Jusqu’au 15 juillet, l’équipe chargée d’étudier l’accès des francophones queer aux soins de santé sollicitera l’avis de professionnels afin d’approfondir les conclusions de son premier rapport.
En analysant 37 expériences de soin vécues par sept participant·es en 2025 et 2026, le Collectif LGBTQ* a mis en lumière une réalité difficile pour cette communauté.
Maxe F. Giguère, associé·e de recherche au Collectif LGBTQ* du Manitoba, dirige cette étude dont la première phase a été publiée le 30 mars.
Selon iel, le principal problème réside dans le manque crucial de recoupements entre les services de santé en français et ceux destinés aux personnes queer.
L’étude révèle que les organismes spécialisés, comme le Rainbow Resource Centre ou Klinic, n’offrent pas de services en français, et que les ressources bilingues sont introuvables.
Parallèlement, de nombreux professionnels et établissements francophones manquent de ressources et de compétences pour accompagner adéquatement les patient·es queer.
« Ça dépend un peu de la chance que tu as quand tu y vas. Mais ces soins-là ne sont pas nécessairement inclusifs sur le plan de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle », dit-iel.
« Dans des contextes comme la santé mentale ou les soins primaires, la langue et le respect des identités queer sont importantes, mais avoir les deux en même temps, c’est difficile. Les compromis sont un peu forcés par le système, dans le sens où les outils qui sont disponibles permettent de sélectionner des soins. Certains outils permettent de trouver un médecin francophone, mais ne permettent pas d’aller chercher la composante d’inclusivité. »
Faute d’alternative, les patient·es francophones queer doivent choisir entre des services dans leur langue mais non inclusifs, ou des spécialistes anglophones dont iels ne saisissent pas toujours pleinement les explications médicales.
Face à ce dilemme, certain·es renoncent même à se faire soigner.
C’est précisément à ces professionnels de la santé que le Collectif LGBTQ* s’adresse pour cette deuxième étape. L’équipe va organiser des consultations pour valider les premiers résultats, sensibiliser le milieu médical à ces enjeux spécifiques et co-construire des solutions.
Ces discussions, qui se dérouleront du 23 juin au 15 juillet, pourront rassembler des praticiens individuels ou des équipes complètes d’un même organisme, ce qui favorisera des dynamiques de groupe plus familières et permettra de soulever des problématiques propres à chaque structure.
Selon Maxe F. Giguère, cette perspective professionnelle offrira une vision de l’intérieur indispensable. Iel donne un exemple :
« Il y a des personnes qui disaient que c’était difficile de changer de médecin de famille parce que parfois, il peut y avoir des pertes de suivi. Comment ces pertes se passent du côté du système? On ne le sait pas. »
Iel souligne notamment le défi d’avoir un médecin qui respecte l’identité des personnes transgenres. Lors d’un changement de praticien, cette identité est rarement transmise ou prise en compte.
« Est-ce que le nouveau médecin n’est simplement pas informé dans les références, ou est-ce qu’il y a un autre manque entièrement? »
Grâce à ces perspectives professionnelles, l’équipe disposera des données nécessaires pour concevoir les formations prévues lors de la troisième phase.
Ces retours permettront de cibler précisément les besoins des soignants et de combler leurs manques de connaissances sur ces sujets spécialisés.


