Le printemps 2026 marque un tournant économique pour les conducteurs canadiens, rappelle le document (1) de l’Institut Angus Reid.
Les experts prévoient que cet été sera l’un des plus coûteux de l’histoire pour les déplacements.
En effet, le prix moyen de l’essence a franchi la barre des 190 cents le litre, un niveau record comparable à celui de 2022 lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Le conflit en Iran laisse présager une absence de soulagement à court terme, la stabilisation de la production de pétrole pouvant prendre plusieurs mois.
Le gouvernement canadien a instauré une pause temporaire sur la taxe d’accise fédérale jusqu’en septembre.
D’ailleurs, cette mesure, qui touche l’essence, le diesel et le carburant d’aviation, devrait entraîner un coût budgétaire total de 2,141 milliards $ pour l’exercice 2026-2027, selon une analyse du Bureau de la directrice parlementaire du budget (DPB) publiée cette semaine.
Une économie de taxes moyenne de 124 $ par ménage à l’échelle nationale est attendue, ainsi qu’une augmentation anticipée de la consommation d’essence de 435 millions de litres en raison de la baisse des prix, selon la même analyse de la DPB.
Cependant, les provinces n’ont pas encore suivi cette mesure, leurs budgets étant déjà sous forte pression.
55 % des Canadiens souhaitent donc que leur gouvernement provincial allège les taxes sur l’essence face à la hausse des prix, mais les avis divergent sur la forme que devrait prendre cet allégement.
Cette majorité de 55 % se décompose en trois approches distinctes :
– 20 % des répondants souhaitent l’élimination totale de la taxe, même si cela réduit le financement de programmes gouvernementaux importants.
– 18 % sont en faveur d’une suspension complète de la taxe jusqu’au mois de septembre.
– 17 % préféreraient une réduction de moitié de la taxe d’accise jusqu’en septembre.
À l’opposé, 35 % des Canadiens estiment qu’il ne faut rien changer et laisser la taxe en place, arguant que le financement de la santé et des services sociaux est prioritaire.
Le Québec est la province où le soutien au maintien de la taxe est le plus fort (45 %), malgré une structure fiscale différente du reste du pays.
De l’autre côté, les résidents de l’Alberta sont les plus favorables à un allégement (62 %). La province possède d’ailleurs un système d’élimination automatique de la taxe sur l’essence si le prix du pétrole reste élevé.
Le Manitoba se situe exactement dans la moyenne nationale avec 55 % de sa population favorable à une forme d’allégement.
Pour rappel, le Manitoba a déjà connu récemment un congé fiscal de la taxe sur les carburants. Après son élection le premier ministre manitobain avait donné cet allégement et avait promis de réduire temporairement la taxe provinciale sur le carburant de 14 cents par litre.
Cette mesure qui devait être temporaire a finalement duré toute l’année 2024. Cette portion provinciale de la taxe sur l’essence rapporte environ 340 millions $ par an au gouvernement provincial.
(1) L’enquête a été réalisée par l’Institut Angus Reid du 24 au 28 avril 2026 auprès de 2 360 adultes canadiens.


