Brent Roussin, le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, qui a fait cette annonce a d’abord rappelé certaines données :

En 2024, le Manitoba avait signalé un taux de 19,5 cas pour 100 000 habitants, soit environ trois fois et demie le taux canadien de 5,5.

En 2025, 328 nouveaux cas ont été signalés. « Si l’on compare ce chiffre à celui de 2021, on constate que 142 cas avaient été recensés cette année-là », a-t-il indiqué.

« C’est dans la région de Winnipeg que l’on recense le plus grand nombre de cas », a-t-il également précisé.

« Cette situation est donc grave, préoccupante et nécessite une action coordonnée entre les gouvernements, les communautés et les systèmes de santé », a expliqué Brent Roussin.

Le médecin hygiéniste en chef du Manitoba a souligné aussi certains des facteurs qui ont engendré cette situation.

« La consommation de drogues injectables, l’itinérance, les problèmes de santé mentale, ainsi que l’augmentation d’autres infections sexuellement transmissibles et transmissibles par le sang, sans oublier divers obstacles à l’accès aux soins. Il s’agit donc de questions vraiment complexes », a-t-il dit.

En décembre 2025, le Manitoba HIV Program appuyait ce constat et soulignait que la province « continue d’être confrontée à une syndémie de sans-abrisme, de toxicomanie, de problèmes de santé mentale, de racisme systémique et de stigmatisation, autant de facteurs qui aggravent les obstacles au dépistage, à la prévention et au traitement du VIH. »

Brent Roussin s’est voulu aussi rassurant et fait savoir que « cette situation d’urgence ne vise pas à semer la peur. Il s’agit de reconnaître la réalité à laquelle les individus et les communautés sont confrontés en ce moment, et d’y faire face avec le sentiment d’urgence qu’elle mérite. »

Il rappelle également que « le VIH est une maladie évitable et traitable. Nous disposons d’outils de prévention efficaces, tels que les préservatifs et les services de réduction des risques, ainsi que de médicaments pour la prophylaxie pré-exposition et post-exposition, qui sont également pris en charge pour les Manitobains admissibles. »

La Province indique aussi mettre en place un Comité directeur sur la lutte contre le VIH, coordonné par les services de santé publique. Il s’appuiera sur les stratégies et les travaux en cours menés par les gouvernements fédéral et autochtones, les prestataires de soins de santé et les partenaires communautaires.