.
Éric Plamondon la rejoint entièrement sur ce point.
« Je vois tellement de bombardements, d’histoires et de contextes négatifs de notre société, que les gens sont justement à la recherche de moments plus légers, mais aussi de se tourner vers les humoristes pour qu’on soit capable de digérer tout cela », conclut-il.


