La Liberté s’est entretenue avec lui pour discuter de son parcours et de sa vision pour ce nouveau poste.
Après avoir passé 33 ans au sein de l’armée, un milieu qui l’a fait voyager à travers le Canada et le monde, Éric Charron a décidé qu’il était temps de changer de carrière pour permettre à sa famille de s’installer à Winnipeg, une ville qu’ils adoraient
C’est alors qu’il a été employé comme sous-ministre au gouvernement provincial, un poste qui l’a mis en charge de dossiers liés à l’éducation post-secondaire.
« J’avais aussi des dossiers d’immigration, des apprentis pour les métiers, le domaine du travail, l’éducation aux adultes, raconte-t-il. Des domaines vraiment poignants qui me rapprochaient de ce que les citoyens et citoyennes de tous les jours vivaient. »
Il a ensuite rejoint la section du Manitoba de la Croix-Rouge canadienne, où il a mis à profit son expérience en gestion et en planification de situations d’urgence.
Mais lorsqu’un remaniement national a entraîné la suppression de son poste, il s’est retrouvé face à la question de savoir quelle direction prendre.
« Je me suis retrouvé à nouveau à me demander ce qui m’attendait, si je devais tout simplement raccrocher mes patins et me dédier au bénévolat. Mais je sentais que j’avais encore à donner, j’avais de l’énergie et des idées. »
À l’automne 2025, il apprend que Daniel Lussier, le président-directeur général sortant du Réseau Compassion Network, cherchait un successeur.
« Ça m’a sauté aux yeux à quel point il avait un regard serein. Il avait l’air d’une personne qui était satisfaite de son travail, de son statut personnel de vie. »
Après un long processus de décision, c’est au mois de mai que le conseil d’administration et le conseil national des Sœurs Grises, situé à Montréal, lui ont donné le feu vert pour prendre les rênes de l’organisation.
Le nouveau directeur général entre en poste
Éric Charron est prêt à mettre la main à la pâte.
Son objectif dans le cadre de cette fonction est de poursuivre le travail sur le thème global défini par le plan stratégique de l’organisation : la pauvreté complexe.
« Parmi les piliers qui nous touchent et dans lesquels on a commencé à œuvrer, on parle par exemple des sans-abri. Offrir des logements abordables, le Réseau Compassion Network s’est lancé là-dedans à pieds joints en 2023 avec la construction d’un édifice de 48 suites, dont une certaine partie est réservée à des loyers abordables. »
Il met également en avant d’autres aspects de la pauvreté complexe, tels que l’inclusion et la réconciliation.
Cela implique notamment d’accueillir les nouveaux immigrants et de veiller à une véritable collaboration avec les communautés autochtones.
« On vient d’élaborer un plan de réconciliation avec un nouveau cercle de conseillers autochtones qui nous prêtent main-forte et nous donnent la possibilité de voir et comprendre le passé et de se tourner vers un avenir plus prometteur. »
La pauvreté complexe comporte également un aspect lié au bien-être sur lequel le Réseau Compassion Network souhaite se pencher.
Cela implique de continuer à œuvrer pour faciliter l’accès aux soins de santé dans la province, surtout en ce qui concerne les soins en français.
Mais comme Éric Charron est encore en train de s’établir dans ce nouveau rôle, il affirme que sa priorité est d’être « en mode d’écoute active ».
« Ma priorité à court terme, c’est de rencontrer les membres de notre réseau, dit-il. Ensuite, étendre ça au niveau du reste de la communauté, donc la communauté franco-manitobaine, le domaine de la santé, puis les partenaires que ce soit au niveau de la ville de Winnipeg, de la province du Manitoba, et certaines institutions fédérales aussi qui viennent nous aider. »
Selon lui, la communauté ressent déjà le caractère prometteur de ce dialogue constructif.
Mais il souligne que cet esprit de collaboration demeurera un des plus grands déterminants du succès de l’organisation et de ses projets futurs.
« Je crois qu’en ce moment, il y a une grande volonté auprès des paliers gouvernementaux et aussi au niveau des organismes à but non lucratif qui existent dans des grandes régions urbaines. On sait qu’il va y avoir des éléments où peut-être on va se chevaucher, mais si les éléments de chevauchement peuvent être vus comme des renforcements plutôt que des empiètements, je pense qu’on peut aller très loin. »
Il dit avoir particulièrement hâte de travailler en équipe pour relever les défis qui lui tiennent particulièrement à cœur.
« Cet aspect de travail d’équipe, de se retrousser les manches, de faire reculer la pauvreté complexe, de faire avancer l’équité sociale, ça me donne beaucoup de motivation. »
Et il se sent déjà bien accueilli par les membres de l’organisation, qui, selon lui, ont confiance en sa capacité à faire progresser le Réseau Compassion Network.
« J’arrive dans un poste où mon prédécesseur a œuvré pendant 18 ans. Je suis très humble en rentrant dans le poste, sachant cela. »
« Mais c’est vrai que je ne suis pas seul. Je me sens bien épaulé par le conseil d’administration. Ensemble, on peut faire de grandes choses. »