D’abord lancée en anglais par l’Association des Municipalités du Manitoba (AMM) et le Strong Cities Network, cette ressource pratique propose des stratégies concrètes pour aider les municipalités du Manitoba à contrer la haine et le harcèlement antigouvernementaux.
Ce 5 juin, la version en français de cet outil a été rendue possible à la suite d’une collaboration entre l’AMM et l’Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM), avec le soutien du Centre for Social Science Research and Policy (CSSRP) de l’Université du Manitoba.
Le guide s’appuie sur des données recueillies auprès d’élus locaux pour aborder des enjeux critiques tels que la désinformation en ligne, les perturbations de réunions publiques et les menaces visant l’intégrité des fonctionnaires.
À travers des recommandations ciblées, il distingue les actions nécessaires pour les représentants élus de celles incombant au personnel administratif afin d’assurer leur sécurité mutuelle.
Ivan Normandeau, président de l’AMBM, évoque l’importance de cet outil alors que, selon des données du document, 90 % des employés municipaux interrogés ont indiqué que leur municipalité n’offre pas d’information sur les menaces aux conseillers municipaux et autres responsables locaux.
« Cet outil va certainement aider les conseillers à se défendre contre toutes ces affaires que l’on observe dans les municipalités, non pas sur une base journalière, mais régulière. »
Ivan Normandeau, également préfet de La Broquerie, confie voir la montée de cette haine envers les élus municipaux depuis plusieurs années. D’ailleurs, l’on peut se rappeler d’un scène troublante l’an passé : à l’occasion de l’Halloween, une installation représentant la pendaison de politiciens locaux de la Municipalité rurale de Taché avait été découverte.
« Oui, ça fait 12 ans que je fais ceci. Avant, on nous téléphonait pour expliquer des choses. Maintenant, avec les réseaux sociaux et toutes les avenues possibles, c’est rendu vraiment difficile d’être un élu.
« Il faut toujours se défendre sur Facebook, sur Instagram. Il y a beaucoup de nouvelles qui ne sont pas vraies. De nos jours, j’ai l’impression que les gens croient d’abord ce qu’il y a sur Facebook, avant de m’appeler directement pour savoir ce qui se passe. »
Le harcèlement en ligne et en personne, les insultes discriminatoires et la désinformation sont les défis les plus fréquents, rapporte la boîte à outils. Pour Ivan Normandeau, la haine vient principalement en ligne.
« Oui, 100 %. C’est très rare qu’il y ait du ressentiment en face à face. C’est toujours en ligne. Quand je vois que quelqu’un écrit quelque chose en ligne et je lui demande s’il peut me parler dehors, ce n’est pas possible. La plupart du monde veut faire ceci en ligne, car c’est plus facile. »
Le représentant de l’AMBM s’inquiète aussi pour les prochaines élections municipales qui auront lieu à la fin du mois d’octobre 2026.
Face à une montée alarmante du sentiment antigouvernemental ciblant les fonctionnaires locaux, il se pourrait que des personnes ne se présentent pas.
« Je connais beaucoup de monde qui ne va pas mettre son nom dans un chapeau à la prochaine élection pour cette raison spécifique. Ils trouvent que ça prend beaucoup, c’est trop pour leur famille, c’est trop pour leur santé mentale.
« Je crois qu’on va perdre de bons élus avec du bon caractère à cause de ce qui se passe de nos jours avec les réseaux sociaux. »
Ivan Normandeau souligne par ailleurs que cet enjeu n’est pas unique aux municipalités du Manitoba.
« Présentement, nous sommes à un congrès national de la Fédération canadienne des municipalités. Il y a 2000 délégués ici et tous ont les mêmes problèmes. »



