Quelque 30 places seront ajoutées au programme de baccalauréat de sciences infirmières dès septembre 2026 grâce à un financement du gouvernement du Manitoba afin de soutenir l’offre de santé en français dans la province.
« Nous doublons presque notre capacité », lance Sophie Bouffard, rectrice de l’Université de Saint-Boniface (USB), alors que le programme de baccalauréat de sciences infirmières passera temporairement de 45 à 75 places cette fin d’année.
Dans l’Ouest canadien, l’USB fait doublement figure d’exception : seule université francophone, elle est aussi la seule à offrir entièrement en français cette porte d’entrée vers la profession infirmière, accessible directement après le secondaire.
Renée Cable, ministre de l’Éducation postsecondaire et de la Formation, a présenté cette mesure aux côtés d’Uzoma Asagwara, ministre de la Santé, fruit d’une collaboration avec l’USB, l’Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM) et Santé en français.
Ce dispositif s’inscrit dans un contexte d’augmentation de 66 % des demandes d’admission à la formation ces dernières années, un volume que cette nouvelle capacité d’accueil devrait permettre de mieux absorber, et ainsi de former davantage de futurs soignants francophones.
À l’origine de cette demande, on retrouve « principalement des étudiants du Manitoba, venant de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), mais aussi de l’immersion », avance Sophie Bouffard.
Si cette mesure demeure pour l’instant ponctuelle, la rectrice espère néanmoins qu’elle pourra se poursuivre durablement.
Financée par un investissement provincial sur quatre ans à hauteur de 219 691 $, cette initiative vise à renforcer l’accès aux soins de santé, localement et dans les communautés rurales où la demande en personnels bilingues demeure forte.
Des diplômés appelés à rester au Manitoba
Au-delà de l’ouverture de nouvelles places, le cœur du projet consiste à transformer cet intérêt étudiant en relève bilingue pour le réseau de santé manitobain
« Plus de neuf membres du personnel infirmier sur dix formés au Manitoba demeurent dans la province [une fois diplômés], un résultat remarquable », se réjouit Uzoma Asagwara.
Selon Daniel Gagné, doyen de l’École des sciences infirmières et des études de la santé, ce chiffre monte d’ailleurs jusqu’à 97 % pour les diplômés du programme de sciences infirmières de l’USB, premiers concernés par cette mesure.
Des anciens étudiants « majoritairement employés à l’Hôpital de Saint-Boniface », tient-il d’ailleurs à rappeler.
Pour s’assurer de cette rétention, le programme mise notamment sur une insertion professionnelle dans les établissements et les communautés francophones.
Le député de Saint-Boniface, Robert Loiselle, a illustré l’importance d’être soigné dans sa langue par un souvenir familial, évoquant sa grand-mère, qu’il dit n’avoir « jamais entendue parler anglais » et qui avait reçu des soins en français à l’Hôpital Saint-Boniface.
Pour le président de l’AMBM, Ivan Normandeau, l’annonce dépasse donc les murs de l’université : « L’ajout de places en sciences infirmières de l’Université de Saint-Boniface est donc une excellente nouvelle pour l’ensemble de nos municipalités bilingues du Manitoba. »
Cette volonté d’élargir l’accès aux études en santé en milieu rural trouve par ailleurs écho dans d’autres initiatives de l’USB, notamment la possibilité de suivre à distance la formation du Certificat d’aide en soins de santé depuis la rentrée 2025.
