Un appui majeur pour l’organisme spécialisé dans l’accompagnement de personnes avec des besoins complexes, et qui espère réduire les listes d’attente et mieux répondre aux besoins croissants des familles manitobaines.
Le ministre des Finances, Adrien Sala, du gouvernement néo-démocrate présentait ce 24 mars son troisième budget.
Un budget toujours déficitaire de 498 millions de $, mais qui représente une amélioration significative de 1,2 milliard de $ par rapport aux prévisions déficitaires de 1,67 milliard de $ pour 2025/26.
Si le budget comprend un certain nombre de nouveautés, la santé reste le principal poste de dépense du gouvernement avec 10,590 milliards $ (9,597 milliards $ en 2025), soit 39 % des dépenses de la province.
Tous les détails de ce budget 2025 sont à retrouver sur le site web de La Liberté.
Justement, dans le domaine de la santé, le document présenté par le ministre des Finances du Manitoba, indique un investissement de 5 millions de $ vers l’organisme à but non lucratif St.Amant, qui soutient les manitobain(e)s vivant avec des troubles du développement, sur le spectre de l’autisme ou encore ayant une lésion cérébrale acquise.
Pour son président-directeur général, Ben Adaman, il s’agit assurément d’une bonne nouvelle.
« Recevoir cet argent supplémentaire, mais aussi la confiance du gouvernement pour développer nos stra- tégies pour soutenir les Manitobains, c’est un grand privilège. »
Le budget de St.Amant, pour les services dédiés à l’autisme, est d’environ 13 millions de $ selon Ben Adaman, un budget auquel s’ajoutent désormais ces 5 millions $ supplémentaires.
« C’est l’investissement le plus important que l’on ait reçu depuis au moins 15 ans », indique-t-il. Ce nouvel investissement va permettre d’adresser quelques-uns des grands défis auxquels l’organisme fait face actuellement.
« Nous offrons des services de gestion de cas pour environ 3 000 enfants manitobains autistes et leur famille. Nous avons une liste d’attente qui concerne 1 300 personnes, nous allons faire notre possible pour réduire cette liste d’attente. »
S’il rappelle que chaque jeune personne autiste évolue avec ses propres besoins, « tout le monde mérite d’avoir accès à quelqu’un qui pourrait répondre à leurs questions ».
Accéder à de l’aide et un accompagnement, c’est certain, mais il est d’autant plus important d’y avoir accès le plus tôt possible.
C’est ce que souligne Geneviève Roy-Wsiaki, chercheuse et professeure agrégée en psychologie à l’Université de Saint-Boniface qui s’est beaucoup penchée sur les enjeux liés à l’autisme chez les enfants.
« On sait que les interventions précoces sont plus propices à produire les améliorations nécessaires pour faire que la personne adopte certaines routines ou pour les préparer à l’école. Le plus tôt qu’un enfant peut commencer une intervention, le mieux c’est. Le problème avec les listes d’attente c’est que l’on commence à avoir de plus en plus de délais et ça peut causer des problèmes au niveau de l’apprentissage. »
Quant à savoir quelle sera l’utilisation exacte de ces 5 millions de $ supplémentaire, Ben Daman laisse entendre qu’il est encore un peu tôt pour révéler une feuille de route claire.
Malgré tout, la question du recrutement est centrale pour régler le problème des listes d’attente.
D’autant plus que celui qui travaille à St.Amant depuis 12 ans explique que le nombre d’enfants recevant des diagnostics d’autisme a « quasiment doublé ces cinq ou six dernières années ».
Une observation qui émane peut-être de plusieurs choses. Geneviève Roy-Wsiaki estime que les familles aujourd’hui sont plus sensibilisées, mieux informées et qu’elles sont plus aptes à chercher un diagnostic.
En tout cas pour répondre aux défis actuels, Ben Adaman le travail se poursuit.
« Il n’existe pas qu’une seule bonne solution. L’on doit se demander si la manière dont nous fournissons nos services actuellement est la meilleure, est-ce que l’on peut réimaginer notre fonctionnement pour mieux faire? Il faut embaucher davantage de travailleurs, mais il y a peut-être d’autres façons d’améliorer les choses. »
Il rappelle également que St.Amant possède aussi un centre de recherche pour répondre aux questions importantes qui touchent la communauté autiste.
L’organisme offre également des formations qui s’adressent aux professeurs, enseignants « même la police », pour les sensibiliser aux besoins vis-à-vis de l’autisme.
Tout ça dans le but « de créer une communauté inclusive pour tous ».
Initiative de journalisme local