Le réseau canadien, déjà propre à 80 % selon des données du gouvernement fédéral, doit évoluer pour répondre à une demande qui doublera d’ici trois décennies.

La stratégie repose sur quatre piliers :

– la construction d’infrastructures massives. Ce premier pilier vise à répondre à une demande d’électricité qui devrait doubler d’ici 2050 en raison de l’électrification des transports, des bâtiments et des industries. La stratégie prévoit des investissements historiques dans la production, le transport, la distribution et le stockage d’énergie. 

– l’interconnexion des réseaux provinciaux fragmentés. L’objectif est d’éliminer les obstacles aux interconnexions interprovinciales pour réduire les pannes.

– la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. Cette initiative nationale de 6 milliards $ vise notamment à recruter, former et embaucher entre 80 000 et 100 000 nouveaux travailleurs titulaires de la certification Sceau rouge au cours des cinq prochaines années. En tout, ce sont plus de 130 000 travailleurs hautement qualifiés qui seront nécessaires d’ici 2050 pour doubler la capacité du réseau électrique. 

– le renforcement de la capacité manufacturière nationale. La stratégie encourage la fabrication nationale de transformateurs, de câbles, de batteries et de semi-conducteurs pour réduire la dépendance aux importations et éviter les goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement.

« Le Canada doit devenir sa propre source d’électricité propre et fiable parce que quand on maîtrise l’énergie, on devient maître de notre destin. Ce n’est pas une mince tâche, ça va prendre un certain temps », a indiqué Mark Carney, le premier ministre du Canada, en conférence de presse.

« Notre souveraineté, notre durabilité, notre prospérité dépendront de notre capacité de fournir notre propre énergie », a-t-il également ajouté. 

Les retombées attendues incluent des économies d’énergie totales de 15 milliards $ d’ici 2050 et une réduction des coûts énergétiques pour 70 % des ménages canadiens.

Cette stratégie aurait aussi un impact sur les émissions de gaz à effet de serre du pays, a signalé Mark Carney.

« La politique d’électrification ambitieuse permettrait de réduire les émissions jusqu’à cinq fois par rapport au total actuel des émissions liées à l’électricité. »

Dale Beugin, vice-président exécutif de l’Institut climatique du Canada, a commenté cette annonce.

Selon lui, cette « nouvelle stratégie nationale d’électrification du Canada va dans la bonne direction », mais « évite de se prononcer sur plusieurs questions importantes, notamment l’avenir du Règlement sur l’électricité propre, le rôle du gaz naturel et du charbon en Saskatchewan. »

« Au bout du compte, le succès de cette stratégie dépendra des détails sur la façon et la rapidité dont le gouvernement concrétisera l’expansion de la production d’énergie propre, du transport d’électricité et de l’électrification à grande échelle », a également déclaré le représentant de l’Institut climatique du Canada.