Plusieurs artistes francophones seront présents pour l’édition 2026 du TD Winnipeg International Jazz Festival.
Parmi eux, des groupes venus de France partageront leur univers musical avec le public canadien.
Alors que l’évènement bat son plein cette semaine, les rues de la ville s’animent au rythme de festivités variées.
Des fanfares retentissantes du Cube aux douces mélodies du Centre culturel franco-manitobain, les festivaliers s’apprêtent à découvrir un vaste éventail de styles.
Mais les musiciens canadiens ne seront pas les seuls sous les projecteurs : cette année, le festival accueille également le Charley Rose Trio et Robinson Khoury, tous deux venus de France.
Charley Rose Trio : une histoire d’amitié illustrée par la musique
Impossible d’attribuer un style unique aux influences de Charley Rose.
Son inspiration provient d’un ensemble de sources diverses, ce qui illustre parfaitement son approche du jazz. Du rock au rap, des compositeurs d’avant-garde du XXe siècle aux auteurs-compositeurs-interprètes contemporains, aucun genre musical n’échappe à son intérêt.
Après avoir étudié sous la direction du musicien argentin Guillermo Klein, il a appris à vulgariser et partager les éléments centraux de la musique : « Avec lui, j’ai commencé à avoir une oreille plus analytique. Ça m’a permis de m’intéresser à tous les musiciens et les compositeurs, sans trop de complexe, qui qu’ils soient. »
La musique que son trio portera à Winnipeg n’hésite pas à aborder la complexité.
Bien qu’il la décrive comme un jazz plutôt traditionnel, le public ne doit pas s’attendre à du swing ou du big band, mais plutôt à un jazz de standards : une mélodie est présentée, puis chaque musicien improvise à partir de la structure harmonique.
Le trio y injecte toutefois de la modernité : des textures synthétisées enrichissent la majorité des morceaux, et Charley Rose utilise une pédale d’effets pour modifier le son de son instrument.
L’un des attraits de cette approche est d’offrir un spectacle unique à chaque représentation. Le saxophoniste décrit d’ailleurs l’improvisation comme « une méditation qui peut, parfois, amener à des formes d’extase. »
« Dans l’instant, il y a une connexion très profonde avec mes amis Enzo et Ariel. C’est extrêmement présent, ainsi d’une liberté incroyable de pouvoir m’exprimer dans un langage universel. »
Cette complicité est au cœur du projet. Charley Rose a rencontré Enzo Carniel (piano et synthétiseur) lors d’un concert à l’Institut français d’Amsterdam alors qu’ils étaient étudiants. Après un court morceau joué ensemble, la certitude de leur future amitié est née.
Quant au batteur Ariel Tessier, le coup de foudre amical s’est produit à Paris. Bien qu’ayant grandi dans la même région, ce n’est qu’à l’âge adulte qu’ils se sont découverts. Après quelques sessions d’essai, une décennie et trois albums plus tard, la formule a largement fait ses preuves.
Pour Charley Rose, jouer avec ses amis à l’étranger est un rêve d’enfance devenu réalité : « Après ce qui s’est concrétisé dans la musique, pour moi c’est primordial, d’avoir des amis avec qui on aime jouer, présenter et voyager avec. Le métier n’est pas facile, mais quand toutes ces conditions sont réunies, c’est tout simplement parfait. »
Le Charley Rose Trio se produira le 18 juin à 18 h 30 au Old Market Square pour présenter son dernier album, Dada Pulp.
Conçu comme la bande sonore d’une histoire originale écrite par le saxophoniste lui-même, ce projet puise son inspiration esthétique chez l’écrivain Charles Bukowski et le peintre Jean Dubuffet.
Robinson Khoury : entre sonorités traditionnelles et expérimentation moderne
Pour Robinson Khoury, la musique est une seconde nature. Chanteur dès son plus jeune âge, il adopte le trombone à 11 ans et étudie la musique classique au conservatoire de Lyon.
À cette époque, le jazz n’est qu’un passe-temps qu’il pratique en parallèle, en remplaçant des musiciens absents dans diverses formations.
Son attrait pour le trombone vient de sa proximité avec la voix humaine, ce qui lui permet d’y intégrer des techniques vocales.
« Je m’amuse beaucoup à me balader dans plein de styles différents et donc à créer ma propre musique avec le trombone », souligne-t-il.
En mariant ses influences classiques, traditionnelles et modernes, il a développé un style mystérieux et organique, enrichi par les synthétiseurs et teinté d’influences arabes liées à ses origines libanaises. On retrouve ainsi dans sa musique des percussions traditionnelles de la culture libanaise, portées par Anissa Nehari.
Cette mosaïque sonore onirique offre au tromboniste une base idéale pour déployer des lignes virtuoses et des ornements orientaux.
Avec son groupe MŸA, il vise à transporter les auditeurs dans un voyage sonore immersif. Sur scène, il est accompagné de Léo Jassef aux claviers et d’Anissa Nehari à la batterie.
Il accorde également une importance cruciale à l’ingénieur du son, qui doit épouser les sensibilités du groupe pour sculpter précisément leur univers en direct.
« Ce que j’aime, en tout cas, c’est que les gens se lancent dans un voyage et partagent cette expérience. En fait, au départ, on ne sait pas vraiment où on en est. On explore, on expérimente, et peu à peu, on développe un langage commun qui devient de plus en plus personnel. »
Robinson Khoury espère ainsi faire découvrir au public de Winnipeg une musique synonyme « de la mélancolie, de la danse, de la trance et de la joie ».
MŸA se produira ce 21 juin à 21 h 30 à l’Hôtel Fort Garry.


