L’audit du vérificateur général du Manitoba, Tyson Shtykalo, révèle que le ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance n’est pas en mesure de respecter certains de ses engagements pris dans le cadre de l’Accord pancanadien sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants.
Parmi les principales constatations critiques, il y a d’abord l’objectif de places non atteint.
Le Manitoba s’était engagé à créer 23 000 nouvelles places à but non lucratif d’ici le 31 mars 2026.
En novembre 2025, il manquait encore 11 454 places pour atteindre cet objectif.
L’audit projette que le ministère atteindra son objectif de 23 000 places d’ici mai 2031 et estime toutefois que ces 23 000 places ne seront pleinement opérationnelles qu’entre 2032 et 2035.
« Bien que le ministère de de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance ait pris des mesures pour créer de nouveaux espaces, il ne dispose pas d’un plan global sur la manière d’atteindre son objectif », peut-on notamment lire dans le rapport.
Manque d’un « plan global »
Aussi, pour doter les nouvelles places en personnel, 3 329 travailleurs supplémentaires sont nécessaires. Le suivi actuel de la main-d’œuvre ne permet pas de mesurer efficacement la rétention ou la satisfaction des employés, indique l’audit.
Le document fait aussi état d’un manque de données essentielles sur la demande réelle.
Le Manitoba disposait d’une liste d’attente centralisée jusqu’en 2021, date à laquelle elle a été remplacée par l’outil Recherche de services de garde d’enfants.
Bien que cet outil indique où des places sont disponibles, il n’a pas été conçu pour saisir le nombre d’enfants en attente, la durée de fonctionnement à pleine capacité des établissements ou les taux de roulement.
« Sans ces données, le ministère ne peut pas pleinement comprendre où les services de garde sont les plus nécessaires ni si les efforts d’expansion améliorent l’accès. Par conséquent, les décisions sont souvent motivées par des pressions immédiates plutôt que guidées par une stratégie à long terme », est-il écrit dans le rapport.
Faire davantage
Enfin, le rapport de Tyson Shtykalo s’est intéressé au Programme de soutien à l‘inclusion (PSI) relatif à la garde d’enfants.
Pour être admissible au financement du PSI, une évaluation par un professionnel qualifié confirmant un handicap physique ou cognitif est nécessaire.
Cependant, les délais d’attente pour ces diagnostics dépassent souvent un an, laissant les familles et les établissements sans soutien pendant de longues périodes.
L’audit rappelle de plus qu’en mars 2023, le ministère de l’Éducation avait octroyé 18,9 millions $ de subventions EDI (équité, diversité, inclusion) aux structures d’accueil de la petite enfance.
Ces subventions, d’un montant de 500 dollars $, visaient à « aider les structures d’accueil de la petite enfance à améliorer l’expérience des enfants grâce à un programme pédagogique enrichi, fondé sur les principes de diversité et d’inclusion ».
Or, en septembre 2025, le ministère n’avait effectué aucune vérification pour s’assurer que ces fonds étaient utilisés conformément aux conditions, révèle le rapport.
« J’encourage le ministère à continuer de réduire les obstacles rencontrés par les familles qui souhaitent bénéficier du Programme de soutien à l’inclusion et à redoubler d’efforts pour s’assurer que les subventions et les aides sont utilisées conformément à leur objectif », dit Tyson Shtykalo.
Également, selon les éléments du vérificateur, 9,6 % du financement de 18,9 millions $ « pourraient ne pas avoir été utilisés pour des dépenses admissibles telles que définies dans les conditions générales de la subvention. »
Sept recommandations
Finalement, le rapport du Bureau du vérificateur général du Manitoba comprend sept recommandations pour améliorer la situation.
Il s’agit notamment d’améliorer la collecte de données (notamment sur les listes d’attente) pour identifier les zones de forte demande, renforcer le modèle de demande en intégrant les fermetures de places et des cibles géographiques ou encore développer des outils de prévision interne pour anticiper les pressions futures sur le système.
Le ministère a accepté les recommandations et a donné des réponses détaillées sur son action. Il a notamment commencé à élaborer des stratégies pour les mettre en œuvre, notamment le remplacement des systèmes informatiques obsolètes.
L’on peut signaler aussi certaines annonces dans ce domaine présentées dans le Budget 2026 du gouvernement manitobain.
Par exemple, le budget prévoit l’ouverture de 2 315 nouvelles places pour l’exercice 2026-2027. C’est l‘achèvement de 21 nouveaux centres de garde qui créera 1 081 places, tandis que l’expansion des centres existants et des garderies en milieu familial en ajoutera 1 235.
Le budget prévoit aussi une augmentation de 2 % des salaires cette année des Éducateurs de la petite enfance.

