Alors que le gouvernement de Wab Kinew a récemment annoncé sa volonté d’aboutir à une éventuelle interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, c’est au tour de la présidente de la Manitoba Teachers’ Society de s’exprimer sur ce sujet.
Lillian Klausen souhaite que les enseignants soient davantage consultés avant toute mise en œuvre d’une telle mesure.
Selon elle, il est certain que la sécurité et la protection des élèves demeurent la priorité dans les institutions scolaires.
Ce qui complique toutefois les choses, c’est l’application d’une interdiction générale des réseaux sociaux et de l’IA en classe.
Cela implique, comme l’a mentionné le premier ministre, de ne pas autoriser les enseignants à utiliser des agents d’intelligence artificielle (IA) développés par de grandes entreprises technologiques comme ChatGPT, dans le cadre de leur enseignement.
« C’est déjà quelque chose qui ajoute à la charge de travail des enseignants », dit-elle.
Impact dans les salles de classe
Elle évoque les enjeux entraînés par les restrictions technologiques imposées par le passé, comme l’interdiction des téléphones cellulaires en classe, qui a soulevé des tensions entre les élèves et leurs familles à la maison.
Elle ajoute que l’objectif de la MTS est de donner aux jeunes les outils nécessaires et de les aider à utiliser les technologies de manière saine, car ces produits feront partie de leur quotidien tout au long de leur vie.
Du côté des enseignants, elle explique qu’une interdiction telle que celle proposée par le premier ministre pourrait avoir des impacts importants dans les salles de classe.
« Ça pourrait, sans le vouloir, vraiment limiter les outils pédagogiques que nos enseignants utilisent. »
Plusieurs enseignants ont déjà intégré des plateformes basées sur l’IA pour renforcer la participation en classe ou pour aider les élèves ayant des besoins particuliers.
Alors que les divisions scolaires soulèvent les difficultés croissantes à obtenir des ressources nécessaires pour soutenir ces élèves et à gérer des classes avec plus d’élèves, ces outils peuvent contribuer à répondre aux défis grandissants auxquels sont confrontés enseignants et administrations scolaires.
« On a des inquiétudes, c’est certain. Il faudrait avoir des distinctions claires de ce qui est permis. Mais on ne veut certainement pas enlever les outils pédagogiques de nos enseignants qui s’en servent pour le bien-être de l’élève aussi. »
Les enseignants à la table des négociations
Le message principal de Lillian Klausen au gouvernement : il est nécessaire d’inclure les enseignants dans les discussions concernant cette décision.
Selon elle, il est important que le gouvernement comprenne les réalités de la salle de classe avant de mettre en œuvre des politiques d’une telle envergure.
Compte tenu des défis auxquels sont confrontés les écoles et les enseignants, et étant donné que ce sont ces derniers qui connaissent le mieux les besoins de leurs élèves, elle ajoute que les enseignants devraient avoir droit à une certaine marge de manœuvre pour choisir les outils les mieux adaptés aux besoins de leurs élèves. Et cela pourrait potentiellement inclure des outils d’IA.
« On n’a pas nécessairement besoin de réinventer des outils ou de faire plus de travail pour répondre aux besoins des jeunes. Quand on a déjà des mesures en place, on voudrait pouvoir les utiliser. »
Initiative de journalisme local


